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Mieux protéger notre patrimoine scientifique et nos libertés académiques

29 septembre 2021 : Mieux protéger notre patrimoine scientifique et nos libertés académiques ( rapport d'information )

B. UN EXEMPLE DE STRATÉGIE GLOBALE ET SYSTÉMIQUE : LA CHINE

Il a été rapporté devant la mission d'information que les moyens mis en oeuvre par la Chine pour sa politique d'influence sont « sans commune mesure » avec celle des autres pays. Il demeure cependant difficile de quantifier précisément ces moyens.

Alex Joske, dans son rapport pour l'ASPI consacré au Front uni, « The party speaks for you », ne donne pas de chiffres précis, mais estime que le Front uni s'appuie sur « des centaines de milliers de personnes liées au Front uni ainsi que des milliers de groupe, la plupart se trouvant en Chine ». Pierre Charon et Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, dans leur rapport sur l'influence chinoise, avancent le chiffre de 265 branches locales de l'association des étudiants et chercheurs chinois (CSSA) aux États-Unis pour « environ 300 000 étudiants chinois ». Enfin, il a été rapporté devant la mission le chiffre de plus de 300 000 agents du ministère chinois de la sécurité de l'Etat (MSE).

En ce qui concerne les moyens financiers : Pierre Charon et Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, dans le même rapport, indiquent que le budget du Bureau de propagande « serait de l'ordre de 2,5 milliards de RMB, soit 317 millions d'euros » et que « Lorsqu'une université accepte d'accueillir un IC [institut Confucius], elle perçoit une aide financière d'un montant variable pour lancer l'activité, puis une aide annuelle qui s'élève à 100 000 ou 150 000 dollars en moyenne mais pourrait atteindre plusieurs millions selon certaines sources. » Enfin, ils soulignent que la Chine investit 1,3 milliards d'euros par an depuis 2008 « pour mieux contrôler son image dans le monde ».

Si les chiffres de l'influence chinoise sont difficiles à obtenir, c'est car celle-ci n'est pas pilotée par une seule entité, mais par une myriade d'administrations, qui ne sont pas toujours coordonnées entre elles. Le Front uni désigne autant un organe rattaché au Parti qu'un « système » et une « stratégie » impliquant une grande diversité d'acteurs. Les membres de la diaspora sont susceptibles d'être visés et de servir de relais pour le Front uni, mais cela ne signifie pas bien entendu que qu'ils soient tous des « agents » de la Chine. Il est donc plus pertinent d'étudier l'influence chinoise dans le monde académique français en se concentrant sur différentes stratégies, pour montrer en quoi l'influence chinoise est globale et « systémique ».

Politique extérieure de la Chine en matière d'échanges
et de coopération humains et culturels

« La Chine poursuit inébranlablement une stratégie d'ouverture marquée par le bénéfice mutuel et le gagnant-gagnant, et oeuvre pour une ouverture sur tous les plans, à tous les niveaux et dans tous les domaines. Cette stratégie s'applique non seulement dans les domaines économique et commercial, mais aussi dans les domaines humains et culturels tels que l'éducation, la science, la technologie et la culture. La Chine considère les échanges humains et culturels comme un moyen important de renforcer la base sociale des relations de la Chine avec l'étranger, d'accroître l'ouverture de la Chine sur l'extérieur et de faire progresser l'avènement d'une communauté d'avenir partagé pour l'humanité. »

Source : extrait de la contribution de l'Ambassade de Chine (cf. annexes)

1. La stratégie contrariée des instituts Confucius
a) Des Instituts dont la volonté est de promouvoir la culture et la langue chinoise

Les instituts Confucius sont la face la plus visible de l'implication de la Chine dans l'enseignement supérieur. Ils se présentent comme des instituts de promotion de la culture et de la langue chinoise à l'étranger, au même titre que les instituts Cervantès pour l'Espagne et les Alliances françaises. Les instituts Confucius ne sont cependant pas entièrement comparables aux Alliances françaises : la différence majeure est qu'ils sont souvent directement intégrés au sein des établissements d'enseignement supérieur.

Pour cette raison, ils font régulièrement l'objet d'accusations d'ingérence dans le monde académique. En parallèle de la prise de conscience d'un durcissement de la stratégie d'influence chinoise, plusieurs pays occidentaux ont ainsi pris des mesures à l'encontre des instituts Confucius. Les États-Unis ont décidé de restreindre leur implantation en les classant comme des « missions diplomatiques » en août 2020. Depuis, les deux-tiers des instituts du pays ont fermé. La même année, la Suède a fermé l'ensemble de ses instituts Confucius. D'autres pays pourraient suivre prochainement ces exemples. Le ministre allemand de l'éducation a ainsi déclaré le 29 juin 2021 : « Nous avons donné trop d'espace aux instituts Confucius ».

