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Rapport d'information n° 35 (2002-2003) de M. Joseph KERGUERIS, fait au nom de la délégation du Sénat pour la planification, déposé le 29 octobre 2002

Disponible au format Acrobat (873 Koctets)

CHAPITRE 6

EVOLUTION DE L'INVESTISSEMENT PRODUCTIF AU ROYAUME-UNI

I. 1. CYCLES DE L'INVESTISSEMENT PRODUCTIF ET CYCLES ÉCONOMIQUES

Depuis 25 ans, le Royaume-Uni a connu deux récessions. La première a duré sept trimestres, entre le deuxième trimestre 1979 et le premier trimestre 1981. Sur cette période, le volume du PIB a chuté d'environ 6 %. La seconde récession, qui a eu lieu entre 1990 et 1991, a été de durée plus courte (cinq trimestres) et d'amplitude plus faible, le volume du PIB n'ayant baissé que de 2,5 %. Depuis, la croissance britannique est restée soutenue, avec un résultat moyen de 2,7 % par an, soit bien mieux que les autres grands pays européens (France, Allemagne et Italie), à égalité avec l'Espagne, et légèrement moins bien que les Pays-Bas..

Taux de croissance annuel moyen comparé du PIB

et de l'investissement productif en volume

 

1970-2000

1970-1990

1991-2000

PIB

2,3

2,3

2,3

Investissement productif

3,9

3,8

4,3

Le cycle de l'investissement productif a été similaire à celui du PIB, puisqu'on note essentiellement deux périodes de baisse, une au début des années 80 et une deuxième entre 1990 et 1993. L'investissement a également connu un petit décrochage en 1986, en raison de la réforme de l'impôt sur les entreprises de 1984, qui a réduit les sommes déductibles pour l'investissement. En revanche, entre 1994 et 2000, l'investissement productif a connu une période de forte expansion, avec un rythme annuel moyen de croissance supérieur à 8 %, en volume. Dans le même temps, le PIB a cru d'environ 3 % par an en moyenne. En fait, par rapport à la tendance de long terme, on a observé un phénomène de rattrapage sur cette période, la récession du début des années 90 étant marquée par un fort sous-investissement par rapport à la croissance tendancielle de l'investissement productif. Depuis le premier trimestre 2001, on note un net retournement de l'investissement productif, alors que le PIB n'a que faiblement ralenti.

Globalement depuis 25 ans, on peut dire que le cycle de l'investissement a suivi celui de la croissance, justifiant l'utilisation des modèles d'accélérateur simple pour expliquer l'évolution de l'investissement.

Toutefois, au contraire de ce qu'on observe pour la croissance, la chute de l'investissement productif a été beaucoup plus forte et plus longue au début des années 90, que ce qu'on avait pu observer au début des années 80.

Ventilation de l'investissement par branche, à prix courants

 

Formation brute de capital fixe

Valeur ajoutée

En millions de £

En % du total

1992

1999

1992

1999

1999

Ensemble

78 383

121 605

100,0

100,0

100,0

Agriculture

2 077

1 615

2,6

1,3

1,1

Industrie

26 998

29 325

34,4

24,1

22,5

Industrie minière

7 219

4 750

9,2

3,9

2,1

Industrie manufacturière

13 023

18 631

16,6

15,3

18,5

Electricité, gaz et eaux

6 756

5 944

8,6

4,9

1,9

Construction

847

2 048

1,1

1,7

5,0

Services

48 461

88 617

61,8

72,9

71,4

Distribution, hôtellerie et restauration

8 372

15 794

10,7

13,0

15,2

Transport et communication

9 028

21 323

11,5

17,5

8,0

Services financiers et aux entreprises

12 371

27 210

15,8

22,4

26,7

Services publics

8 555

6 827

10,9

5,6

4,8

Education, santé et travail social

4 620

6 404

5,9

5,3

11,8

Autres services

5 515

11 059

7,0

9,1

4,8

Source : Office for National, Statistics, « Blue Book ».

Dans les années 1990, la croissance de l'investissement productif au Royaume-Uni a concerné un grand nombre de secteurs. Contrairement à la France ou à l'Allemagne, l'industrie manufacturière britannique progresse fortement (de 13 milliards de livres en 1992 à 18,6 en 1999) et cela s'explique par de forts investissements des secteurs des TIC. De nombreuses activités du secteur tertiaire contribuent sensiblement à la croissance de l'investissement productif, parmi lesquelles on trouve le secteur des transports et des communications (opérateurs de télécommunications).