Allez au contenu, Allez à la navigation



20 mars 1997 : Des "stages diplômants" aux unités de première expérience professionnelle ( rapport d'information )

 


Retour Sommaire Suite

B. LA NAISSANCE D'UNE COMPETITIVITE STRUCTURELLE

Le concept de compétitivité structurelle est à mettre en relation avec celui de compétitivité-prix. La compétitivité structurelle est celle qui explique que le renchérissement de nos produits lié à l'appréciation relative de notre monnaie n'entraîne pas une baisse automatique de nos ventes.

Si nos produits ne bénéficient pas encore d'un "label de qualité" comparable à celui qui auréole les marchandises "made in Germany", il n'en reste pas moins que plusieurs facteurs jouent maintenant positivement en faveur d'une meilleure résistance de nos exportations à la variation des taux de change.

Cette meilleure résistance de notre commerce extérieur a été mise en lumière par rapport aux importants mouvements monétaires auxquels notre économie a été soumise depuis quelques années, qu'il s'agisse de la dépréciation tendancielle du dollar depuis la fin des années 1980 ou des dévaluations pratiquées récemment par l'Espagne, le Royaume-Uni ou l'Italie.

1. Une bonne "absorption" des dévaluations de rattrapage

L'analyse de ces dévaluations montre qu'en ce qui concerne la livre et la peseta, l'ensemble du mouvement de baisse depuis 1992 n'a fait qu'absorber la dérive des coûts salariaux que ces deux pays ont connue. Dans ces deux cas, il s'agit donc d'une simple restauration du niveau de compétitivité-prix.

Le cas de l'Italie, en revanche, traduit une toute autre situation, dans la mesure où l'ensemble des baisses du taux de change de la lire correspond à une véritable dévaluation compétitive, c'est-à-dire à un mouvement de baisse allant bien au-delà du simple rattrapage de la dérive des coûts au sein de l'économie italienne.

En termes de change réel, la lire se situe en effet aujourd'hui à un niveau qui est de 25 % inférieur à celui du début de 1992.

Les observations qui ont été faites sur les conséquences pour la France de ces dévaluations révèlent des effets contrastés. En ce qui concerne les pays dont les dévaluations n'ont constitué qu'un simple rattrapage de la dérive des coûts de production, il s'avère que la relance du niveau de leur activité économique a largement compensé leur surcroît de compétitivité sur les marchés tiers. Nos exportations vers l'Espagne par exemple ont connu de fortes progressions en 1994 et 1995.

2. Une difficile "digestion" des dévaluations compétitives

Notre situation par rapport aux pays ayant pratiqué une dévaluation compétitive est plus complexe. L'effet positif de ces dévaluations tient au bénéfice indirect qu'apporte à notre économie cette "désinflation importée", dont le phénomène a été décrit plus haut.

Pour sa part, l'effet négatif, qui se manifeste en raison du surcroît de compétitivité des produits de ces pays, doit être relativisé sur le plan chronologique et, dans une moindre mesure, sur le plan géographique. Dans le temps, les gains de compétitivité de nos partenaires ont tendance à se réduire dans la mesure où leurs dévaluations renchérissent la valeur de l'ensemble de leurs importations contribuant ainsi à une "'inflation importée". Dans l'espace, il convient de distinguer nos positions commerciales au sein de l'Union européenne, qui résistent bien, dans la mesure où la compétitivité de nos produits repose sur d'autres éléments que le seul prix ; de nos positions dans les pays en développement où nos parts de marché ont reculé.

Le principal impact négatif se mesure en réalité sur le plan sectoriel. Nos secteurs les plus fragilisés par la compétition internationale sont, en effet, les plus touchés par le regain de compétitivité de leurs concurrents italiens, espagnols et britanniques.

Il s'agit en particulier des secteurs du textile, de la chaussure, du jouet et du papier. En ce qui concerne les autres secteurs industriels, la bonne résistance de nos parts de marché en Europe, qui s'appuie largement sur notre forte présence industrielle et commerciale dans ces pays, s'oppose au recul de nos parts de marché hors d'Europe, où l'Italie, l'Espagne et la Grande-Bretagne sont parvenues à préserver leurs positions.

Ces analyses mettent en évidence que le choix d'une monnaie forte impose à notre pays de définir des orientations stratégiques pour que notre économie et notre société puissent affronter la mondialisation des échanges dans les meilleures conditions.

Retour Sommaire Suite