En France, la presse s'est faite l'écho à plusieurs reprises cette année des préoccupations concernant les instituts Confucius. Le Monde a publié le 8 juillet une enquête intitulée « Les instituts Confucius en France, de si discrets relais chinois ». Les instituts occupent une part importante dans l'article de Libération, « Dans les facs françaises, des travaux dirigés par Pékin », du 27 juillet. Au niveau local, les journaux L'Alsace et les Dernières nouvelles d'Alsace titraient le 17 mars un article commun : « instituts Confucius. Les tentatives répétées pour intégrer l'université. »

b) Une influence mal mesurée

Un des objectifs de la mission a été ainsi d'établir un panorama de l'influence réelle des instituts Confucius. L'enjeu n'est pas de condamner unilatéralement les instituts Confucius, mais de mettre en balance les avantages et les risques de ces partenariats.

Au 1er septembre 2021, la France comporte 17 instituts Confucius45(*). Il faut toutefois souligner que certains instituts sont divisés en antennes, et que ces antennes peuvent avoir des statuts différents. Par exemple, l'antenne de Rennes de l'institut Confucius de Bretagne est autonome, tandis que celle de Brest est rattachée à un établissement d'enseignement supérieur46(*).

Sur ces instituts, 15 sont basés en métropole, un l'est à la Réunion et un en Polynésie française. 12 de ces instituts sont rattachés plus ou moins directement à un établissement d'enseignement supérieur. Parmi ceux-ci, 9 relèvent d'une université, et 3 d'une école de commerce (NEOMA Business school, Ecole supérieure de commerce de Paris, et Brest Business School).

Lorsque l'on examine la répartition géographique des instituts Confucius, on se rend compte qu'ils se positionnent, pour leur majorité, sur des villes de taille moyenne qui possèdent une université, comme Arras, Poitiers ou La Rochelle par exemple. Celui de Poitiers est d'ailleurs le premier institut Confucius qui a ouvert en France, inauguré le 3 octobre 2005. On recense deux Instituts Confucius à Paris : l'un à l'École supérieure de commerce de Paris (ESCP) et l'autre à l'université Paris VII Diderot (cf. carte ci-après).

Implantation des Instituts Confucius en France*

Source : mission d'information d'après le site www.institutconfucius.fr

Cette concentration sur les villes de taille moyenne comprend de nombreux avantages pour les instituts :

· elle leur permet d'assurer un maillage territorial complet de la France, tout en conservant une certaine discrétion ;

· certaines de ces villes ont un intérêt stratégique important. Brest, par exemple, où est installé un Institut Confucius, comprend le deuxième port militaire de France ;

· dans plusieurs cas, il s'agit d'établissements qui ne possédaient pas de département de langue chinoise, ou alors uniquement en niveau débutant. Les Instituts Confucius viennent donc satisfaire une demande au niveau local ;

· enfin, ces universités ont également des budgets plus faibles que les plus grandes universités. Or les Instituts Confucius sont donnés « tout frais en main » aux établissements, et ils sont pour cette raison particulièrement intéressants d'un point de vue financier.

Ces deux derniers facteurs conduisent à un effet cliquet en faveur des Instituts Confucius : une fois que les universités ont accueilli un institut, elles peuvent difficilement revenir en arrière, sauf à perdre leur enseignement de la langue chinoise, et avec lui une part de leur attractivité et de leur projection à l'international. Dans un second temps, et de manière plus directe, cette dépendance conduit à se retrouver en position de faiblesse face aux exigences de la partie chinoise.

c) Le rôle ambigu des collectivités

Il a été ainsi rapporté à la mission des pressions de la part des Instituts Confucius de La Rochelle et d'Alsace : si les acteurs locaux souhaitaient que l'institut reste, alors ils devaient approfondir les relations entre les universités et l'institut. Dans le cas de l'institut d'Alsace, l'institut n'est pas rattaché à l'université de Strasbourg, et les pressions visaient donc à ce que l'institut soit intégré au sein de l'université.

L'implantation des Instituts Confucius est également vivement encouragée par les acteurs locaux. Les enjeux relatifs à leur installation vont en effet au-delà des conventions éducatives passées avec des universités chinoises : les relations établies avec la Chine participent au développement économique des territoires. Il s'agissait, outre de développer l'enseignement de la langue chinoise sur le territoire, de faciliter les relations avec les entreprises chinoises.

Il a été rapporté devant la mission par pratiquement tous les établissements disposant d'un Institut Confucius que la création et l'intégration de ces instituts a été promue par les collectivités territoriales. L'université d'Orléans a ainsi noté : « Quant à la métropole d'Orléans, elle partageait cette volonté de rapprochement avec la Chine. » Il est possible de citer également Karl Tombre, vice-président de l'Université de Lorraine : « La ville de Metz a été à nos côtés depuis le début, mais c'est vraiment une volonté commune de l'université de Metz de l'époque et de la collectivité qui a permis l'implantation de cet Institut Confucius à Metz. » Le journal régional L'Alsace souligne qu'en 2013 « Le conseil régional se fait pressant », et il rapporte ces propos de Marie Bizais-Lillig, maître de conférences en études chinoises à l'université de Strasbourg : « Ils voulaient une intégration pure et dure de l'Institut Confucius à l'université ».

