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Accompagnement de la transition numérique des pme : comment la France peut-elle rattraper son retard ?

4 juillet 2019 : Accompagnement de la transition numérique des pme : comment la France peut-elle rattraper son retard ? ( rapport d'information )

AVANT-PROPOS

Malgré le succès de ses start-ups, la France se positionne seulement au 15ème rang du classement de la Commission européenne de 2019 fondé sur l'indice DESI, relatif à l'économie et à la société numériques. Elle est donc bien en-dessous de la moyenne européenne.

Interpellée par cette évaluation qui confirme chaque année l'avance des pays nordiques, la Délégation sénatoriale aux entreprises a confié à Mme Pascale Gruny (Les Républicains, Aisne) une mission d'information sur l'accompagnement de la transition numérique des PME.

En effet, la Délégation a vocation à identifier les freins au développement des entreprises, en les écoutant, en portant leur parole au Sénat et dans le débat législatif.

En marketing, le concept « d'expérience client »1(*) est désormais au coeur des stratégies. De même, avec le présent rapport, votre Rapporteur a en quelque sorte abordé la question de l'accompagnement de la transition numérique des petites entreprises à partir de « l'expérience PME-TPE » : comment envisagent-elles ou vivent-elles cette transition aujourd'hui ? Comment les aider à se numériser dans de meilleures conditions ? Car, à part les start-ups - dont c'est l'ADN - et les PME ou TPE qui ont fait du numérique leur coeur de métier, nombre d'entre elles n'ont pas encore franchi le cap, ou très partiellement.

Certes, les structures, les aides et les informations foisonnent sur la transition numérique des entreprises, qu'elle soit vue comme un nouvel eldorado ou comme une menace. Mais la politique publique dans ce domaine a eu trop tendance à délaisser les entreprises traditionnelles et de taille modeste, pour lesquelles le numérique n'est pas ou peu le milieu naturel. Elles sont pourtant les plus nombreuses.

C'est donc par le prisme des PME et TPE que le présent rapport entend contribuer à l'« apprivoisement » du numérique, ou mieux encore à sa pleine appropriation, par les nombreux professionnels qui, sur le terrain, dans nos territoires, se sentent à la fois submergés par les informations ou offres commerciales, et démunis face à ce tsunami. Car il s'agit bien d'une transformation profonde de la vie DE l'entreprise et DANS l'entreprise.

Les enjeux sont pourtant de taille : modernisation et adaptation de l'ensemble de la société au monde du 21ème siècle, compétitivité, croissance, emploi, sur l'ensemble du territoire.

Grâce à un travail de terrain - avec une quarantaine d'auditions, trois déplacements à l'étranger pour établir des comparaisons (Allemagne, Danemark et Bruxelles), ainsi que les témoignages des entreprises rencontrées à l'occasion des déplacements régulièrement organisés pas votre Délégation dans les départements - votre Rapporteur a pu mesurer les avancées, qui sont réelles, mais aussi les nombreux freins qui subsistent pour faire entrer l'ensemble du tissu économique français dans cette « nouvelle économie » :

- Manque de temps des chefs d'entreprise pour savoir « à quelle(s) porte(s) frapper » dans un contexte de complexité des structures et dispositifs, publics et privés (un schéma dans le rapport tente d'illustrer ce « maquis ») ;

- Rigidités organisationnelles internes ;

- Manque de marges de manoeuvre financières ;

- Déficit de compétences et difficultés à recruter les talents nécessaires.

Dans ce contexte, et compte tenu du retard de la France en Europe en matière numérique, c'est d'une révolution dans l'accompagnement des PME-TPE dont notre pays a besoin !

Au-delà des discours sur « la France, start-up nation », il est urgent de mettre les dirigeants et salariés des petites et moyennes entreprises au coeur des réflexions et des mesures. La transition numérique doit se faire avec eux et pour eux !

La Délégation aux entreprises du Sénat a adopté 14 recommandations, en partant des besoins réels de nombreuses PME et TPE.

Elles visent à :

- Favoriser une culture du numérique chez tous les Français, et ceci dès l'école primaire, afin de développer les compétences ;

- Mieux informer, encourager et soutenir les PME-TPE dans leurs investissements en équipements et formation au numérique ;

- Les aider face aux menaces liées à la révolution numérique : cybersécurité, rapport de force inégal avec les plateformes numériques ;

- Réduire la fracture numérique sur les territoires en matière de très haut débit pour les entreprises, en garantissant une concurrence plus effective et respectueuse des PME dans le secteur des télécoms ;

- Instaurer des échanges réguliers entre les acteurs du « mille-feuille » d'acteurs publics et privés en vue de rendre plus efficient l'écosystème d'accompagnement des PME au numérique.

Le présent rapport s'inscrit dans le contexte actuel de déploiement de la 4G et de la fibre optique. Ces technologies sont en effet celles qui ont encore vocation à structurer nos territoires dans les années à venir. L'arrivée prochaine de la 5G viendra encore bouleverser partiellement la donne. De même, l'accès à internet via le satellite2(*) pourra-t-il permettre de contribuer à la réduction de la fracture numérique.

Les « pas de géant » en matière de technologies montrent à quel point il est prioritaire d'aider les entreprises de taille modeste à s'en emparer pour qu'elles en tirent, elles aussi, des bénéfices plutôt que risquer d'en être les victimes.

La dynamique économique et sociale des territoires impose de gagner ce pari !

I. LA NUMÉRISATION, UN ENJEU VITAL POUR TOUTES LES ENTREPRISES

A. UNE QUATRIÈME RÉVOLUTION INDUSTRIELLE

1. Qu'est-ce que l'économie numérique ?
a) Une transformation globale

L'économie numérique couvre des réalités très différentes, d'autant que cette dénomination a évolué au cours des années : nouvelles technologies, nouvelle économie, technologies de l'information et de la communication, économie électronique...

Dans la statistique publique, l'économie numérique est assimilée aux technologies de l'information et de la communication (TIC), et en particulier aux secteurs producteurs. Selon L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le secteur des TIC regroupe les entreprises qui produisent des biens et services supportant le processus de numérisation de l'économie, c'est-à-dire la transformation des informations utilisées ou fournies en informations numériques (informatique, télécommunications, électronique). L'économie numérique ne se limite pas à un secteur d'activité en particulier. Il convient de prendre en compte l'ensemble des secteurs qui s'appuient sur les TIC, producteurs et utilisateurs.

Certains secteurs sont apparus avec le développement technologique et ne recouvrent pas simplement des activités qui utilisent les nouvelles technologies dans le seul but d'accroître leur productivité : il en est ainsi du commerce électronique, des services en ligne qui sont des acteurs centraux de l'économie numérique.

Il convient de distinguer quatre catégories d'acteurs :

1) les entreprises des secteurs producteurs des technologies de l'information et de la communication (TIC) au sens de l'OCDE ou de l'Insee, dont les activités s'exercent dans les domaines de l'informatique, des télécommunications et de l'électronique ;

2) les entreprises dont l'existence est liée à l'émergence des TIC (services en ligne, jeux vidéo, e-commerce, médias et contenus en ligne...) ;

3) les entreprises qui utilisent les TIC dans leur activité et gagnent en productivité grâce à elles (banques, assurances, automobile, aéronautique, distribution, administration, tourisme...) ;

4) les particuliers et les ménages qui utilisent les TIC dans leurs activités quotidiennes, pour les loisirs, la culture, la santé, l'éducation, la banque, les réseaux sociaux...

