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Se donner les moyens de l'excellence : la recherche polaire française à la veille de l'année polaire internationale

 

C. LES RÉGIONS POLAIRES AU CoeUR DU CHANGEMENT GLOBAL

L'amplification polaire du changement climatique qui conduit les hautes latitudes à se réchauffer deux à trois fois plus vite que les régions tempérées est susceptible de provoquer la disparition progressive des zones englacées : la banquise arctique estivale, l'inlandsis groenlandais et la calotte glaciaire antarctique.

1. La banquise arctique va-t-elle disparaître l'été ?

L'opinion publique mondiale a été largement alertée sur le risque de disparition progressive de la banquise arctique au cours de l'été dans les cinquante prochaines années.

Cette inquiétude est motivée par une conjonction de facteurs qui ont été présentés par les chercheurs à votre rapporteur :

- La diminution de la surface de la banquise. Depuis 1979, la surface englacée diminuerait de 9 % par décennie.

- La diminution de l'âge de la glace. En Arctique, une partie de la banquise est pérenne d'une année sur l'autre. Permanente en apparence, elle n'est pourtant pas immobile et l'on ne trouve guère dans ces régions de glace de mer ayant plus de 4 ou 5 ans. La superficie de cette glace pluriannuelle diminuerait, elle aussi, de 8 à 10 % par décennie. Les simulations issues des observations par satellite montrent un rajeunissement constant au sein même de la glace pérenne, celle-ci devenant de plus en plus jeune.

- La diminution de l'épaisseur. La banquise est normalement épaisse en moyenne de 2,5 à 3 m. Mais des sondages récents effectués aussi bien par les sous-marins militaires américains que par des navires scientifiques tendraient à montrer une très forte diminution de l'épaisseur de l'ordre de 40 % au cours des trente dernières années.

Ces grandes données sont corroborées par un ensemble de témoignages des professionnels de l'Arctique qui remarquent des évolutions sensibles de leurs conditions habituelles de travail.

Les incertitudes dans les données collectées et dans les prévisions restent cependant très importantes.

C'est pourquoi la Commission européenne a apporté son soutien au programme scientifique DAMOCLES (Développement de la modélisation et des capacités d'observation de l'Arctique pour des études environnementales à long terme). Ce programme international qui s'étalera de 2005 à 2009 rassemble un très grand nombre de centres de recherche. Il est couplé au programme américain SEARCH. Il est dirigé par le chercheur français Jean-Claude Gascard. Il a pour objectif, grâce à l'installation de nouveaux capteurs autonomes dans l'ensemble du bassin arctique, de mesurer de manière précise un grand nombre de facteurs : pression atmosphérique, courants, salinité, température de l'eau et de l'air...

Il doit permettre de modéliser l'environnement arctique et de prévoir son évolution. Au-delà de 2009, il devra vraisemblablement être poursuivi sous la forme d'un observatoire européen du changement climatique dans cette région.