Allez au contenu, Allez à la navigation



Les perspectives du retour au plein emploi

 

II. UNE AUGMENTATION DU TAUX D'ACTIVITÉ, FAVORABLE À LA CROISSANCE ET AU FINANCEMENT DES RETRAITES, RALENTIRAIT-ELLE LA DIMINUTION DU TAUX DE CHÔMAGE ?

Que faut-il penser de l'idée que le retour au plein emploi impliquerait d'accroître le taux d'activité au cours des prochaines années ?

· Certes, on a vu que le taux d'emploi (c'est-à-dire la proportion de personnes disposant d'un emploi parmi celles en âge de travailler), et donc le taux d'activité (c'est-à-dire la proportion de personnes disposant d'un emploi ou cherchant un emploi parmi celles en âge de travailler), était une composante du plein emploi.

En outre, un taux d'emploi élevé serait favorable à la croissance et au financement des retraites. En effet, quel que soit le mode de financement retenu pour les retraites, le niveau de vie réel des retraités dépendra du rapport entre retraités et personnes disposant d'un emploi. Un recul de l'âge de la retraite favoriserait un pouvoir d'achat élevé pour les retraités.

· Cependant, on peut se demander quel serait l'impact de l'augmentation du taux d'activité sur le taux de chômage. En effet, certaines personnes arrivant sur le marché du travail du fait de cette augmentation du taux d'activité ne trouveraient vraisemblablement pas d'emploi, ce qui aurait pour effet d'augmenter le taux de chômage.

Les experts du COE ont donc distingué deux principaux scénarios, dont l'impact sur le taux de chômage et le PIB est indiqué par le graphique ci-après.

En points de chômage ou de PIB.

Source : COE, modèle OEF.

1. Un scénario doublement défavorable à la réduction du taux de chômage : appauvrissement du contenu en emplois de la croissance et forte augmentation de la population active

Ils ont tout d'abord examiné un scénario particulièrement défavorable à la réduction du taux de chômage.

· Selon ce scénario, la croissance retrouverait son contenu en emplois habituel, alors que le taux de croissance de la population active serait accru de 0,25 point par an pendant 10 ans, ce qui correspondrait à un supplément de 700 000 actifs au bout de dix ans. A titre de comparaison, dans le scénario démographique de l'Insee le plus favorable au taux d'activité des 15-24 ans et des 55-64 ans, en fin de période le nombre d'actifs est accru, par rapport au scénario de référence, de respectivement 900 000 et 800 000 personnes. Ce scénario correspond donc par exemple à une politique favorable à l'activité des personnes de plus de 55 ans, conformément aux recommandations du rapport CHARPIN sur les retraites, ou du rapport PISANI-FERRY sur le plein emploi.

Selon cette hypothèse, au bout de dix ans le taux de chômage serait accru de 1,4 point par rapport au scénario central du modèle OEF (ce qui correspond à environ 400 000 chômeurs supplémentaires). Par ailleurs, l'emploi du secteur privé serait accru de seulement 1,2 % au bout de dix ans (soit environ 250 000 personnes) (cf. tableau 13 de l'annexe 1).

· Dans un scénario annexe, les experts du COE se sont également interrogés sur l'impact d'une croissance de la population active analogue à celle qui a pu être observée ces dernières années aux Etats-Unis (de l'ordre de + 0,8 point par an pendant 10 ans).

Un tel cas de figure est évidemment irréaliste, mais constitue un « cas d'école » intéressant, dans la mesure où il pousse à l'extrême la logique d'accroissement de la population active, et permet d'en montrer les limites.

La croissance serait accrue de près de 0,9 point par an, mais le taux de chômage le serait de 5,6 points au bout de dix ans (il serait donc de l'ordre de 15 % en l'an 2010) (cf. tableau 14 de l'annexe 1).