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La France et la gestion des crises africaines :quels changements possibles ?

 

3. La réorganisation du dispositif prépositionné

Lors de son audition devant la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, le chef d'état-major des armées a évoqué les pistes envisagées pour la réorganisation des forces prépositionnées, qui devraient évoluer dans leur dimensionnement et dans leurs missions.

La réduction du nombre de points d'appui est envisagée dans un dispositif qui s'appuierait sur les bases de Djibouti, Dakar et Libreville. Une concentration sur Djibouti permettrait de clôturer l'opération Épervier au Tchad tandis que le sort des implantations de Côte d'Ivoire n'est pas définitivement arrêté. Le président de la République a clairement indiqué que la France ne maintiendrait pas sa présence là où elle n'est pas souhaitée.

Les missions des forces prépositionnées devraient également évoluer vers un accompagnement de la montée en puissance des composantes régionales de la force africaine en attente de l'Union africaine. Les Forces françaises de Dakar, Libreville, la Réunion et Djibouti devraient ainsi appuyer respectivement la CEDEAO, la CEMAC, la SADC et l'IGAD pour la mise sur pied des brigades régionales placées sous leur responsabilité.

En 2007, un officier général devrait être affecté auprès de chacune des organisations sous-régionales.

Les forces françaises du Cap Vert travaillent ainsi avec les organisations régionales à la certification du poste de commandement de la CEDEAO afin de contribuer à la montée en puissance de la brigade régionale qui devrait atteindre 1 500 hommes en 2008 et être totalement opérationnelle en 2010.

L'Union africaine recherche un effort de standardisation au niveau continental, la France travaille ainsi à l'harmonisation des procédures opérationnelles entre les Etats membres.

Vos rapporteurs estiment que le niveau sous-régional est effectivement le bon niveau pour une coopération efficace. Il doit permettre aux forces françaises d'élargir et de diversifier leurs points d'appui et leurs partenariats au delà de leur seul pays d'implantation. La zone de responsabilité du commandant des forces prépositionnées est régionale, les forces françaises peuvent contribuer à renforcer les partenariats de sécurité à cet échelon.

Les bases françaises peuvent également constituer un point d'appui précieux pour les opérations menées dans un cadre européen.