Pour éviter les contresens, il est nécessaire de souligner que la conclusion de la mission n'est pas d'affirmer que les collectivités territoriales sont illégitimes pour inciter à ces partenariats. Il est normal au contraire que les collectivités territoriales se saisissent de ces questions, sachant qu'elles sont par ailleurs de plus en plus incitées à être proactives dans le développement économique de leur territoire, notamment depuis l'acte III de la décentralisation. Tout comme les universités, dont elles partagent la trajectoire d'autonomisation croissante, les collectivités font l'objet d'« injonctions contradictoires » concernant leur ouverture aux partenaires étrangers. Il faut donc rappeler que les coopérations avec la Chine ne sont pas à bannir, mais qu'elles doivent se faire de façon à ne pas se retrouver dans une situation de dépendance et à préserver les libertés académiques. En infra, la mission d'information recommande d'intégrer systématiquement le respect des libertés académiques dans les conventions passées avec des organismes liés à des États étrangers.

d) Quelle influence réelle ?

La question de l'influence des Instituts Confucius est complexe. Les personnes auditionnées s'accordent pour dire que les professeurs des instituts ne parlent pas directement de politique pendant les cours. Ce constat est cohérent avec le fait que la majorité des établissements auditionnés n'ont pas relevé devant la mission de problèmes de fonctionnement, même si la situation est variable.

Il est reconnu tout d'abord que des sujets sont activement évités, et en particulier les thèmes dits « sensibles » comme le Tibet, Taïwan ou la répression des Ouïghours. Des stratégies d'évitement sont intériorisées par les établissements et conduisent à de l'autocensure de la part des personnes participant aux activités de l'institut, pour reprendre le terme employé par Guillaume Giroir : « En revanche, on ne peut pas méconnaître l'autocensure. Si je voulais parler du Tibet au sein de l'Institut Confucius, cela risquerait de poser des problèmes. »

L'influence idéologique des instituts va toutefois en réalité au-delà des non-dits et de l'autocensure : elle s'exprime de manière directe dans les programmes et les manuels. En effet, ceux-ci sont validés par le gouvernement chinois, et ils ne font pas toujours l'objet d'un contrôle direct par les établissements d'enseignement supérieur. L'une des personnes auditionnées a même qualifié devant la mission ces manuels de « révisionnistes », et elle a donné l'exemple d'une «réécriture » de la guerre de Corée.

La difficulté est que les biais que peuvent comprendre les manuels et les programmes ne sont souvent pas discernables pour quelqu'un qui n'est pas spécialiste de la civilisation chinoise, et, faute d'un département d'études chinoises, les établissements ne disposent pas toujours de cette expertise. Cette difficulté est l'une des explications du fait que les problèmes de ce type soient rarement rapportés par les établissements.

Ce contrôle insuffisant des activités des Instituts Confucius s'explique également par le flou entourant leur statut juridique. Cette incertitude est citée comme l'un des principaux risques d'ingérence.

La majorité d'entre eux sont des associations sous le régime de la loi de 1901. D'autres, plus rares, ont été constitués en département d'université à part entière. L'université de la Réunion par exemple a fait le choix de faire de l'Institut Confucius un département afin de renforcer son encadrement. Anne-Françoise Zattara-Gros a ainsi expliqué devant la mission que : « Lors de sa création, nous avons souhaité qu'il soit un vrai département afin que l'ensemble des règles qui régissent l'université puissent s'y appliquer pleinement, de façon à encadrer le mieux possible toutes ses activités, y compris celles qui sont proposées par des partenaires telles que la Fédération des associations chinoises de La Réunion. »

Cependant, dans un grand nombre de cas, les instituts présents dans les locaux d'une université ne sont pas des départements d'études comme les autres, sans être pour autant des associations extérieures à l'université. Guillaume Giroir, le directeur de l'Institut Confucius de l'université d'Orléans, parle ainsi, au sujet de l'institut de son établissement, d'un « objet administratif mal identifié. »

Le statut juridique ambigu des instituts se retrouve dans l'organisation de leur direction. Ils sont pour la quasi-intégralité d'entre eux, en France mais aussi à l'international, dirigés par un binôme : un co-directeur de la nationalité du pays d'accueil et un co-directeur chinois. Ce double pilotage est présenté comme une garantie que le pays hôte garde toujours une forme de contrôle.

C'est ce système de double-direction qui encourage l'intégration des instituts au sein des établissements d'enseignement supérieur (s'il y avait seulement un directeur chinois, cette intégration serait pratiquement impossible), sans que le contrôle de leurs activités ne soit effectué de manière suffisante. Au lieu d'assurer un dialogue, cette division peut conduire à la constitution de « chasses gardées » au sein des instituts. En outre, Alain Labat a souligné devant la mission que les postes de directeurs d'Instituts Confucius ont été régulièrement attribués à des hauts cadres chinois à titre de récompense.

