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Les apports de la science et de la technologie au développement durable, Tome II : La biodiversité : l'autre choc ? l'autre chance ?

 

IV. ERIGER LA BIODIVERSITÉ EN PRIORITÉ DE RECHERCHE

La recherche et les chercheurs ont été insuffisamment impliqués et sollicités par le « Grenelle de l'environnement » consacré au développement durable.

Cette absence est regrettable car la science et la technologie sont un des leviers du passage de nos économies à la durabilité.

Au-delà de cette observation générale, on fera observer que, si le développement durable constitue une des priorités de recherche de notre pays, l'effort de recherche sur l'identification, la protection et la valorisation de la biodiversité n'est probablement pas assez systématisé dans la mise en oeuvre de cette priorité de recherche.

A. RENFORCER L'IDENTIFICATION DE LA BIODIVERSITÉ DES ESPÈCES ET DES ÉCOSYSTÈMES.

Celle-ci est largement le fait de nos organismes de recherche (Muséum national d'histoire naturelle, Génoscope d'Evry, CIRAD, IRD, IFREMER), qui bénéficient d'une réelle reconnaissance internationale.

Nos moyens opérationnels doivent être maintenus sur ce plan. Y compris ceux de l'IFREMER qui joue un rôle essentiel de l'observation des milieux côtiers et océaniques. Or, les moyens opérationnels de cet organisme sont l'objet d'une érosion depuis plusieurs années.

Par ailleurs, il est nécessaire de renforcer, en particulier dans la perspective du changement climatique, notre effort de connaissances des interfonctionnalités des écosystèmes. Or, il apparaît que, dans beaucoup de cas, les réponses aux appels d'offres de l'ANR sur la biodiversité sont plus centrées sur l'identification des espèces que sur le fonctionnement des écosystèmes. Une réorientation devra être opérée sur ce point.

B. ACTIVER LA MISE EN oeUVRE DES TECHNOLOGIES ET LE CONTRÔLE DE LA PROTECTION DE LA BIODIVERSITÉ

La mise en place progressive à l'échelle internationale des certifications d'exploitations durables de la biodiversité devra reposer sur une efficacité des contrôles.

Le progrès technologique peut fortement contribuer à l'efficacité de ces contrôles :

- traçabilité des grumes de bois grâce à un étiquetage RFID,

- observation en temps réel par photographies satellitaires des grands ensembles forestiers pour localiser les actions de déforestation illégales,

- systèmes d'observation, dont l'un est mis en place par la société Findus pour surveiller l'application des cahiers des charges de pêche responsable qu'elle a conclus avec les pêcheurs, permettant de tracer les flottes de chalutiers, d'estimer leur temps et leur processus de pêche.

Compte tenu du succès commercial potentiel de ces actions de labellisation, les technologies de contrôle vont devenir un enjeu économique non négligeable.

La question se pose donc de trouver des modes de préfinancement du développement de ce type de programmes. Cela pourrait s'effectuer par le lancement d'appels d'offres conjoints de l'Agence nationale de la recherche et de l'Agence pour l'innovation industrielle - éventuellement en coopération avec les états qui pourraient être intéressés par le développement de ces technologies.