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Se donner les moyens de l'excellence : la recherche polaire française à la veille de l'année polaire internationale

 

3. L'IPEV, indispensable lieu de définition de la recherche en milieu polaire

Dans ce contexte, il paraît au moins souhaitable de renforcer la capacité de pilotage de l'IPEV pour faire de l'Institut la véritable « tour de contrôle » de l'activité de recherche polaire française. En effet, seul le directeur de l'IPEV développe véritablement une vue d'ensemble dans sa dimension scientifique, mais aussi logistique et politique. C'est d'ailleurs le seul intervenant français à travailler avec tous nos partenaires au Nord et au Sud.

Aujourd'hui, l'IPEV sélectionne les programmes, en assure la logistique et les finance sur le terrain.

Il est nécessaire d'aller plus loin.

En effet, au cours de ses auditions, votre rapporteur a souvent entendu les laboratoires se louer de l'efficacité et de la compétence de l'IPEV mais pour aussitôt déplorer l'insuffisante continuité des moyens entre la zone polaire et la métropole, l'acquisition des données et l'exploitation des résultats et ensuite s'interroger sur la nature des missions de l'IPEV, « simple » agence de moyens ou véritable organisme définissant les orientations de la recherche française en milieu polaire.

La remarque est particulièrement pertinente car aujourd'hui l'IPEV fait beaucoup plus qu'une simple coordination opérationnelle mais n'a pas la responsabilité de piloter la recherche française dans ces régions et de définir une politique, alors même qu'il est le seul à pouvoir le faire.

Dès lors, votre rapporteur suggère de mettre la réalité et la nécessité en cohérence avec les missions statutaires.

L'IPEV doit se voir doter de la mission de définir les grands axes et de coordonner la recherche en milieu polaire en concertation avec les membres du GIP.

Cette mission devrait normalement être attribuée au Conseil des programmes scientifiques et technologiques. Il devrait également être plus représentatif des grands intervenants du secteur afin de s'assurer, comme le prévoient les statuts, qu'aux moyens mis en oeuvre par l'IPEV correspondent effectivement des moyens à la disposition des laboratoires. A titre d'exemple, il paraît évident que le nouveau département de l'environnement et du développement durable du CNRS devrait y être représenté à partir de son renouvellement.

Dans la logique de cette évolution, il paraîtrait également pertinent d'assurer une programmation pluriannuelle coordonnée entre les moyens donnés par l'IPEV et les autres.

En effet, plusieurs activités de recherche, et pas seulement les observatoires, sont récurrentes ou pluriannuelles. Les moyens doivent avoir la même pérennité et offrir une réelle sécurité aux chercheurs, ou pour le moins que les financements soient de même durée.

Une labellisation IPEV des laboratoires, marquant cette coordination des moyens et l'implication dans la recherche en milieu polaire serait utile pour mieux afficher les relations qui existent ou se développent. Il ne s'agirait bien sûr pas d'une mixité au sens des UMR mais la marque concrétisant un partenariat. Pourrait ainsi apparaître un label « Laboratoire/Unité de recherche partenaire de l'IPEV ».

Cette labellisation pourrait s'étendre à des thèses. En effet, là aussi plusieurs scientifiques ont souligné leur souci de pouvoir former des jeunes aux recherches en milieu polaire. Ces candidats sont le plus souvent ceux qui, à l'issue d'un DEA, ont choisi d'hiverner dans les îles subantarctiques ou en terre Adélie ; ils y ont poursuivi un travail d'observatoire dont ils ne peuvent ensuite tirer tous les bénéfices par un travail de recherche.

Sans aller vers une systématisation du lien entre l'hivernage et l'entrée en école doctorale, il ne serait pas illogique d'avoir une vision prospective de l'avenir de ces jeunes qui ont le goût de la recherche et des régions polaires. Il pourrait donc être intéressant qu'un certain nombre de thèses « polaires » puissent se faire, sous la responsabilité des organismes compétents mais avec un partenariat de l'IPEV. Cette proposition est d'autant plus réaliste qu'elle pourrait s'inscrire dans le financement normal des programmes et qu'elle concernerait dix à vingt cas par an.

 

2000

2001

2002

2003

2004

2005

Total

Sciences de la Vie

2

6

 

 

4

4

16

Sciences de l'univers

6

2

6

5

4

2

25

Total

8

8

6

5

8

6

41

Entre 2000 et 2005, 41 thèses ont été soutenues dans le cadre de programmes soutenus par l'IPEV, dont 16 seulement dans les sciences de la vie. L'effort est donc à porter essentiellement dans ce secteur.

A titre de comparaison, l'Office des programmes polaires de la National Science Foundation a lancé en 2004 un programme post-doctoral polaire afin de capter les meilleurs chercheurs dans ce domaine. 6 postes sont financés chaque année. En 2004, il y avait eu 22 demandes et, en 2005, 36.