Pour cette raison, l'université de la Réunion a privilégié une direction monocéphale : « Auparavant, il y avait un exécutif à deux têtes avec un directeur chinois chargé de la pédagogie et un directeur français chargé des activités culturelles. Très vite, il y a eu des frictions et nous avons décidé de mettre en place une direction générale totalement assurée par un Français de l'université de la Réunion. Nous avons décidé de profiler ce poste. »

L'université de la Réunion n'est pas la seule à avoir connu des « frictions » entre les parties françaises et chinoises. Jean-François Balaudé, ancien président de l'université Paris-Nanterre, a rapporté devant la mission que les rapports avec les directeurs chinois successifs avaient connu des « hauts et des bas », et qu'en particulier les relations avec la dernière directrice avant la fermeture de l'institut « n'étaient pas très bonnes ». Alain Labat a également rapporté un clash entre la direction chinoise et l'université Lyon 3, au sujet du modèle financier de l'institut Confucius mais aussi de ses programmes, avant que celui-ci ne ferme.

e) Des têtes de pont trop visibles ?

Les conflits dans la direction des instituts ne sont cependant pas la norme, mais révèlent une faiblesse des instituts. Du point de vue chinois, selon les mots du chercheur Antoine Bondaz, ceux-ci deviennent « trop visibles ».

Les tentatives d'instituts visant à influer sur les programmes pédagogiques ont semble-t-il provoqué des conflits en Alsace, à Lyon ou à Nanterre. Jean-François Balaudé a évoqué la tentation de l'institut de prendre une place plus importante dans les cursus.

Après les fermetures médiatisées de certains Instituts Confucius, Alain Labat a souligné devant la mission que ceux-ci faisaient « profil bas ». Le rythme des ouvertures de nouveaux instituts s'est en effet ralenti depuis les dernières années, et la Chine ne les met plus autant en avant dans sa diplomatie culturelle.

Faute d'intégration plus poussée dans les universités, les instituts se sont dans la majorité des cas concentrés sur l'initiation à la langue chinoise. Leur public s'est donc peu élargi en dehors des retraités, des étudiants et des membres de la diaspora, ce dont ont témoigné à plusieurs reprises les universités auditionnées.

En ce sens, il est possible de parler de stratégie contrariée des instituts Confucius. La chercheuse Claudia Astarita arrive ainsi à la même conclusion qu'Antoine Bondaz : l'influence réelle des Instituts Confucius au niveau culturel et sur la recherche en Europe n'aurait pas été à la hauteur de ce qu'espérait le Hanban.

L'intérêt financier des Instituts Confucius pour les établissements d'enseignement supérieur est également à double tranchant. Si le gouvernement chinois finance la majeure partie de leurs coûts, leur maintien dans la durée mobilise aussi les crédits des universités françaises. À Nanterre, la balance dépenses/recettes de l'institut aurait été majoritairement négative. Surtout, les instituts occupent des locaux, qui sont une ressource précieuse pour les établissements. Jean-François Balaudé et Matthieu Gallou, président de l'université de Bretagne occidentale, ont tous les deux signalé que cet aspect purement matériel avait été un facteur déterminant dans la décision de fermer leurs instituts Confucius. Il est toutefois difficile de déterminer dans quelle mesure cette question des locaux en est la raison principale, ou un bon prétexte.

2. Une réorientation des Instituts Confucius vers l'économique qui appelle à la vigilance

Toujours est-il que face à cette « stratégie contrariée », il semblerait que la Chine ait, depuis le début des années 2010, réorienté les instituts Confucius vers les activités économiques.

La directrice de NEOMA Business School de Reims et de Rouen, Delphine Manceau, souligne que l'institut Confucius qui s'est installé au sein de l'établissement en 2014 est un institut « for business ». Une part significative de ses activités consiste à accompagner les entreprises chinoises qui voudraient s'implanter en France, et inversement.

Luigi Agrofoglio, le vice-président chargé des relations internationales de l'université d'Orléans a insisté sur le renforcement de la place de l'économique dans les activités des Instituts Confucius : « Ces dernières années, nous avons des demandes récurrentes, venues d'autres partenaires chinois, pour créer des écoles de commerce. Nous ressentons une réelle volonté de développer cette thématique » Le cas de l'European Business Confucius Institute est à ce titre particulièrement intéressant. Il a ouvert en 2017, et il est rattaché à ESCP Business School, mais il cherche en même temps à se présenter comme une école de commerce autonome.

L'université de Bretagne occidentale a également expliqué devant la mission que l'institut Confucius qui se trouvait dans ses locaux l'université de Bretagne occidentale a déménagé à la Brest Business School. Or cette école de commerce a été rachetée en 2017 par une entreprise chinoise, Weidong Cloud Education.

