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II. ... ET FONT PROGRESSER LA COMPÉTITIVITÉ

En augmentant la productivité globale des facteurs, les innovations améliorent la compétitivité prix. Cependant, les innovations de produit, qui conduisent les entreprises à offrir des produits de meilleure qualité et une plus grande diversité de gammes, tirent les prix à la hausse (en raison de la prise en compte partielle de l'effet qualité dans les indices de prix de la comptabilité nationale) et dégradent la compétitivité prix.62(*) Néanmoins, les innovations de produit et de processus améliorent la capacité d'un pays à capter la demande par des facteurs autres que les prix, sa compétitivité structurelle.

Les travaux empiriques mettent en évidence l'impact positif des dépenses de R&D sur les performances à l'exportation des entreprises (Magnier, Toujas-Bernate, 1993). La France est spécialisée dans les produits de haut de gamme, qui constituent 45 % de ses exportations en 1999. La faiblesse de son intensité de R&D, bien qu'au-dessus de la moyenne européenne, nuit à sa compétitivité structurelle : elle la place dans une position moyenne dans le classement des pays de l'OCDE selon la part des produits des secteurs de hautes technologies dans les exportations manufacturière (24 % en 1999). L'effort de R&D français, en plus d'être plus faible que celui de ses concurrents, est particulièrement bas dans le secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication (TIC) : seule une part de 4 % de la R&D est consacrée aux TIC, part un peu inférieure à celles de l'Allemagne et de la Corée (6 %), mais dérisoire par rapport à celles du Japon (21 %) et des États-Unis (50 %). Ce retard de la France dans le secteur des TIC explique en partie l'évolution défavorable de la compétitivité structurelle française. En revanche, la compétitivité prix de la France s'est améliorée entre 1995 et 2001, en particulier grâce à la hausse du dollars et de la livre et à des coûts salariaux plus favorables qu'en Allemagne pour une productivité du même ordre (CPCI, 2002). L'appréciation de l'euro en 2002 a cependant joué en défaveur de la France vis-à-vis de l'OCDE. En 2000, le classement des pays selon l'indice de performance commerciale63(*) (TPI, Trade Performance Index) plaçait la France au deuxième rang, après l'Allemagne, et avant la Suède. Les États-Unis occupaient le 23e rang. L'indice d'évolution, qui mesure l'évolution des performances commerciales récentes, indique que la France, comme l'Allemagne, les États-Unis et le Japon, se retrouve loin dans le classement derrière les pays émergents (Debonneuil, Fontagné, 2003).

* 62 Dans le modèle Némésis, la plus grande satisfaction due à l'augmentation de la qualité est prise en compte à travers des prix hédonistes qui évoluent comme le rapport prix-qualité des biens (si le prix augmente de 10% et que la qualité augmente aussi de 10%, alors le prix hédoniste ne varie pas). Une innovation de produit conduit, dès lors, à une baisse du prix (hédoniste) du produit et non à une hausse.

* 63 L'indice TPI est construit pour 184 pays par le Centre du commerce international de la CNUCED et de l'OMC. Il combine vingt-quatre indicateurs de performance des pays. L'indice de position permet de connaître la position d'un pays parmi les 183 autres, l'indice d'évolution montre l'évolution de ses performances commerciales (Debonneuil, Fontagné, 2003).

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