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Les perspectives du retour au plein emploi

 

2. Un scénario moins défavorable à la réduction du taux de chômage : maintien d'une croissance riche en emplois et augmentation modérée du taux d'activité

· Les experts du COE ont également simulé un scénario moins défavorable à la réduction du taux de chômage. Aux hypothèses retenues dans la première partie de ce chapitre (maintien d'une croissance riche en emplois, diminution du taux de chômage non inflationniste de 2,5 points et faible dynamisme de la population en âge de travailler) s'ajouterait une augmentation du taux d'activité, compensant partiellement l'impact du ralentissement démographique.

Celle-ci, qui se ferait progressivement, serait de + 0,5 point, ce qui correspondrait à la fin de la décennie actuelle à une population active supérieure de 200 000 personnes environ par rapport au scénario sans augmentation du taux d'activité. A titre de comparaison, l'impact de la réforme du régime général de retraite décidée en 1993 a été évalué à + 210 000 actifs en l'an 2010.

· Comme on peut s'y attendre, ce scénario serait, comme les précédents, favorable à la croissance, mais défavorable à la diminution du taux de chômage.

Le PIB serait accru de 1,4 % à la fin de la décennie actuelle, par rapport au scénario central du modèle OEF (alors que dans le scénario sans augmentation du taux d'activité, il serait diminué de 0,4 % ou accru de 0,3 %, selon que la diminution du taux de chômage non inflationniste est plus ou moins importante) (cf. tableau 7 de l'annexe 1).

En revanche, le taux de chômage serait au bout de dix ans en retrait de seulement 2,2 points (contre 2,9 dans l'hypothèse où le taux d'activité n'augmenterait pas).

3. Conclusion de votre Rapporteur

Faut-il en déduire l'existence d'un dilemme entre réduction du taux de chômage et augmentation du taux d'activité ?

Cette idée doit être nuancée. Il convient en effet de prendre en compte le fait que de nombreuses personnes inactives souhaiteraient travailler, de sorte que leur inactivité peut être considérée comme du « chômage déguisé ». Par ailleurs, l'augmentation du taux d'activité peut modifier l'équilibre sur le marché du travail, en suscitant de moindres augmentations de salaires, et donc aller dans le sens d'une réduction du taux de chômage structurel.

Ainsi, votre Rapporteur estime qu'une politique visant simultanément à réduire le taux de chômage et à accroître le taux d'activité, recommandée par le rapport PISANI-FERRY, est cependant souhaitable.