Ce recentrement des Instituts Confucius, et plus généralement de la stratégie d'influence de la Chine, sur l'économique s'inscrit dans le cadre du projet des nouvelles routes de la soie (Belt and Road Initiative). Anne-Françoise Zattara-Gros a souligné que l'université de la Réunion avait été approchée pour l'installation d'un « institut des nouvelles routes de la soie » : « Il existe une autre construction dont on parle moins, à savoir les instituts de la nouvelle route de la soie, qui devraient prendre leur essor dans les prochaines années. Nous avons été approchés voilà deux ou trois ans, lorsque la question de l'implantation d'un tel institut dans le bassin sud-ouest de l'océan Indien s'est posée. » Celui-ci devait fonctionner en synergie avec l'Institut Confucius de l'île.

Cette proposition découle naturellement de la position géographique de La Réunion à la périphérie des nouvelles routes de la soie. La Chine avait ainsi hésité pour la création de cet institut entre la région française et Maurice. Elle concerne aussi toutefois la France métropolitaine. Depuis son rachat par la Chine, l'un des principaux positionnements de la Brest Business School est désormais l'Afrique. Delphine Manceau, la directrice de NEOMA, a relevé devant la mission que : « s'agissant des relations économiques, nous organisons des séminaires et des tables rondes, dont les sujets peuvent être, par exemple, les nouvelles routes de la soie ou le développement des entreprises françaises en Chine. »

Ce recentrement des Instituts Confucius sur la coopération économique ne signifie pas pour autant que leur influence est devenue négligeable. Cette influence est certes plus faible dans l'immédiat, et sa composante idéologique est moins marquée, mais dans un deuxième temps, elle est au contraire renforcée. Elle appelle donc à la vigilance.

Premièrement, les Instituts Confucius « for business » ciblent spécifiquement les entrepreneurs et les cadres dirigeants, et exercent donc une influence au niveau du tissu économique local. Le président de l'université de Bretagne occidentale a ainsi souligné le « rôle territorial important » de la Brest Business School, même si celle-ci n'est pas considérée comme parmi les « grandes » écoles de commerce. L'accès par la Chine aux partenariats économiques à un niveau local est ainsi facilité. Des espaces économiques et des entreprises peuvent ainsi se retrouver sous dépendance chinoise, sur le modèle de ce qui se produit sur les nouvelles routes de la soie, même si à une échelle moindre.

Deuxièmement, les Instituts Confucius peuvent représenter une « première étape » pour la mise en place de partenariats et d'échanges avec les universités chinoises. Les instituts Confucius permettent aux établissements d'identifier des interlocuteurs pour des projets ultérieurs. Ce phénomène s'est renforcé avec la réforme de la gouvernance des instituts Confucius : le Hanban n'existe désormais plus en tant que tel, et les universités chinoises pilotent de manière plus directe les instituts Confucius. Dans l'autre sens, les Instituts Confucius peuvent également venir en appui à des partenariats existants. L'installation d'un institut peut répondre à une suggestion ou une demande de la partie chinoise. Ils participent donc à la création d'un « réseau » de partenariats avec les universités chinoises, dont il est difficile de se détacher en raison des nombreuses interdépendances, éducatives et financières, qui s'y jouent.

Troisièmement, l'implantation des instituts, y compris « for business » n'est pas neutre vis-à-vis des étudiants chinois et des événements qui peuvent être tenus sur le campus de l'établissement.

On a vu comment les influences chinoises ont conduit à l'annulation d'une conférence du Dalaï Lama à Sciences-Po en 2016. Dans d'autres pays, des pressions similaires ont été exercée par les Instituts Confucius. James Paterson a ainsi déclaré devant la mission : « Un exemple parmi d'autres : il y a quelques années, l'Institut Confucius de l'université de Sydney est parvenu à empêcher le Dalaï-Lama de s'exprimer au sein du campus. »

En ce qui concerne certains étudiants chinois critiques du régime présents au sein des établissements, James Paterson ajoute qu'ils voient les instituts comme des sources de pressions : « Surtout, il faut savoir que nombre d'étudiants chinois hostiles au régime de Pékin, qui sont présents sur le territoire australien, se sentent menacés par ces instituts. » Cette forme de contrôle sur les membres de la diaspora renvoie à une stratégie d'influence particulière de la Chine, qui est le système du Front uni.

Il est essentiel que les partenariats passés entre les établissements et les Instituts Confucius soient fondés sur une vision partagée des libertés académiques et de l'intégrité scientifique. Au-delà du cas de ces instituts, tous les partenariats passés par les établissements doivent être conçus de manière à permettre une collaboration respectueuse de nos valeurs.

Recommandation 19 : Inclure systématiquement une clause relative au respect des libertés académiques et de l'intégrité scientifique dans les conventions passées avec les institutions et entreprises extra-européennes.

3. Le Front uni : un système visant prioritairement la diaspora

L'influence de la Chine sur le monde académique est structurée par un organe qui est spécifique à la Chine, et dont l'action est moins visible que les instituts Confucius : le Front uni. Plusieurs rapports et travaux de recherche ont mis en avant ces dernières années l'action du Front uni, mais celui-ci reste encore mal connu.