En réalité, la numérisation déborde désormais un secteur, une activité ou même une filière de l'économie mais saisit également l'ensemble de la société.

L'ampleur de cette transition économique a été soulignée à maintes reprises : « transition fulgurante »3(*) qui provoque un « bouleversement systémique » du monde ouvrant « un univers des possibles qui dépasse l'entendement » selon Pierre Giorgini, ancien directeur « Recherche et développement » d'Orange Innovation ; tandis que pour Marc Andreessen, concepteur du premier navigateur graphique (Mosaic, en 1993), le « logiciel dévore le monde »4(*) ; pour Gilles Babinet, conseiller sur les questions numériques, cette mutation est holistique avec une « unification des processus informatiques au sein d'une plateforme numérique qui délivre tous les services à l'intérieur comme à l'extérieur »5(*) et créée une « ère » qui ouvre la perspective d'un « nouvel âge de l'humanité »6(*) ; pour le géographe Pierre Bekkouche, il s'agit du « tournant anthropologique sans doute le plus rapide de l'histoire humaine »7(*), pouvant déboucher sur la création d'un « homo sapiens 2.0 » selon Pierre Sillard8(*), ancien délégué interministériel aux usages de l'Internet de 2003 à 2007.

b)  Une innovation de rupture qui affecte toute l'économie

Depuis la décision prise en 1993 par Al Gore, alors Vice-président des États-Unis, de démilitariser internet, on assiste à une quatrième révolution industrielle, qui constitue une innovation de rupture et qui affecte toute l'économie. Elle est inévitable, inéluctable et irréversible.

Cette quatrième révolution industrielle9(*) intervient après la première au cours de laquelle l'eau et la vapeur ont permis de mécaniser la production, la deuxième, qui a exploité l'énergie électrique pour créer la production de masse, la troisième qui s'est appuyée sur l'électronique et les technologies de l'information pour automatiser la production. La quatrième, celle du numérique10(*), se caractérise par une fusion des technologies qui gomme les frontières entre les sphères physique, numérique et biologique. Elle « crée un monde où les systèmes virtuels et physiques de production du monde entier coopéreront de manière flexible : on pourra ainsi personnaliser intégralement les produits et créer de nouveaux modèles de fonctionnement »11(*).

Par rapport aux précédentes, elle est totalement différente par sa vitesse, sa portée et son impact.

La vitesse à laquelle apparaissent les innovations actuelles est sans précédent. Cette révolution évolue à un rythme exponentiel, et non plus linéaire. L'accélération de l'innovation et la vitesse des bouleversements sont difficiles à comprendre et à anticiper et surprennent en permanence même les plus connectés et les plus informés des chefs d'entreprise. Le téléphone (lancé en 1878) a mis 75 ans avant d'atteindre 100 millions d'utilisateurs, le téléphone mobile (1979) 16 ans, internet (1990) 7 ans, Facebook (2004) 4 ans et l'application « Candy Crush Saga » (2012) 3 mois.

La numérisation de l'économie est également une innovation de rupture12(*), processus par lequel des innovations technologiques provoquent la faillite de grandes firmes, car contrairement aux innovations d'efficience qui réduisent le coût de la production et de la distribution des produits et services existants, elles produisent des innovations transformatrices (« empowering innovation ») qui transforment des produits compliqués, coûteux et peu accessibles, en produits simples pour le plus grand nombre. Elles provoquent une disruption, proposition de valeur innovante qui émerge sur des segments de marché où l'offre est la plus banalisée et les marges les plus faibles.

La numérisation de l'économie provoque une transformation globale de toute l'économie : internet n'est plus le terrain de jeux de quelques entreprises ou de quelques filières spécialisées et la révolution numérique ne désigne plus seulement l'impact d'innovations technologiques sur l'économie mais la transformation du système économique lui-même. L'ampleur et l'importance de ces changements annoncent la transformation de systèmes entiers de production, de management et de gouvernance.

Nous sommes en réalité à l'aube d'une troisième vague de l'internet.

La première a consisté à mettre en place l'infrastructure technique permettant de connecter internet à lui-même, c'est-à-dire un réseau international de machines.

La seconde vague, qui s'est manifestée par l'explosion du mobile et l'adoption fulgurante des smart phones, a permis de connecter davantage des individus les uns aux autres.

La troisième vague est « celle où n'importe quelle industrie peut désormais faire l'objet d'une disruption, où l'Internet ne se limitera plus seulement à des machines et des hommes, mais à tout ce qui se passera entre eux, dans la manière dont ils apprendront, dont ils se soigneront, dont ils géreront leur argent et même dont ils se nourriront »13(*).

c) Une nouvelle économie avec de nouvelles règles économiques

Les conséquences de cette révolution numérique n'affectent pas seulement l'économie mais toute forme d'organisation, invitée à remplacer sa forme pyramidale par l'intelligence collective : « Les grands enjeux de l'humanité ne sont pas la faim, la pauvreté, le développement durable, la paix, la santé, l'éducation, l'économie, les ressources naturelles... mais notre capacité à élaborer de nouvelles organisations capables de les résoudre. Notre enjeu principal est l'intelligence collective. Pour l'entreprise aussi le challenge est absolu. Aujourd'hui la plupart d'entre-elles rencontrent d'insurmontables difficultés face à la complexité, à l'imprévisibilité du monde, à la globalisation. Elles subissent de permanents conflits d'intérêt entre profitabilité et développement durable, secret et transparence, valeurs et valeur, dynamiques individuelle et collective, fertilisation des savoirs - qui ouvre - et compétition - qui enferme »14(*) .

Elles ont également une portée géopolitique voire sociétale et éthique lorsque Google prétend vouloir améliorer l'espèce humaine,15(*) et promeut le concept de singularité technologique, c'est-à-dire l'avènement d'une intelligence artificielle qui dépassera les capacités du cerveau humain en déclenchant un emballement de la croissance technologique qui induirait des changements imprévisibles sur la société humaine en créant une puissante superintelligence qui dépasserait qualitativement de loin l'intelligence humaine, au risque que l'humanité perde le contrôle de son destin, la nouvelle superintelligence continuant de s'améliorer et d'évoluer technologiquement à une vitesse incompréhensible pour les humains.

Pour les entreprises, la transition numérique a donné naissance à un écosystème16(*) dont les composantes sont les suivantes :

L'ÉCOSYSTÈME NUMÉRIQUE

L'internet des objets (IdO) désigne les appareils et objets dont l'état peut être modifié via l'internet, avec ou sans la participation active des utilisateurs. Entrent dans cette catégorie les objets et capteurs qui recueillent des données et les échangent avec d'autres dispositifs et avec des humains. Ces appareils constituent une importante source de données à l'appui de l'analytique des données massives.

L'analytique des données massives désigne une série de techniques et d'outils utilisés pour traiter et interpréter les volumes considérables de données résultant de la numérisation croissante des contenus, du suivi accru des activités humaines et de la généralisation de l'internet des objets. Elle permet d'inférer des relations, d'établir des dépendances et de prévoir des résultats et des comportements. Entreprises, administrations et individus ont ainsi accès à des volumes sans précédent de données qui éclairent la prise de décision en temps réel, grâce à la combinaison d'un large éventail d'informations issues de différentes sources. L'analytique des données massives contribue à son tour à l'apprentissage automatique, l'un des moteurs de l'intelligence artificielle (IA).

