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Actes du Colloque " Tourisme et métiers d'art "

9 avril 2003 : Actes du Colloque " Tourisme et métiers d'art ", ( rapport d'information sur colloque )

 

 

DES INITIATIVES LOCALES DE TDE

Animateur : Philippe CHAIN, Inspecteur Général de l'Industrie et du Commerce

M. Philippe Chain accueille Mme Marie-Hélène Devillard et Mme Sophie Lossky-Aïchelé qui vont évoquer des initiatives collectives avec une entrée plutôt touriste pour la première action et, pour la deuxième action, une entrée métiers d'art liée au tourisme et à la gastronomie.

I. JOURNÉES PORTES OUVERTES D'ATELIERS MÉTIERS D'ART, SAÔNE-ET-LOIRE

Mme Marie-Hélène DEVILLARD, Directeur Promotion, Comité départemental du Tourisme

Le Comité départemental du Tourisme, émanation du Conseil général de Saône-et-Loire, a souhaité intégrer les métiers d'art dans l'offre touristique au même titre que les hébergeurs, les sites, les prestataires de loisirs, ou les restaurateurs ou vignerons... qui forment les différentes composantes de l'activité du département.

Dans un premier temps, il s'agissait de sensibiliser les conseillers généraux, les élus, les Chambres consulaires et la Chambre départementale de métiers ainsi que les 45 offices de tourisme de Saône-et-Loire, afin de constituer une base de données des ateliers d'art. Ce sont 300 ateliers qui ont été enregistrés et qui ont été sollicités par le biais d'une enquête visant à les interroger sur leurs besoins en matière de communication touristique auprès des clientèles françaises, auprès des clientèles étrangères ainsi que sur l'ensemble des prestations qu'ils pouvaient proposer dans cette offre touristique : ouverture au public de l'atelier, les langues parlées, l'accueil au niveau du grand public, l'accueil des groupes, les formations, les stages d'initiation ou de perfectionnement et l'intérêt qu'ils avaient à développer, aux côtés du Comité départemental du Tourisme, les marchés à l'export au niveau de leur activité.

Le bilan de cette enquête a permis d'identifier 180 artisans d'art favorables à cette démarche et qui se sont vus proposer l'édition, tirée à 40 000 exemplaires, d'une brochure, Les métiers d'art en Bourgogne du sud. Comme l'ensemble des éditions touristiques, elle subissait une charte graphique et devenait réellement l'une des composantes du département.

Au-delà de la diffusion et de la connaissance des différents métiers d'art qui avaient été classés par matière et qui avaient été visités par le Comité départemental de Tourisme et la Chambre de métiers, il fallait essayer de profiter, puisque l'on s'acheminait vers l'an 2000, des événements qui émanaient des divers conseils généraux. Avec l'appui du sénateur Jean-Patrick Courtois, le Comité a proposé au Conseil général de mettre en valeur l'artisanat d'art sous forme de portes ouvertes sur deux week-ends. Le titre était « Les artisans d'art en Bourgogne du sud donnent le ton ». L'objectif consistait à animer l'ensemble du département, soit 574 communes en basse saison touristique, les derniers week-ends d'octobre.

Pour essayer d'avoir un contrat festif, le Comité a proposé au Conseil général de renforcer l'attractivité de l'événement et il s'est créé un partenariat avec l'association Musique et Danse en Saône-et-Loire dont l'une des vocations est de développer la pratique musicale des amateurs, ce qui a permis l'organisation d'animations musicales dans les ateliers par une trentaine de groupes musicaux amateurs bénévoles, avec des répertoires très divers. Sur les 180 ateliers qui voulaient bénéficier de communication touristique, 97 ateliers ont répondu favorablement.

Le budget de ces Journées portes ouvertes était de 170 000 F alloués par le Conseil général de Saône-et-Loire.

RÉSULTATS DES JOURNÉES PORTES OUVERTES

L'opération Musique et Danse en Saône-et-Loire s'est déroulée sur deux grands week-ends (du vendredi 14 h au lundi soir) pour laisser la possibilité aux commerçants, au voisinage et aux écoles de venir découvrir ces savoir-faire. Près de 80 % des artisans ont été satisfaits de cette opération et, sur la centaine participante, ils ont reçu en moyenne 280 visiteurs par atelier sur les deux week-ends.

