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CARACTÉRISTIQUES ET SOURCES
DES PRINCIPAUX GAZ À EFFET DE SERRE D'ORIGINE HUMAINE
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Emissions anthropiques |
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Part dans le réchauffement anthropique de la planète (" le forçage radiatif "), en % |
Principales sources anthropiques d'émissions |
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CO2 |
26.000 |
120 |
64,2 % |
Utilisation d'énergie (80 %) et modification de l'utilisation des sols principalement déforestation (17,3 %), production de ciment (2,7 %). |
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CH4 |
300 |
10,5 |
19,3 % |
Production et utilisation d'énergie (25,9 %), fermentation entérique (23,9 %), rizières (17 %), déchets (7,4 %), décharges (10,8 %), combustion de biomasse (8 %), eaux usées domestiques (7,1 %). |
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CFC |
0,7 |
9,0 |
9,5 % |
Industrie (100 %), principalement réfrigérants, aérosols, agents d'expansion, solvants. |
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N2O |
6 |
132 |
4,0 % |
Combustion de combustibles fossiles (8,7 %), sols fertilisés (47,8 %), défrichage (17,4 %), production d'acide (15,2 %), combustion de biomasse. |
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Autres hydrocarbures halogénés (HFC, PFC) |
1,2 |
variable |
2,9 % |
Activités industrielles : applications comparables à celles des CFC et production d'aluminium |
Source : GIEC, 1990, 1992.
1. Les émissions de CO2 constituent la cause principale du changement climatique
Le
CO2 est, de loin, le plus important des gaz à effet de serre
d'origine anthropique : si l'on tient compte du pouvoir de
réchauffement des différents gaz, les émissions de
CO2 sont ainsi responsables des deux tiers du changement climatique,
et même de 80 % de l'effet de serre imputable aux pays
industrialisés.
Ces émissions de CO2 sont aujourd'hui en augmentation
rapide à l'échelle mondiale et, contrairement à d'autres
gaz à effet de serre, on ne connaît pas de procédés
efficaces de capture au bout du tuyau (" end of pipe ").
CAPTURE ET STOCKAGE DES REJETS DE CO2 17(*)
Il
existe déjà des technologies chimiques de capture de
CO2, mais leur coût est élevé (de l'ordre de 900
F/tonne de carbone). A moyen terme, d'autres technologies pourraient permettre
de réduire ces coûts. Cependant, le rendement d'une centrale
électrique thermique équipée de systèmes de capture
serait environ 15 % moindre, ce qui pourrait renchérir de 30 %
le coût du Kw/h produit. En outre, la capture du CO2
entraîne une surconsommation énergétique, donc une
surproduction de CO2. Enfin, ces technologies ne concerneraient que
les grandes installations fixes.
Le stockage de CO2 est envisagé dans des gisements
d'hydrocarbures épuisés, dans les nappes aquifères ou dans
les océans (cette dernière formule reposant sur l'idée
d'accélérer le processus naturel d'absorption du CO2
par les océans, en y injectant du CO2 et en espérant
qu'il y séjournera plusieurs centaines d'années avant de se
redégager dans l'atmosphère). Outre leurs difficultés
techniques et leur coût élevé (lié au transport du
CO2), ces injections, qui ne seraient d'ailleurs envisageables que
pour les émissions d'installations fixes (en raison de la
nécessité de récupérer le CO2
émis), présentent toutefois de nombreuses incertitudes quant
à leur impact sur l'environnement.
Par ailleurs, les effets du CO2 sur le climat sont relativement bien
identifiés, et la plupart des émissions de CO2 se
mesurent avec une précision suffisante pour constituer l'assiette
d'une taxe.
Enfin, les mesures d'atténuation des émissions de CO2
influent indirectement sur les émissions de méthane et
directement sur les émissions d'oxydes d'azote (NOx) et
d'oxydes de soufre (SOx).
En effet, une part significative des émissions de méthane
(grisou) sont liées à l'extraction du charbon, aux rejets dans
l'atmosphère à la sortie des puits de pétrole, et à
la distribution du gaz : en agissant sur les émissions de
CO2, donc sur la consommation d'énergie fossile, on
réduit indirectement les émissions de méthane. De
même, les émissions d'oxyde d'azote ou de soufre sont largement
liées à l'utilisation de combustibles, notamment dans les
véhicules automobiles.
Ces arguments plaident prioritairement en faveur de politiques de
maîtrise des émissions de CO2.
Il est cependant nécessaire de favoriser aussi le développement
des " puits " de carbone, c'est-à-dire d'une part de
réduire le déboisement, de préserver le couvert forestier
et de favoriser l'afforestation (le reboisement) ; d'autre part, de
promouvoir l'utilisation du bois, dans la construction ou
l'ameublement : non seulement le bois est un matériau qui
fixe le carbone, mais il se substitue pour partie à d'autres
matériaux (ciment, acier), dont la production émet des gaz
à effet de serre dans l'atmosphère.
La promotion des " puits " de carbone ne peut cependant se substituer
à long terme à une politique de maîtrise des
émissions, dans la mesure où le reboisement ne met pas un terme
aux émissions brutes de carbone et où il existe une limite
physique aux surfaces qui s'y prêtent.
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