L'Intelligence Artificielle (IA) désigne les techniques mises en oeuvre pour créer des machines simulant les fonctions cognitives humaines. Sa diffusion rapide s'explique par les avancées récentes dans le domaine de l'apprentissage automatique, une discipline de l'IA qui identifie automatiquement des schémas dans des ensembles de données complexes. L'IA rend les appareils et les systèmes intelligents, et ouvre la voie à de nouveaux types de logiciels et de robots, qui se démarquent des générations précédentes de machines par une capacité croissante à agir comme des agents autonomes et à faire preuve d'indépendance par rapport aux décisions de leurs inventeurs et de leurs opérateurs. L'IA devrait, à l'avenir, aider à résoudre des questions complexes, à générer des gains de productivité, à améliorer l'efficience de la prise de décision et à réduire les coûts.

La technologie de chaîne de blocs repose sur une architecture décentralisée, sans intermédiaire, qui facilite les transactions économiques et les interactions de pair à pair. Outre l'échange d'informations, elle prend en charge des protocoles permettant l'échange de valeurs et de contrats juridiques, et ouvre la voie à d'autres applications comparables. Les chaînes de blocs publiques (utilisables sans autorisation), telles Bitcoin, fonctionnent comme une base de données distribuée inviolable qui tient lieu de registre public ouvert, partagé et sécurisé ne pouvant être falsifié, et que tout un chacun peut inspecter. La transparence des transactions, les règles strictes et la surveillance constante qui caractérisent les réseaux basés sur la technologie de chaîne de blocs sont autant de conditions favorisant la confiance des utilisateurs à l'égard des transactions qui y sont menées ; il n'est donc pas nécessaire de faire appel à une autorité de confiance ou un opérateur intermédiaire.

2. Comment le numérique transforme-t-il l'économie ?

Face à cette accumulation de ruptures technologiques, c'est toute l'économie qui adopte une nouvelle grammaire, c'est-à-dire des règles fondamentalement nouvelles.

À l'appropriation privée d'un objet est substitué un droit temporaire d'usage, ce qui convoque la notion de partage. Cette économie de la fonctionnalité17(*) recouvre une économie de la coopération (les acteurs économiques -collectivités et entreprises- coopèrent en mettant en commun des usages afin de satisfaire un besoin tout en limitant les externalités négatives) et une économie collaborative (où sont mis en lien deux consommateurs pour que l'un vende un usage à l'autre).

Ainsi, les plateformes ne détiennent aucun actif lié à leur activité : Uber ne possède aucun véhicule et AirBnb, aucun logement. On n'achète plus un DVD, on s'abonne à une plateforme. On n'écoute plus un CD, on écoute en streaming18(*).

Les ressources (intellectuelles) de cette économie sont de plus en plus construites et non plus prélevées (lorsqu'elles étaient matérielles). Si l'ancienne économie est soustractive, l'économie numérique est sommative. L'autre dimension est l'économie collaborative, une fabrique commune de l'innovation que des grandes entreprises proposent à travers des plateformes ouvertes qui permettent de capter les innovations. Les applications d'Apple ont ainsi généré 130 milliards de dollars de revenus (dont 30 pour Apple) en 2017, redistribués à 2,5 millions de développeurs individuels aux États-Unis et 1,6 million en Europe19(*).

Comme l'indique le rapport Villani de 201820(*) consacré à l'intelligence artificielle, si les données sont le carburant de l'économie numérique, les interfaces de programmation informatique (API en anglais pour « application programming interface ») en sont le moteur : « les API correspondent à des interfaces mises à disposition par les plateformes pour permettre à des acteurs tiers d'innover à partir de leurs ressources. C'est une API de Facebook qui lui a permis de répandre le bouton like sur le web et de dominer le marché de la recommandation. De la même façon, les milliers de développeurs qui utilisent les API de Netflix sont à l'origine de son succès. Selon son dirigeant, avoir ces développeurs en interne lui aurait coûté près d'un milliard de dollars par an. La domination des plateformes s'explique largement par cette capacité à agréger des écosystèmes autour d'elles et à en occuper le centre. Le coeur de ces écosystèmes, ce sont précisément les API ».

Pour répondre au besoin croissant d'innovation, les grandes entreprises encouragent « l'intrapreneuriat », en incitant les cadres à travailler sur des projets innovants.

Tel est le cas de Google qui, depuis 2011, permet à ses salariés de consacrer 20 % de leur temps à l'exploration de nouveaux projets. Si les projets sont matures, les « salariés-intrapreneurs » créent leur start-up et deviennent entrepreneurs-actionnaires, Google pouvant les aider sous forme d'investissement grâce à Google Ventures, son fonds d'investissement en capital-risque. Ces grandes entreprises peuvent également racheter des start-ups ou des PME, où l'innovation est plus propice grâce aux structures plus agiles et plus réactives.

La numérisation provoque une baisse des coûts de production (d'autant plus faibles que leur contenu comporte davantage de données numériques, dont les coûts sont eux-mêmes très faibles) et de distribution.

Les coûts de l'économie de réseaux n'augmentent pas avec la taille de l'entreprise mais les rendements croissent avec la taille du réseau : plus les usagers utilisent les plateformes, plus elles sont rentables car l'investissement technologique de départ a un coût négligeable, et une fois l'acquisition de trafic opéré -la création de visibilité est plus coûteuse-, le coût d'acquisition d'un utilisateur supplémentaire devient progressivement nul et rapporte de plus en plus, tandis que le coût de gestion pour un milliard d'utilisateurs est comparable à celui pour un million d'utilisateurs.

La numérisation rend difficile la mesure de la productivité. Les biens et services innovants créés sont « non concurrentiels », c'est-à-dire qu'ils dominent des marchés très concurrentiels grâce à leur coût marginal nul, synonyme d'une baisse des prix extrêmement avantageuse pour le client. Les statistiques traditionnelles sont inadaptées pour traduire les gains du consommateur qui ne se reflètent ni dans la hausse du chiffre d'affaires, ni dans la hausse du profit.

Les entreprises issues de cette révolution ont un point commun témoignant de cette mutation profonde : elles évoluent très vite et ne sont plus soumises à la loi des rendements décroissants21(*), en témoignent les coûts quasi-nuls de reproduction et de stockage de données.

Cette évolution tend vers la constitution de situations économiquement dominantes sur des marchés, voire à des monopoles. Les profits colossaux des plateformes leur permettent de vendre à perte pour capter de nouveaux clients, ce qui bouleverse les cadres classiques de la concurrence. La rente numérique se substitue à la rente physique.

LA NOUVELLE GRAMMAIRE DE L'ÉCONOMIE

La transformation numérique de l'économie combine des effets d'automatisation, de dématérialisation et de réorganisation des schémas d'intermédiation selon le schéma triangulaire suivant :

Automatisation

Dématérialisation

Désintermédiation /Ré-intermédiation

Chacune de ces familles d'effets interagit avec les deux autres et se renforce dans cette interaction et comporte trois effets :

Derrière l'automatisation se jouent les effets d'accroissement de performance dans l'emploi des facteurs de production tels qu'on les connaissait déjà dans les étapes antérieures de l'informatisation :

effet 1 Productivité du travail ;

effet 2 Productivité du capital, qu'il s'agisse du capital fixe (les machines, les équipements, les trains, les avions, etc.) ou du capital circulant (les stocks de biens intermédiaires et de produits finis) ;

effet 3 Productivité de l'énergie et des matières premières (optimisation des quantités, lutte contre le gaspillage, réseaux intelligents).

