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Risques chimiques au quotidien : éthers de glycol et polluants de l'air intérieur. Quelle expertise pour notre santé ? Conclusions du rapporteur (tome 1)

 

2. Les désodorisants d'intérieur

En décembre 2004, l'« UFC-Que choisir ? » (n° 421, décembre 2004) a lancé une alerte sur les désodorisants d'intérieur qu'elle a qualifiés de « polluants d'ambiance ».

En effet, devant l'essor de nouveaux produits désodorisants destinés à la plupart des pièces dont le salon avec une action de diffusion permanente, le mensuel a réagi en analysant trente-cinq désodorisants d'intérieur (aérosols, vaporisateurs, gels, diffuseurs liquides, diffuseurs électriques, bougies parfumées, encens et huiles essentielles) pour rechercher la présence éventuelle de substances cancérogènes ou allergisantes.

Les tests effectués ont mis en valeur l'émission de substances dangereuses parmi lesquelles : des allergènes ou irritants (limonène ; triplal, coumarine, géraniol, benzaldéhyde, cinnamaldéhyde, 2-pinène), des muscs artificiels soupçonnés d'être des perturbateurs endocriniens (altone, galaxolide, tonalide, traseolide), des phtalates soupçonnés d'être des perturbateurs endocriniens (diéthylphtalate), du benzène, hydrocarbure cancérogène impliqué dans les leucémies et les lymphomes, du formaldéhyde, gaz irritant et cancérogène certain, du styrène et du naphtalène, cancérogènes possibles pour l'homme, du toluène, hydrocarbure aromatique neurotoxique et enfin des xylènes (dont le BHT-butylhydroxytoluène), ou de l'acétaldéhyde qui sont des cancérogènes possibles ou encore du paradichlorobenzène qui est un irritant respiratoire.

Face à la diffusion volontaire de telles substances utilisées dans le but de dissiper des odeurs ou de rendre l'atmosphère ambiante plus agréable, « Que choisir ? » a rappelé des vérités, méconnues ou oubliées, ou alerté sur certains dangers.

Tout d'abord, la diffusion d'un produit naturel n'est pas ipso facto sans danger. Par exemple, « brûler de l'encens », c'est à peu près comme respirer au plus près d'un pot d'échappement » du fait de l'émission par cette combustion de benzène, de formaldéhyde et de phtalates, tous produits dont l'inspiration peut s'avérer dangereuse pour la santé.

De même, le Papier d'Arménie, à base de benjoin, dont l'étiquette mentionnait en 2004 qu'il était « le plus ancien assainissant naturel » et, en 2007, qu'il est « le plus ancien désodorisant de l'air ambiant » dégage du formaldéhyde et du benzène.

Cela n'empêche pas le site Internet de ce produit d'indiquer que « Papier d'Arménie » est « soucieux de la santé et du bien-être de ses consommateurs » et qu'il « a fait appel à deux laboratoires d'analyse accrédités et reconnus ainsi qu'à des experts scientifiques de renommée en toxicologie et en qualité de l'air intérieur ».

Mais le site ne révèle ni le nom de ces laboratoires ou de ces experts ni le résultat desdites analyses. En revanche, ce site précise, à la rubrique « L'esprit Papier d'Arménie » qu'on attribue au benjoin « des forces purifiantes dont le principal effet est d'éliminer toutes les émotions et pensées impures et grossières »...

La description du produit « Papier d'Arménie triple » précise qu'il « assainit l'air des chambres des malades dont on redoute d'ouvrir les fenêtres » et est assortie d'une rubrique « Les avis des consommateurs » ne faisant état que d'une très large satisfaction globale apparente (quatre étoiles sur cinq) même si, à la lecture de nombre d'avis, les opinions sont parfois extrêmement critiques.