Le Front uni est presque aussi ancien vieux que le Parti communiste chinois lui-même. Il a été mis en place en septembre 1923, sous la forme d'une alliance avec le Kuomintang de Sun Yat-sen dans l'objectif de stabiliser la Chine, qui était alors sous le contrôle des « seigneurs de guerre », et il s'acheva en 1927, faute d'entente entre les parties. Un nouveau Front uni rassemblant les communistes et les nationalistes fut actif entre 1937 et 1945 pour lutter contre le Japon.

Le Front uni n'a toutefois pas disparu après la Seconde Guerre mondiale. Si l'alliance avec le Kuomintang n'est bien entendu plus de mise, le Front uni a survécu jusqu'à nos jours, et son importance s'est accentuée après l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping.

Il n'est pas possible de donner une définition unique du Front uni, mais il est possible de le caractériser. En effet, le Front uni comporte trois dimensions :

Ø première dimension, le Front uni est un organe rattaché au parti. Il est dirigé par le quatrième membre du Comité permanent du Politburo, et il est supervisé par le « Petit Groupe de premier plan du front uni central ». Ses activités quotidiennes sont gérées par le Département du travail du Front uni ;

Ø deuxième dimension, le vocable désigne un ensemble d'activités, qui peuvent être menées par n'importe quelle personne, et non pas seulement par les agents du parti communiste. En effet, le Front uni est également une doctrine stratégique, qui consiste à « mobiliser ses amis pour neutraliser ses ennemis ». Cette distinction entre « amis » et « ennemis » est opérée parmi les non-membres du parti communiste chinois ;

Ø troisième dimension le Front uni désigne un système. Toute une nébuleuse d'acteurs peut lui être rattachée. À l'étranger, les ambassades et les consulats sont les relais principaux du Front uni, et il s'appuie également sur les associations de la diaspora, comme les associations professionnelles ou les associations étudiantes chinoises.

L'action du Front uni cible à la fois le territoire chinois, mais également l'extérieur.

À l'intérieur, le Front uni vise à prévenir la dissidence politique, et il gère également des institutions politiques chinoises. D'après Ralph Weber, dans un article publié le 13 décembre 2020 dans le journal suisse Le Temps47(*), sa principale plate-forme est la Conférence consultative politique du peuple chinois, et en accord avec la stratégie du Front uni, la Conférence inclut des personnes qui ne sont pas membres du parti.

À l'extérieur, le Front uni est un outil de contrôle de la diaspora, dont il faut rappeler qu'elle pose un risque existentiel pour le régime. Les membres de la diaspora sont incités à rejoindre les associations qui relèvent du Front uni et à avoir des contacts avec les ambassades et consulats. Cette stratégie est particulièrement agressive à l'égard des étudiants chinois.

Selon la chercheuse Claudia Astarita, les pressions les plus fortes exercées sur les étudiants chinois sont relatives à leur retour en Chine. La reconnaissance de l'équivalence des diplômes étrangers n'est en effet pas automatique par la Chine. Il est nécessaire qu'ils soient validés par les ambassades et les consulats, et cette validation n'est pas accordée à tout le monde.

Il est fortement « conseillé » que les étudiants adhèrent aux « bonnes associations », et qu'ils fassent des études et des stages dans des lieux intéressants pour le développement stratégique de leur pays. À cela il faut ajouter que beaucoup d'étudiants chinois viennent étudier en Europe car ils n'ont pas réussi à obtenir les bonnes universités en Chine, et certains car ils ont échoué à l'examen du Gaokao, qui permet d'accéder à l'enseignement supérieur. Les études à l'étranger apparaissent donc à ces étudiants comme une seconde chance pour suivre ensuite un cursus en Chine.

Il a été également rapporté à la mission qu'il avait été confié à des étudiants des missions de renseignement, surtout au sujet d'autres étudiants chinois qui auraient manifesté des opinions dissidentes ; le cas s'est présenté à de nombreuses reprises au moment des manifestations à Hong Kong contre l'amendement de la loi d'extradition. Des pressions et des menaces peuvent ensuite être exercées contre la famille de l'étudiant restée en Chine.

Les méthodes du Parti communiste chinois à cet égard sont proches de celles qu'utilisaient des régimes communistes au temps de la guerre froide. Le développement des moyens de renseignement et des technologies de l'information lui donne toutefois une portée particulièrement importante, et qui représente un véritable risque pour l'intégrité de la recherche française et de notre souveraineté nationale. Il a été rapporté en ce sens devant la mission que les moyens mis en oeuvre par la Chine dans le renseignement relatif au monde académique sont hors commune mesure par rapport aux autres pays.