La dématérialisation est un mouvement différent : celui de la substitution de processus matériels à base d'atomes par des procédés immatériels à base de « bits ». Elle se traduit par trois effets économiques :

effet 4 Apparition de nouveaux canaux de communication et de distribution (internet fixe et mobile) qui viennent concurrencer d'autres filières (cf. livre imprimé, lettres postées, musique enregistrée) ou d'autres circuits (cf. guichets, agences, magasins) ;

effet 5 Baisse des coûts de production, avec une transformation de l'économie industrielle caractérisée par une loi de rendement croissant (courbe de coûts de production décroissants en fonction de la taille des séries) pour aller, avec la robotisation et la part croissante des logiciels dans la valeur, vers ce que Jeremy Rifkin appelle une économie à coût marginal zéro22(*), c'est-à-dire une économie où les coûts se concentrent sur le premier exemplaire (coûts de conception, de prototypage et de tests) avec des coûts de reproduction quasiment nuls (courbe de production en équerre) ;

effet 6 Forte baisse des coûts de transaction dont le niveau conditionnait le périmètre des entreprises et de ce qu'elles intégraient comme fonctions, selon la théorie de la firme de Ronald Coase23(*) ; cet effet se traduit par la montée d'organisations en réseau et par la structuration d'écosystèmes autour des « plaques » d'activités économiques.

Une troisième famille, plus nouvelle encore, concerne les effets de réorganisation des chaînes de valeur avec l'émergence de nouveaux modèles d'affaires qui prennent en compte les phénomènes de désintermédiation et de ré-intermédiation à valeur ajoutée :

effet 7 Rôle joué par les personnes qui ne se considèrent plus seulement comme des producteurs ou comme des consommateurs, mais comme des acteurs qui participent à l'innovation, se regroupent pour financer, pour commander ou pour accompagner des projets d'intérêt commun, se revendent des biens, mutualisent et partagent l'usage de leur maison, de leur automobile ou de leurs équipements ;

effet 8 Ressource nouvelle que constituent les données dont le nombre croît à vitesse exponentielle avec la sophistication des machines, la traçabilité des événements, l'interaction entre les personnes et qui alimente une nouvelle source de richesse, qu'elle soit utilisée en interne (segmentation, optimisation), captée et revendue (ciblage, publicité), échangée et partagée (prévision, innovation) ;

effet 9 Acteurs nouveaux que représentent les acteurs de la filière numérique elle-même, dont la puissance et l'influence se sont accrues, en passant du rôle de fournisseurs d'outils (cf. matériel), à celui de bâtisseurs de solutions (cf. logiciels) puis à celui d'opérateurs de système d'information et de réseaux sociaux.

Source : « La nouvelle grammaire du succès. La transformation numérique de l'économie française », Philippe Lemoine, septembre 2014.

3. Comment le numérique transforme-t-il l'entreprise ?
a) Ce que n'est pas la numérisation d'une entreprise

Une entreprise numérisée n'est pas seulement24(*) :

- une entreprise qui a un site e-commerce, car la transformation numérique ne peut être réduite à un support, à de la technique. Le changement est plus profond et concerne les modèles économiques de l'entreprise, son approche du marché, sa relation client ;

- une entreprise qui investit dans des start-ups, car la transformation numérique n'est pas qu'externe, elle est surtout interne. Elle concerne avant tout les processus et les mentalités ;

- une entreprise qui est présente sur les réseaux sociaux, car elle doit avant tout être à l'écoute de ses clients, de ses fournisseurs, de ses collaborateurs, de toutes les parties prenantes ;

- une entreprise qui s'est contentée de nommer un CDO (« Chief Digital Officer »), car la transformation numérique touche toutes les activités, toutes les directions, toutes les fonctions et tous les utilisateurs.

La numérisation d'une entreprise n'implique pas seulement l'utilisation de nouveaux outils informatiques, sans cesse plus nombreux, dont la vitesse de développement est exponentielle, mais une remise en question profonde de son organisation interne (elle impose une réduction du nombre de barreaux de l'échelle hiérarchique), de sa relation avec le client. Ce n'est pas qu'une innovation technique ou technologique, c'est une transformation profonde de l'organisation de l'entreprise.

La numérisation doit être une stratégie, accompagnée d'une veille économique fondée sur un compromis entre une « surinformation hypertechnologique qui se perd dans les newsletters de communautés geeks et une sous information qui se contente de quelques échanges limités et intuitifs de salon »25(*).

b) Ce qu'impose la numérisation d'une entreprise
(1) Un traitement de données 

L'économie numérique repose sur l'exploitation des données et plus particulièrement sur la valorisation du travail gratuit fourni par les utilisateurs, lesquels produisent une activité « dont les externalités positives vont, sous la forme de donnée, s'incorporer à la chaîne de production sans contrepartie monétaire »26(*) pour ces derniers, et à partir desquelles l'entreprise numérique créée sa chaîne de valeur.

L'OCDE27(*) rappelle que cette numérisation de l'économie a été rendue possible, d'une part, grâce à la croissance exponentielle de la puissance de calcul, avec un doublement du nombre de transistors sur les circuits intégrés tous les 18 à 24 mois, soit une densité multipliée par 100 tous les 10 ans, et ce, pendant près de 50 ans (loi de Moore) ; d'autre part grâce au développement d'une connectivité mobile ininterrompue.

Plus les capacités de production de données augmentent et plus leur prix diminue.

Alors qu'en 1956, le mégaoctet coûtait 10 000 dollars de l'époque, soit 93 000 dollars de 2019, (via le Ramac 305, premier ordinateur contenant un disque dur, lequel vaudrait 467 000 dollars de 201928(*)), le gigaoctet (1 024 fois le mégaoctet) est passé en 2010 sous la barre des 10 centimes et atteignait 0,05 centime d'euro en 2015 (via un disque dur ou HDD).

Une nouvelle rupture technologique s'annonce avec les ordinateurs quantiques. En 2015, Google et la Nasa ont réussi à résoudre un problème en 1 seconde grâce à leur supercalculateur quantique29(*). Ceci aurait nécessité 10 000 ans pour un ordinateur classique.

Le Big Data30(*) est l'un des plus grands défis non seulement pour l'économie mais pour les sociétés contemporaines dans leur ensemble. Chaque jour un utilisateur moyen consulte 221 fois son portable. Sans le Big Data, le « machine learning » et l' intelligence artificielle ne seraient rien. Les données sont l'instrument qui permet à l'Intelligence articifielle (IA) de comprendre et d'apprendre à la manière dont les humains pensent. C'est le Big Data qui permet d'accélérer la courbe d'apprentissage et permet l'automatisation des analyses de données. Plus un système machine learning reçoit de données, plus il apprend et plus il devient précis.

LES DONNÉES, PÉTROLE DU 21ÈME SIÈCLE

En 2017, chaque jour :

3 heures par jour passées en moyenne par les internautes sur les applis mobiles et 120 milliards de téléchargements d'applications mobiles du Play Store et de l'App Store pour l'année,

2 milliards de photos partagées,

250 milliards de mails échangés soit 200 millions de mails par minute,

700 millions de tweets,

6 milliards de requêtes sur Google,

7 milliards de vues sur YouTube,

2 milliards d'utilisations de Facebook,

300 millions d'appels sur Skype.

