3. Les pays industrialisés doivent donc s'engager les premiers dans la
maîtrise des émissions, de manière suffisamment
crédible pour rallier les pays en
développement
Il
découle des constats précédents que
l'équité, comme la volonté de promouvoir des
relations diplomatiques apaisées entre les pays du Nord et ceux du Sud,
commandent aux pays industrialisés de s'engager les premiers dans la
maîtrise des émissions.
Toutefois, cet engagement sera peu utile s'il n'exerce pas d'effets
d'entraînement (politique et technologique) sur les pays en
développement.
Il importe donc que cet engagement soit crédible,
c'est-à-dire que les pays développés prennent des mesures
qui " démontrent [qu'ils] prennent l'initiative de modifier les
tendances à long terme des émissions anthropiques ", comme
l'énonce l'article 4 de la convention-cadre sur le changement
climatique. Les pays de l'OCDE doivent donc donner des " signes
forts " en matière d'effet de serre.
Par ailleurs, les pays industrialisés doivent privilégier les
instruments de maîtrise des émissions auxquels les pays en
développement pourront le plus aisément se rallier et qui
favorisent la diffusion des technologies économes en
énergie.
Enfin, le processus de maîtrise des émissions à
l'échelle internationale doit être équitable pour
être légitime, donc efficace. La France souligne à cet
égard avec constance lors des sommets internationaux que la
maîtrise des émissions doit s'accompagner d'une convergence
des niveaux d'émissions par habitant : il n'y a
aucune justification à ce qu'un Américain du Nord ait durablement
le " droit " d'émettre 25 fois plus de CO2 dans
l'atmosphère qu'un Africain.
A titre d'exemple, pour stabiliser la concentration de CO2 dans
l'atmosphère à 550 ppm (le double du niveau
préindustriel), la France estime ainsi que les émissions de
CO2 des pays industrialisés devraient converger à long
terme vers un niveau situé entre 1 et 2,7 tonnes de carbone par habitant
et par an.