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L'innovation à l'épreuve des peurs et des risques

24 janvier 2012 : L'innovation à l'épreuve des peurs et des risques ( rapport de l'opecst )
3. Quelle place pour les docteurs ?

La situation des doctorants s'est nettement améliorée au cours des 15 dernières années. La revalorisation des rémunérations et l'amélioration des conditions sociales (reconnaissance de l'expérience professionnelles dans la recherche publique et cotisations pour la retraite entre autres) a permis d'augmenter le nombre de doctorants et d'améliorer l'égalité des chances, tandis que les diplômés des grandes écoles se lancent de plus en plus dans des études doctorales.

a. Le doctorat comme expérience professionnelle

Néanmoins, l'état des lieux est encore loin d'être idyllique. Les docteurs sont souvent boudés par les entreprises alors que dans nombre d'autres pays ils constituent le coeur du système d'innovation. Suivant les disciplines, les doctorants sont plus ou moins bien traités (salaire ou plutôt non salaire, encadrement -jusqu'à plus de 10 doctorants par encadrant dans certaines disciplines, thèse durant plus de 5 ou 6 ans du fait de conditions de travail inadéquates).

En France, les docteurs souffrent d'un manque de lisibilité de leurs compétences. A contrario des ingénieurs, les docteurs ne sont pas reconnus dans les conventions collectives.

L'accès aux postes de la haute fonction publique leur est de fait compliqué. Les plus jeunes docteurs sont âgés de 26 ans, et de par leur formation ne peuvent bien souvent pas directement concurrencer les jeunes diplômés qui préparent spécifiquement ces concours (notamment l'ENA et l'INET). Ce handicap les oblige à prendre un an ou deux ans de plus pour préparer les concours. Ainsi, sont-ils très peu à tenter l'aventure. D'autant plus, la voie interne leur est difficile d'accès car il faut être employé dans le secteur public au moment des concours.

Néanmoins, la réforme des barrières d'âges leur a récemment entrouvert la porte. Pour aller plus en avant et permettre à la fonction publique de recruter plus de docteurs parmi ses rangs, il faut engager soit une réforme des concours internes (en ouvrant directement ce concours au docteurs ayant fait leurs doctorat dans le public) soit des concours dits de « troisième voie » (en diminuant les années d'expérience requises pour ce concours).

Pour améliorer encore l'attractivité de la formation doctorale au sein de l'ensemble des disciplines et à destination de l'entreprise, il apparaît nécessaire de faire reconnaître le doctorat dans les conventions collectives, notamment en s'appuyant sur les différentes initiatives visant à définir les compétences génériques des docteurs. La question de la fin des doctorats non rémunérés doit enfin être posée dans toute sa complexité.

Egalement, il convient de renforcer les liens entre