D'après : « Les nouveaux territoires du numérique.

L'univers digital du sur-mesure de masse », 2019, éditions Sciences Humaines.

L'accélération est exponentielle : 90 % des données dans le monde ont été créées depuis 2015.

Les données numériques créées dans le monde seraient passées de 1,2 zettaoctet31(*) par an en 2010 à 1,8 zettaoctet en 2011, puis 2,8 zettaoctets en 2012 et s'élèveraient à 40 zettaoctets en 202032(*).

Les perspectives économiques futures sont encore plus gigantesques. La création de valeur économique étant de plus en plus liée à la numérisation, on estime le potentiel de l'Internet of Everything à 16 000 milliards de dollars d'ici 2022 selon une étude menée en 2014 par Cisco33(*), 99,4 % des objets physiques n'étant toujours pas connectés. Cet « Internet de tout » comprend non seulement l'Internet des objets connectés mais également les données, les processus et les personnes (via leurs téléphones mobiles et leurs réseaux sociaux).

La gestion des données personnelles du client est désormais au coeur du quotidien de l'entreprise.

Par exemple, la trottinette électrique en libre-service se multiplie dans les grandes villes, en particulier à Paris depuis l'automne 2017, mais son modèle économique n'est actuellement pas rentable. La commercialisation des données relatives aux déplacements des utilisateurs permettra-elle de rentabiliser ce marché ?

La sécurité et la confidentialité des données constituent, pour les entreprises, des facilitateurs essentiels mais également des obstacles éventuels. Elles devront identifier les nouveaux modèles de protection et garantie de la confidentialité capables de satisfaire leurs attentes et celles des clients.

Radio Frequency Identification (RFID), gestion du recrutement et du fichier client, de l'annuaire du personnel, utilisation de badges, vidéosurveillance ou géolocalisation : toutes ces pratiques impliquent en effet le maniement de données personnelles.

L'entreprise doit désormais s'engager à respecter la vie privée du consommateur selon le principe du privacy by design. Il s'agit de prendre les mesures nécessaires à la protection des données personnelles dès la création d'un nouveau produit, service ou technologie entraînant des traitements de données. Chaque nouveau produit ou service doit garantir dès sa mise à disposition au public du plus haut niveau de protection des données personnelles. Pour ce faire, le développement et l'élaboration du produit ou service devront engager chaque intervenant dans une démarche de respect de la vie privée des utilisateurs finaux. Cela signifie que des formations et des dispositifs de communication devront être mis en place pour sensibiliser tous les collaborateurs aux bonnes pratiques et aux enjeux qui y sont liés.

L'entreprise doit respecter le nouveau règlement RGPD34(*), en vigueur depuis le 26 mai 2018, et rédiger un document interne recensant les politiques et principes fondamentaux de l'entreprise à l'égard des traitements de données personnelles (« accountability »). Le recours à un DPO (« Data Protection Officer ») permet de mieux centraliser les actions et de disposer d'un référent auprès de la CNIL pour transmettre la documentation de conformité quand elle l'exige.

L'entreprise doit promouvoir l'utilisation des technologies d'amélioration de la confidentialité (« PET : Privacy Enhancing Technologies ») et certaines branches professionnelles, comme la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication, ont ainsi élaboré un guide pratique de « Gestion des données personnelles dans l'entreprise ».

(2) Une visibilité numérique 

Elle s'exprime de moins en moins sur internet et de plus en plus sur les réseaux sociaux.

La valeur d'une entreprise ne se mesure plus avec le produit fabriqué ou le service rendu mais par la qualité du logiciel, de la plateforme ou de l'application proposée.

Une icône sur un maximum de smartphones est devenue plus rentable qu'une boutique située sur le plus prestigieux des emplacements.

Dans le commerce, après les « pop-up stores », magasins éphémères permettant une vente-flash pour un temps limité, apparaît déjà le « showrooming » : les consommateurs vont y voir des produits physiques qu'ils achètent ensuite en ligne.

Mais, déjà, la relation entre l'entreprise et ses clients se déplace d'internet vers les messageries35(*) et les réseaux sociaux.

En 2017, 55 % des internautes utilisent au quotidien une messagerie instantanée36(*). Pour la génération des trentenaires, le webchat et les médias sociaux constituent les premiers canaux de contacts. D'ici 5 ans, on pressent que jusqu'à 80 % de nos usages se transposeront sur des services conversationnels. Aujourd'hui déjà, parmi les 5 applications les plus téléchargées, 4 sont des applications de messagerie instantanée. Les applications de messagerie sont ainsi sur le point de devancer tous les autres canaux de communication.

Porté par des canaux tels que Messenger et WhatsApp, où s'échangent plus de 60 milliards de messages chaque jour, le messaging devient le mode d'interaction privilégié des consommateurs. En 2018, les applications de messagerie devaient cumuler 3,6 milliards d'inscrits, soit l'équivalent de 90 % des internautes. Comme 45,8 % des consommateurs préfèrent contacter une entreprise via une messagerie plutôt que par e-mail37(*)le messaging devient la nouvelle forme de communication avec les entreprises.

Toutefois, lorsqu'un client contacte l'entreprise, il est de plus en plus souvent en contact avec un chatbot38(*) : Léa à la SNCF, Laura chez EDF, Lucie chez SFR. Avec l'intelligence artificielle, les évolutions sont considérables.

Auparavant, un bot informatique, agent logiciel automatique ou semi-automatique qui interagit avec des serveurs informatiques, se connectait et interagissait avec le serveur comme un programme client utilisé par un humain. Un bot pouvait déjà s'insérer dans une conversation de telle sorte qu'on ne distinguait plus le bot d'un humain, en répondant de façon identique par exemple, ou en permettant au bot de trouver des contenus pertinents face au sens qu'il aura tiré des phrases de l'utilisateur. Avec l'intelligence artificielle, le bot apprend à parler. Le traitement automatique du langage naturel (NLP en anglais) permet au bot de comprendre le langage de l'utilisateur tandis que la génération automatique de textes (NLG en anglais) lui permet de s'exprimer et enfin le machine learning39(*) assure son apprentissage à partir d'une base de connaissances enrichie de diverses sources, et lui permet de s'optimiser au fur et à mesure.

Les marques diversifient leur communication digitale et ont également recours à des influenceurs40(*), personnes actives sur les réseaux sociaux qui, par leur statut, leur position ou leur exposition médiatique, sont capables d'influencer les habitudes de consommation.

(3) Une nouvelle relation entre l'entreprise et le client

La révolution numérique a donné le pouvoir au consommateur qui n'est plus captif mais est devenu un zappeur : « le consommateur actuel fait partie de tribus, caractérisées par l'instabilité et moins accessibles que le segment »41(*).

Le client a désormais la possibilité d'interagir avec l'entreprise. La communication est devenue bilatérale et interactive, elle ne va plus que de l'entreprise vers le client, mais ce dernier a aussi la possibilité de répondre, de réagir, de parler, d'exprimer un avis, une opinion ou une insatisfaction. Par ses commentaires sur les réseaux sociaux, le consommateur devient à son tour prescripteur de consommation.

