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Les apports de la science et de la technologie au développement durable, Tome II : La biodiversité : l'autre choc ? l'autre chance ?

 

C. AMPLIFIER L'EFFORT DE RECHERCHE SUR LES CONSÉQUENCES DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

L'effort de recherche sur les conséquences du changement climatique sur les équilibres de la biodiversité faunique et floristique européenne devra être amplifié à l'occasion du 8ème PCRD et notamment :

- en mettant en oeuvre le programme « Lifewatch » déjà mentionné, qui vise à installer, de la période 2014-2032, 50 observatoires terrestres et 50 observatoires marins de surveillance de la biodiversité européenne ;

- en appuyant les projets de recherche sur la scénarisation des effets du changement climatique et d'adaptation des écosystèmes à ce changement ;

- et, en lançant un programme de recherche complet sur les conséquences du changement climatique sur la façade méditerranéenne de l'Europe, dont on rappellera qu'elle constitue à la fois un « point chaud » de la biodiversité mondiale et la zone de l'espace européen la plus menacée par la désertification qui s'annonce dans les prochaines décennies.

D. METTRE EN PLACE UNE LABELLISATION EUROPÉENNE DES PRODUITS ISSUS DE LA BIODIVERSITÉ

Dans deux domaines où la biodiversité est particulièrement menacée, les bois tropicaux et la pêche océanique64(*) (rappelons que 7 % seulement des pêches océaniques sont certifiées durables), il serait souhaitable que l'Union européenne assure la promotion d'une unification des labels.

Ces labels pourront ultérieurement faire l'objet de négociations auprès de l'OMC pour valoriser l'exploitation durable de la biodiversité dans le commerce mondial (cf. supra proposition I.B).

E. ENGAGER UNE RÉFORME DE LA POLITIQUE EUROPÉENNE DES PÊCHES

La politique de quotas de prise par espèces mise en oeuvre par l'Union européenne patine.

D'une part, elle est très peu respectée par l'ensemble de la filière.

D'autre part, elle a abouti à un suréquipement des flottes, à une course à la ressource disponible, à une montée des prises accessoires et à une prédation accentuée des espèces non réglementée.

Il serait souhaitable qu'un infléchissement fort de cette action soit conduit. Principalement dans quatre directions :

- encourager un effort de recherche sur le développement d'une aquaculture en circuit fermé et faiblement dépendant d'un nourrissage issu des pêches minotières ;

- mettre en place un programme technologique permettant de limiter les prises accessoires ;

- développer et promouvoir les labels de pêches durables (qui permettent à la ressource de se renouveler) et de pêches responsables (dont les cahiers des charges contrôlés interdisent aux flottes les prises illégales).

- faire l'expérimentation sur quelques espèces halieutiques de systèmes de quotas de pêche mis aux enchères et rétrocessibles qui inciteront les attributaires à gérer les ressources en « bon père de famille », sans remettre en cause le principe global de gestion par pêcherie.

* 64 et de leurs substituts aquacoles.