La mission tient toutefois à rappeler qu'il ne s'agit pas ici de stigmatiser les étudiants chinois. Les chercheurs qui ont travaillé sur la question des étudiants chinois et qui ont eu l'occasion de s'entretenir « en off » avec eux relèvent tous que les étudiants sont conscients des pressions exercées par le Parti dans le cadre de la stratégie du Front uni, et qu'ils cherchent à composer au mieux avec celles-ci.

La chercheuse Claudia Astarita a en outre relevé que les difficultés d'intégration des étudiants chinois, et les rejets qu'ils ont pu connaître à la suite de la crise de la Covid-19, contribuent, non pas à protéger les intérêts de la France, mais au contraire à aggraver le phénomène.

Le Front uni fonctionne en synergie avec d'autres acteurs de l'État chinois. L'un des principaux est la ligue de la jeunesse communiste, qui n'est pas une organisation du parti mais une « organisation de masse », et qui fait de plus en plus d'opérations hors de ses frontières. Il coopère également avec le ministère de l'éducation chinois, et le Hanban, lorsque la structure existait encore sous ce nom (cf. schéma ci-après).

L'organisation du Front uni

Source : Mission d'information d'après les éléments recueillis au cours des auditions

4. Les programmes de recrutement par la Chine  de chercheurs: un sujet préoccupant

La Chine ne vise pas uniquement sa diaspora dans sa politique d'influence académique, mais également les nationaux. Selon l'analyste Kevina Mbonyinshuti le gouvernement chinois cherche à élargir son influence à l'ensemble de la sphère « sinophile », et les instituts Confucius sont encore chargés d'une partie de cette politique d'influence.

La Chine toutefois vise plus spécifiquement les chercheurs, à travers ses programmes de recrutement. Ces programmes consistent à offrir des conditions avantageuses aux chercheurs pour les inciter à venir s'installer en Chine. Alex Joske les décrit ainsi : « Sur le plan intérieur, ils [les programmes de recrutement de chercheurs] impliquent des conditions favorables pour que les scientifiques étrangers, indépendamment de leur origine, travaillent en Chine. Ces efforts sont parfois décrits par les sources officielles comme « construire des nids pour attirer les phénix ». »

Il s'agit d'un aspect essentiel de la stratégie économique de la Chine, et une composante essentielle du programme Made in China 2025 : en faisant venir les meilleurs chercheurs sur son sol, elle ne se situe plus seulement dans la perspective d'un rattrapage vis-à-vis des pays développés, mais elle cherche à les dépasser.

Cette volonté de recruter les meilleurs chercheurs n'est pas propre à la Chine. Les États-Unis sont connus pour chercher à recruter des chercheurs du monde entier en leur accordant des conditions de travail et de rémunération avantageuses, et la Chine s'est inspirée de ce modèle dans ses propres programmes de recrutement. La France dispose également de programmes pour attirer les chercheurs et les entrepreneurs étrangers, comme la stratégie Welcome to la French Tech dévoilée pendant l'été 2021.

La différence toutefois est que, dans le cas chinois, ces politiques de recrutement se mêlent aux politiques d'influence et d'espionnage. Ainsi, des chercheurs qui sont passés par ces programmes peuvent devenir dépendants de la Chine, que ce soit au niveau financier ou professionnel, et devenir des relais d'influence. En outre, la Chine « survalorise » les chercheurs qui adoptent certaines des thèses du gouvernement chinois, par exemple en minimisant la répression des Ouïghours. Il s'agit de ce qu'une des personnes auditionnées a appelé le « système des idiots utiles ».

Le plus connu des programmes de recrutement chinois est le « programme des mille talents. » James Paterson a indiqué devant la mission qu'un grand nombre d'établissements australiens ont été visés par ce programme : « Nos travaux ont également montré que beaucoup d'universitaires, y compris des chercheurs de l'Australian Research Council, avaient été ouvertement ciblés par le programme chinois de recrutement « 1 000 talents » ». Pour la France, plusieurs personnes auditionnées ont souligné le rôle du programme « 1 000 » talents dans l'influence chinoise sur le monde académique. Emmanuel Veron a à cet égard déclaré que le Front uni joue un rôle d'appui et de relais dans le programme 1000 talents.

Le programme « 1000 talents »

Le programme « 1000 talents » a été lancé en 2008 par le gouvernement chinois. Il visait initialement à recruter des chercheurs membres de la diaspora chinoise et s'est ouvert au fur-et-à-mesure aux chercheurs et aux entrepreneurs étrangers dans leur ensemble.

Le programme se concentre sur un certain nombre de secteurs stratégiques, comme les biotechnologies et les nouvelles technologies de l'information et de la communication, qui sont globalement les mêmes secteurs visés par le programme Made in China 2025.