Le consommateur veut des produits sur mesure. Il veut qu'on produise pour lui, avec lui, il veut être un co-créateur, être écouté et que son avis soit pris en considération. Il est devenu imprévisible, caméléon et à la recherche d'émotions et de nouvelles « expériences ». Le nouveau consommateur exige, veut tout, tout de suite, qu'on lui parle, qu'on l'informe, qu'on réponde à ses questions et qu'on le traite d'une manière personnalisée.

La gestion des relations avec les clients (ensemble des outils et techniques destinés à capter, traiter, analyser les informations relatives aux clients et aux prospects, dans le but de les fidéliser en leur offrant ou proposant des services) est également bouleversée par l'intelligence artificielle. Un traitement automatisé et intelligent de la relation client pourrait, selon une étude du cabinet Gartner, englober 85 % des interactions de la relation client d'ici 2020.

La réalité virtuelle pourrait changer les modes de consommation. Une récente étude a démontré que plus d'un tiers des consommateurs seraient plus enclins à acheter sur internet s'ils avaient la possibilité de pouvoir « tester » le produit grâce à la réalité virtuelle. Des solutions très abordables s'offrent aux consommateurs pour transformer leur smartphone en lunettes de réalité virtuelle. Les sites des entreprises intègrent de plus en plus de vidéos à 360° afin d'offrir à leurs clients une meilleure vision des produits.

(4) Une révolution de la chaîne logistique

Le nombre des objets connectés42(*)- objets électroniques connectés sans fil, partageant des informations avec un ordinateur, une tablette ou un smartphone et capables de percevoir, d'analyser et d'agir selon les contextes et l'environnement- devrait exploser rapidement et compter en 2020 jusqu'à 80 milliards d'objets pour un marché estimé à l'horizon 2025 à 1 000 milliards d'euros.

Dans une entreprise, l'utilisation de capteurs sans fil (RCSF), l'une des dix nouvelles technologies qui bouleversent le monde et notre manière de vivre et de travailler selon le magazine Technology Review du MIT, permet de surveiller tous les points d'une chaîne de production43(*), de repérer voire de prédire les dysfonctionnements et d'anticiper les opérations de maintenance.

30 milliards de puces RFID44(*) (radio identification) circulent aujourd'hui avec des dizaines de milliers d'objets communiquant, ce qui permet de suivre un produit portant une étiquette RFID de sa fabrication jusqu'à sa vente en caisse. L'analyse de ces données permet d'optimiser la chaîne logistique. Cette étiquette est posée sur le produit ou sur son emballage au cours de sa fabrication. La puce permet de tracer le produit durant son parcours : pendant le transport, le stockage ou encore la mise en rayon dans un magasin. Cette technique permet d'estimer au mieux le coût et la durée de la chaîne logistique, d'anticiper des dysfonctionnements et d'obtenir un historique du produit en cas de dommages.

Cette technologie permet également de garantir la traçabilité d'un objet ou d'animaux, notamment du bétail, avec des puces sous cutanées, comportant une étiquette RFID.

Dans le commerce, les passages en caisse deviennent beaucoup plus rapides, un lecteur RFID pouvant lire plusieurs centaines d'étiquettes à la minute. Il suffit de déposer tous ses articles dans un bac pour voir immédiatement s'afficher, sur un écran, son contenu et le montant total. Parfois, il est même inutile de tout ressortir du sac ou panier : il suffit de placer devant le lecteur le sac contenant des provisions pour voir s'afficher la note.

Cette technologie contribue à lutter contre le vol en remplaçant le traditionnel antivol à pince qui pouvait détériorer les vêtements : l'étiquette RFID devient antivol. Lors du paiement, la puce est automatiquement « désactivée » permettant au client de passer, sans encombre, les portiques de sécurité.

En Chine, la RFID, associée à la reconnaissance faciale, a permis à l'entreprise JD.com45(*) de concevoir une supérette « automatique » sans personnel : « lorsqu'il sort du magasin, un lecteur scanne toutes les étiquettes RFID implantées sur les emballages des produits puis les associe au client, via la reconnaissance de son visage, pour prélever directement sur son compte bancaire le montant des achats. En Chine, les autorités poussent les industriels à tout étiqueter en RFID pour favoriser l'émergence de ce type de magasin, le pays se préparant à une pénurie de main-d'oeuvre dans les prochaines années (à cause d'un ralentissement de la natalité). Ainsi, le ministère du Commerce a fixé le cap des 100 milliards d'articles étiquetés de la sorte par an à l'horizon 2025 et mis en place une politique de subventionnement de ces projets »46(*).

Le paiement par reconnaissance faciale est également expérimenté en France au sein du Lab Carrefour-Google du 13ème arrondissement de Paris47(*). L'intelligence artificielle permet de reconnaître un visage ou un produit et de l'associer à un ensemble de données.

Grâce à des capteurs, à des protocoles de communication pour la transmission en temps réel, à des logiciels d'analyse des données48(*), l'entreprise peut intervenir avant qu'une panne ne se produise et développer ainsi la maintenance prédictive49(*). Selon une autre récente étude du cabinet McKinsey50(*), celle-ci permettra aux entreprises d'économiser 630 milliards de dollars d'ici 2025, grâce à une réduction des coûts de maintenance de 10 à 40 %, du nombre de pannes de moitié, du montant investi dans les nouvelles machines de 3 à 5 % en augmentant la durée de vies des machines...

Autre innovation, l'impression 3D51(*) ou fabrication additive52(*) peut produire des ruptures technologiques majeures qui donnent un avantage compétitif aux industries qui les maîtrisent, ainsi que cela a été confirmé à la Délégation sénatoriale aux entreprises à l'occasion de visites d'entreprises de fabrication en 3D.

L'impression 3D de faibles nombres de pièces spécifiques et particulièrement complexes peut permettre une montée en qualité et une réduction du coût de production, avec une importante valeur ajoutée pour le client et le fabricant.

Le passage à l'impression 3D simplifie grandement la gestion des stocks. La gestion des stocks en termes de coût, d'entreposage et de traçage est un problème majeur pour les grands groupes industriels comme Airbus. L'impression 3D permet une production de pièces à la demande et un entreposage facilité (la matière première se présentant le plus souvent sous forme de poudres).

L'impression 3D permet aux entreprises maîtrisant ces technologies d'arriver sur le marché plus rapidement. La fabrication additive permet d'accélérer les phases de prototypage et de déceler rapidement les corrections à apporter sur le produit. Celui-ci est donc plus rapidement mis au point et peut être testé sur le marché. En outre, l'investissement dans l'impression 3D par les PME et jeunes pousses (start-up) est abordable. L'impression 3D peut donc abaisser la barrière d'entrée à certains marchés, ce qui promeut l'arrivée rapide de nouveaux acteurs sur ces marchés.

Enfin, l'usage de la fabrication additive peut favoriser la relocalisation de certaines activités au plus près du consommateur. Le concept de micro-usine intégrée dans l'aire urbaine pourrait voir le jour avec divers avantages, ainsi la production à la demande ou la réduction des frais de distribution et effets environnementaux positifs.