La provenance des visiteurs :

- 9 % étaient des prestataires touristiques, ce qui n'était finalement pas mal car les hébergeurs, les sites touristiques, l'ensemble des gestionnaires d'activités de loisirs ne connaissent pas les métiers d'art, donc il faut déjà faire ouvrir ces portes pour que l'offre touristique puisse être au mieux véhiculée ;

- 27 % de touristes ; c'est encore trop faible puisque la Saône-et-Loire reçoit 45 % de clientèle étrangère ;

- 64 % provenaient du voisinage.

La communication a été organisée avec 10 associations et a reposé sur les 400 abris bus du département. 30 000 programmes et 40 000 tracts ont été édités, ainsi qu'une trentaine de cartes postales « invitations » pour chacun des ateliers d'art et 2 000 affiches auprès de la presse professionnelle. Le Comité départemental du Tourisme a également acheté des espaces publicitaires, le premier bassin émetteur étant Lyon et la région Rhône-Alpes.

Cette opération a été intéressante dans le sens où elle a permis une première motivation et le Comité a pu être aux côtés des ateliers pour leur démontrer qu'il était opportun, entre autres, d'ouvrir les portes et de montrer les savoir-faire, et qu'il était possible de les intégrer progressivement dans une dimension touristique.

La seconde édition de ces Journées portes ouvertes a eu lieu en 2001, sur un week-end, avec 65 ateliers d'art et l'association Musique et Danse en Saône-et-Loire, et avec un budget de 120 000 F.

Mme Devillard pense que cette initiative départementale peut réellement apporter une sensibilisation, d'abord des élus et ensuite de l'ensemble de la population sur ce secteur d'activité, et engendrer des retombées notables.

Certes, ces retombées ne sont pas chiffrées et tous les ateliers n'ont pas reçu 280 visiteurs. Toutefois, citons deux artisans, l'un perdu aux fins fonds de la Bresse et l'autre aux fins fonds du Charolais, qui n'ont reçu que 4 visiteurs : un couple d'Américains et un couple de Belges. Ces visiteurs vont permettre à l'artisan de faire face à toutes ses taxes car ils ont acheté deux oeuvres d'art pour un montant total de 21 000 F.

Les comités départementaux du tourisme ont vraiment une mission de soutenir et promouvoir l'ensemble des prestataires touristiques dont les artisans font désormais partie, en tout cas en Bourgogne du sud. Cette opération ne sera pas reconduite cette année, toutefois les artisans de Saône-et-Loire souhaitent que les Journées des Métiers d'art s'étendent au niveau national tout comme les Journées du Patrimoine, mais aussi qu'elles soient avancées dans le temps, c'est-à-dire qu'elles aient lieu au mois d'octobre, période où les clientèles touristiques sont encore présentes.

Par ailleurs, le Comité départemental du Tourisme a proposé au Conseil général une autre initiative : que les artisans d'art qui se sont engagés dans cette communication soient tous identifiés par une signalétique coordonnée dans le cadre du schéma départemental. Désormais, les artisans d'art souhaitent également être intégrés lors des accueils de journalistes français et étrangers, ils sont aux côtés du Comité dans certains salons thématiques et sont représentés au sein du conseil d'administration du Comité par la Chambre de Métiers de Saône-et-Loire, ils assistent aux conférences et aux réunions de formation. Au mois de décembre, le Comité organise une présentation des marchés allemand et scandinave à laquelle seront conviés les 2 400 prestataires touristiques intégrant les ateliers d'art invités.

Pour conclure, Mme Devillard indique à M. Alloncle qui a annoncé les mesures qui seront prochainement adoptées que, dans le cadre de la décentralisation, la mission des comités départementaux du tourisme sera bien d'être des relais, des coordinateurs, porteurs de projets et d'initiatives promotionnelles. Se trouvant sur le terrain, les artisans à nos côtés peuvent porter haut et fort les couleurs de la tradition, de la restauration, de la création, de la vitalité des patrimoines. Ces savoir-faire, ce souci de l'esthétisme, cette excellence existent réellement en Bourgogne du sud.