Les chercheurs qui sont recrutés par ces programmes ont le droit à des rémunérations élevées, des avantages au niveau des visas et du logement, ainsi que du matériel, des locaux et des financements. Ce sont des conditions qui visent à « défier toute concurrence ». D'après le journal Le Monde, dans un article publié le 27 janvier 2019 : « Les frais divers, déménagement, assurance, scolarité, appartement, sont pris en charge par le programme, qui offre également une bourse de recherche de 5 millions de yuans aux lauréats. »

Le programme a déjà fait l'objet de plusieurs critiques de la part de gouvernements étrangers. En juin 2018, un rapport du National Intelligence Council (NIC) des États-Unis a notamment fait état de transferts de technologies sensibles et de violation de la propriété intellectuelle par le programme.

Ce programme n'est toutefois pas le seul programme de recrutement de la Chine. Alex Joske, de l'Australian Strategic Policy Institute (ASPI) en dénombre plus de 200. Le programme lui-même est organisé par un certain nombre de « stratégies » de « plans », et il est piloté par un grand nombre de structures, ce qui rend sa gouvernance difficilement lisible.

La multiplicité de ces programmes témoigne de la complexité de l'administration chinoise, mais aussi de la volonté de la Chine de « cacher » ses programmes de recrutement. Après les accusations des États-Unis de juin 2018, la Chine a renommé le programme « mille talents » par un nom plus générique, le « plan national de recrutement des experts étrangers de haut niveau », et surtout, elle l'a dissimulé derrière d'autres programmes, qui s'affichent plus ou moins ouvertement comme étant des programmes de recrutement de chercheurs. L'ASPI à nouveau a étudié une directive de septembre 2018 concernant les recrutements, dans laquelle il était indiqué que « les notices écrites ne doivent pas comprendre les mots « Plan 1 000 talents » ».

De plus, l'ASPI tient à jour une carte mondiale interactive des « stations de recrutement » et leurs liens avec les universités chinoises48(*). Selon cette agence, au total près de 600 stations sont recensées, dont 146 aux Etats-Unis, 57 en Australie ainsi qu'en Allemagne, et plus d'une quarantaine au Royaume-Uni, au Canada, au Japon et en France, cette dernière en comptant 46.

Carte des « stations de recrutement » identifiées par l'ASPI dans le monde

Carte des « stations de recrutement » en France

Source : ASPI

Il est difficile de mesurer l'impact réel du programme en France. La Direction générale du Trésor indique, dans un document publié le 4 novembre 2019, que le bilan du programme est en demi-teinte : « Si certaines études pointent vers un succès réel en matière de recrutement de « talents » à destination de l'industrie, le bilan apparaît plus mitigé en matière de recrutement de profils académiques ». Elle ajoute toutefois immédiatement après que le programme a été cependant déterminant pour le rattrapage de la Chine dans plusieurs secteurs : « certains pans de la recherche chinoise ont été presque intégralement « importés » depuis l'étranger via ce programme (c'est par exemple le cas du quantique). »

L'estimation du nombre de chercheurs français ayant participé à ces programmes est également complexe. Une enquête détaillée du journal Le Point, parue le 19 mars 2021 et intitulée « Comment Pékin profite de nos chercheurs », souligne qu'une note de l'ambassade de France en Chine avait identifié 20 chercheurs ayant adhéré au programme « 1 000 talents », mais le journal ajoute que leur nombre véritable est sans doute plus élevé, d'autant que les recrutements ne se font désormais plus sous le nom du programme « 1 000 talents ». Le Point donne ainsi une autre estimation, qui provient de l'ASPI, et qui montre que le nom du programme n'était pas dénué d'une certaine justesse : « Selon l'Aspi, un millier d'experts français pourraient avoir été recrutés au fil des ans par les filières chinoises. »

Il ne s'agit toutefois pas de renvoyer la faute aux chercheurs. L'attrait des programmes chinois s'explique notamment au regard des difficultés de financement des chercheurs en France. En outre, par manque d'information est de sensibilisation, l'écosystème de l'enseignement supérieur et de la recherche en Chine est encore mal connu des chercheurs, et en particulier la question de l'hybridation des technologies entre le civil et le militaire. Un chercheur peut ainsi aller travailler en Chine, sans que les liens entre son travail et l'industrie militaire chinoise ne lui apparaissent à aucun moment.


* 45 Le centre culturel de Chine comprenait un Institut Confucius, mais ce dernier n'est plus considéré comme une entité différente du centre culturel, et il n'est plus listé sur le site officiel des Instituts Confucius en France. Cependant, le centre culturel continue d'exercer l'ensemble des activités des Instituts Confucius, ce qui en fait un 18ème institut Confucius « de facto ».

* 46 Il faut garder à l'esprit que les différentes antennes sont souvent, dans leur fonctionnement, des Instituts Confucius autonome. Si l'on compte toutes les antennes comme des instituts, et que l'on exclut le centre culturel de Chine, on aboutit à 21 Instituts Confucius en France.

* 47 Source : Le Temps ; https://www.letemps.ch/opinions/front-uni-un-aspect-meconnu-presence-chinoise-suisse

* 48 Source : ASPI ( https://www.aspistrategist.org.au/turning-the-spotlight-on-chinas-global-effort-to-recruit-scientists/)