Source : note scientifique de l'OPECST n° 2, mars 2018


* 1 Le Journal du Net la définit ainsi : « l'expérience client correspond au ressenti des clients par rapport à l'achat d'un produit ou d'un service. Ce concept concerne toutes les interactions entre l'acheteur et le vendeur (démarchage, acte de vente, usage du produit, service après-vente...). Les entreprises cherchent constamment à améliorer l'expérience client à travers divers biais. Ils peuvent notamment recueillir ce retour d'expérience via des enquêtes de satisfaction, car le parcours du client influence fortement ses recommandations. Avec l'émergence des avis et commentaires en ligne, le bouche-à-oreille impacte fortement l'e-réputation d'une marque et donc son chiffre d'affaires. Le management de l'expérience client (CEM) permet d'optimiser les actions à mener par l'entreprise. »

* 2 Thales Alenia Space, Eutelsat et Orange ont signé en avril 2018 un accord visant la construction du satellite Konnect VHTS. Ce satellite, qui sera lancé en 2021, devrait fournir un accès à internet à 800 000 foyers avec un débit de 30Mb par seconde.

* 3 « La transition fulgurante », septembre 2014, Bayard.

* 4 « « Why software is eating the world » Wall Street Journal, 20 août 2011.

* 5 « Big Data, penser l'homme et le monde autrement », 2015, Le Passeur.

* 6 « L'ère numérique, un nouvel âge de l'humanité », 2014, Le Passeur.

* 7 « Les nouveaux territoires du numérique. L'univers digital du sur-mesure de masse », 2019, éditions Sciences Humaines.

* 8 « Maître ou esclaves du numérique. 2049 : internet notre second cerveau », 2011, Eyrolles.

* 9 Selon l'analyse faite par Klaus Schwab, fondateur et président du Forum économique mondial.

* 10 De nombreuses autres technologies sous-tendent la transformation numérique, de l'infonuagique aux logiciels libres, en passant par la robotique, l'informatique en grille, la neuroinformatique, ou encore la réalité virtuelle.

* 11 « La Quatrième révolution industrielle », Klaus Schwab, janvier 2017, Dunod.

* 12 Selon l'analyse de Clayton Christensen, professeur à Harvard Business School, qui publie en 1997 « The innovator's Dilemna », ouvrage dans lequel il développe la théorie de la « Disruptive Innovation ».

* 13 « L'IOT c'est fini ! Vive l'IOE (Internet Of Everything) », Bertrand Jouvenot, Blog.

* 14 « Intelligence collective, la révolution invisible », Jean-François Noubel, cofondateur d'AOL France, novembre 2004, The Transitioner.

* 15 Créateur de plusieurs entreprises pionnières dans le domaine de la reconnaissance optique de caractères (OCR), de la synthèse et de la reconnaissance vocales, et des synthétiseurs électroniques, Raymond Kurzweil, directeur de l'ingénierie chez Google depuis 2012, est l'auteur de nombreux ouvrages sur la santé, l' intelligence artificielle, la prospective et la futurologie, enseigne au MIT et est titulaire du prestigieux prix américain de la technologie.

* 16 Le terme « écosystème » définit un complexe d'organismes et de facteurs physiques. Le rapport de l' ONU sur l' Évaluation des écosystèmes pour le millénaire, définit un écosystème comme un étant un « complexe dynamique composé de plantes, d' animaux, de micro-organismes et de la nature morte environnante agissant en interaction en tant qu'unité fonctionnelle ». Le CNRS définit un écosystème comme l'« ensemble vivant formé par un groupement de différentes espèces en interrelations (nutrition, reproduction, prédation...), entre elles et avec leur environnement (minéraux, air, eau), sur une échelle spatiale donnée ». On trouve de plus en plus d'usages métaphoriques de l'écosystème pour désigner un ensemble d'entités qui interagissent dans un environnement. En économie, un écosystème est constitué d'un regroupement d'entreprises d'une filière et de leurs parties prenantes (clients, employés, fournisseurs, sous-traitants, pouvoirs publics...), qui ont en commun un projet de développement dans le temps, encadré par des engagements pris les uns envers les autres. Dans un écosystème d'entreprises, chacun contribue à la création de valeur qui profite à toutes les entreprises, à la différence d'un cluster.

* 17 Laquelle s'inscrit pleinement dans la démarche générale de transition vers une économie circulaire soutenue par le ministère de la Transition énergétique et solidaire car, selon son site : « C'est une alternative économiquement viable comme en témoigne les nombreux exemples de sociétés qui ont choisi de changer de modèles économiques ; c'est un modèle économique plus sobre sur le plan des ressources et de la pollution grâce au découplage production et revenu, et à l'optimisation de l'utilisation des ressources et des biens ; il s'agit d'un modèle économique qui permet de créer des emplois peu délocalisables (gestion des produits en location, innovation nécessaire dans la recherche et le développement, dans le marketing, réparation, ré-emploi...) ».

* 18 Lecture en continu, qui désigne un principe utilisé principalement pour l'envoi de contenu en « direct » (ou en léger différé).

* 19 « Les nouveaux territoires du numérique. L'univers digital du sur-mesure de masse », 2019, éditions Sciences Humaines.

* 20 Rapport de M. Cédric Villani : « Donner un sens à l'intelligence artificielle », remis au Premier Ministre le 8 mars 2017.

* 21 En économie, la loi des rendements décroissants énonce le principe selon lequel le rendement marginal (ou productivité marginale) obtenu par l'utilisation d'un facteur de production supplémentaire (la terre, le capital, le travail ou autre) diminue, toutes choses égales par ailleurs.

* 22 « La nouvelle Société coût marginal zéro. L'internet des objets. L'émergence des communaux collaboratifs et l'éclipse du capitalisme », Jeremy Rifkin, 2014, Les éditions qui libèrent.

* 23 Dans son article de 1937 sur la nature de la firme, Coase montre que le recours au marché est coûteux, il fait supporter aux acteurs ce qu'on appellera après lui des coûts de transaction (coût de collecte de l'information, de passation des contrats, de surveillance). Si les coûts de transaction sont élevés, les acteurs ont intérêt à s'en remettre à un autre mode de coordination, par exemple la firme, mode de coordination centralisé régulé par l'autorité. Mais la firme aussi fait supporter aux acteurs des coûts, que l'on peut qualifier de coûts d'organisation interne. Dès lors, le choix marché/firme dépendra de la comparaison entre les coûts de transaction associés au marché et les coûts d'organisation interne associés à la firme. Le marché n'est pas supérieur à la firme et celle-ci n'est pas supérieure au marché. Mais l'analyse du choix marché/firme doit être contextualisée. Il convient de regarder précisément les caractéristiques des transactions, de comparer les coûts associés à chaque structure de gouvernance, et d'opter pour la structure de gouvernance permettant de minimiser l'ensemble des coûts. Cf « Les théories de la firme », Magali Chaudey, 14 décembre 2011

http://ses.ens-lyon.fr/articles/les-theories-de-la-firme-137664

* 24 Selon Henri Hamon, économiste à la CCI Paris Ile-de-France : « La transformation digitale des entreprises : de la stratégie à l'organisation » FriedlandPapers - Lettre de prospective n° 48- janvier 2015.

* 25 « Le numérique déroutant, acte II : vers l'ubérisation des GAFA », BpiFrance - Le Lab, mars 2019.

* 26 « Rapport au ministre de l'économie et des finances, au ministre du redressement productif, au ministre délégué chargé du budget et à la ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises, de l'innovation et de l'économie numérique », MM. Pierre Collin et Nicolas Colin, Mission d'expertise sur la fiscalité de l'économie numérique, janvier 2013.

* 27 « Perspectives de l'économie numérique de l'OCDE 2017 ».

* 28 L'IBM RAMAC 305 (RAMAC pour Ramdom Access Method of Accounting and Control, en anglais) pesait plus d'une tonne et sa taille était équivalente à deux grands réfrigérateurs.

* 29 La machine de la Nasa et de Google, baptisée le “ D-Wave 2X”, est basée sur un prototype conçu par D-Wave Systems. Source : « Que vaut D-Wave 2X l'ordinateur quantique de Google et de la Nasa ? » Iris Borel « Informatique et Numérique », 18 décembre 2015.

* 30 Littéralement « grosses données », ou mégadonnées, il désigne des ensembles de données devenus si volumineux qu'ils dépassent l'intuition et les capacités humaines d'analyse et même celles des outils informatiques classiques de gestion de bases de données ou de l'information. À noter que le Collège de France a créé une chaire « sciences des données » en 2018.

* 31 Un zettaoctet correspond à 1021 octets soit 1 000 milliards de gigaoctets.

* 32 «Extracting value from chaos», Étude IDC-EMC, 2011.

* 33 « L'internet of Everything, un potentiel de 14,4 trillions de dollars. Des connexions pertinentes et intelligentes pour optimiser l'innovation, la productivité, l'efficacité et l'expérience client ». Joseph Bradley, Joel Barbier, Doug Handler, 2013. Un an plus tard, une autre étude réévaluait ce potentiel à 16 000 milliards. L'enjeu économique comprend les valeurs et les cadres d'activité suivants : 1) usines intelligentes, 1,95 trillion de dollars ; 2) connexion du marketing et de la publicité, 1,95 trillion de dollars ; 3) réseau intelligent, 757 milliards de dollars ; 4) connexion des activités vidéoludiques et de divertissement, 634 milliards de dollars ; 5) bâtiments intelligents, 349 milliards de dollars ; 6) connexion des véhicules utilitaires, 347 milliards de dollars ; 7) connexion des établissements de santé et du suivi des patients, 106 milliards de dollars ; 8) connexion de l'enseignement supérieur privé, 78 milliards de dollars ; 9) paiements innovants, 855 milliards de dollars ; 10) gestion du patrimoine, 451 milliards de dollars ; 11) délai de commercialisation réduit, 1,03 trillion de dollars ; 12) externalisation des processus métiers, 742 milliards de dollars ; 13) standards virtuels, 163 milliards de dollars ; 14) économies dans la chaîne d'approvisionnement, 697 milliards de dollars ; 15) agriculture intelligente, 189 milliards de dollars ; 16) signalisation numérique, 38 milliards de dollars ; 17) travailleurs de nouvelle génération (BYOD, collaboration mobile, télétravail, VDI), 2,16 trillions de dollars ; 18) réduction des trajets, 980 milliards de dollars ; 19) sécurité physique et logique, 1,09 trillion de dollars ; 20) agences bancaires de nouvelle génération, 20 milliards de dollars ; 21) distributeurs automatiques de nouvelle génération (centres commerciaux numériques), 49 milliards de dollars.

* 34 Le règlement n2016/679, dit règlement général sur la protection des données (RGPD, ou encore GDPR, de l'anglais General Data Protection Regulation), est un règlement de l'Union européenne qui constitue le texte de référence en matière de protection des données à caractère personnel. Il renforce et unifie la protection des données pour les individus au sein de l' Union européenne.

* 35 « Le messaging, une nouvelle ère pour la relation client », chronique de  Romain Bulard et Luc Dimelo, Journal du Net, 31 août 2017.

* 36 Pour les jeunes générations, le messaging et les réseaux sociaux représentent 59 % des échanges, contre 8 % pour les appels selon l'OFCOM. « 15 millions digital detoxers are ditching their device », 4 août 2016.

* 37 Selon le rapport 2016 « Mobile Messaging Report Get insights on the mobile messaging habits of consumers », d'Ubisent.

* 38 D'où le terme « bot », qui est la contraction par abrègement de «  robot ».

* 39 Technologie d'intelligence artificielle permettant aux ordinateurs d'apprendre sans avoir été programmés explicitement à cet effet.

* 40 Les influenceurs travaillent majoritairement sur les réseaux sociaux en influençant de nombreux abonnés à travers leur compte Instagram ou encore leur chaîne YouTube. Ce sont des créateurs de contenu multimédia. L'influenceur se met en scène pour promouvoir des produits, décrit, écrit et partage son quotidien avec sa communauté via différents supports : articles de blog, publications Instagram, vidéos Youtube, Instastories ou encore vidéos/photos Snapchat.

* 41 « Le marketing face à l'évolution du comportement du consommateur », de Rachid Amin, Journal du Net.

* 42 Note scientifique de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, n° 1, mars 2018.

* 43 Surveillance de la température, la pression, l' hygrométrie, la luminosité, contrôle qualité d'une chaine de fabrication par exemple.

* 44 RFID ou encore la Radio Frequency Identification est une méthode permettant de mémoriser et récupérer des données à distance. Le système est activé par un transfert d'énergie électromagnétique entre une étiquette radio et un émetteur RFID. L'étiquette radio, aussi appelée tag RFID, composée d'une puce électronique et d'une antenne reçoit le signal radio émis par le lecteur lui aussi équipé d'une technologie RFID. Les composants permettent à la fois de lire et de répondre aux signaux.

* 45 Deuxième plateforme de commerce en ligne chinoise, derrière Alibaba.com et devant Pinduoduo, avec un chiffre d'affaires de 55,7 milliards de dollars en 2017, soit une progression de 40,3 % sur l'année précédente. JD revendique 292,5 millions de clients actifs et fonctionne en vendant directement à sa clientèle des biens dont il est propriétaire, car il les a achetés en amont.

* 46 « Comment la puce RFID révolutionne le commerce » Le Parisien, Aubin Laratte, 21 février 2019.

* 47 « Intelligence artificielle : des consommateurs sous surveillance », Le Monde, 22 juin 2019.

* 48 Des logiciels de type GMAO (Gestion de la maintenance assistée par ordinateur) s'appuient sur des algorithmes pour générer des informations sous forme de tableaux de bord et d'alertes.

* 49 « La maintenance prédictive, par rapport à la maintenance préventive, permet de passer d'une logique de flux poussé à une logique de flux tiré. Le fournisseur n'intervient que lorsque des signaux émis par une machine reflètent une panne probable à court terme. C'est donc l'état réel de l'actif, et non un calendrier théorique, qui déclenche une intervention », dans «Pourquoi la maintenance prédictive va révolutionner l'industrie ? » de Jean-Régis de Vauplane, ParlonsData.fr, 21 mars 2018.

* 50 « Digitally enabled reliability: Beyond predictive maintenance » de Steve Bradbury, Brian Carpizo, Matt Gentzel, Drew Horah, and Joël Thibert, octobre 2018.

* 51 Les notes scientifiques de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques - n° 2- Mars 2018.

* 52 Terme qui désigne les procédés de fabrication par ajout de matière, la plupart du temps assistés par ordinateur. Procédé de mise en forme d'une pièce par ajout de matière, par empilement de couches successives, en opposition aux procédés par retrait de matière, tel que l'usinage. Le terme est synonyme d'impression tridimensionnelle ou impression 3D.