Séance du 27 mai 1998
M. le président.
L'article 64 a été supprimé par l'Assemblée nationale.
Mais, par amendement n° 57, M. Lambert, au nom de la commission des finances,
propose de le rétablir dans la rédaction suivante :
« Les deux dernières phrases du premier alinéa du I de l'article 199
ter
B du code général des impôts sont remplacées par deux alinéas ainsi rédigés
:
« L'excédent est immédiatement remboursable pour les entreprises dont les
résultats bénéficient, en tout ou partie, de l'exonération prévue à la première
phrase du I de l'article 44
sexies. Dans les autres cas, l'excédent
constitue au profit de l'entreprise une créance sur l'Etat d'égal montant. La
créance est remboursée au terme des trois années suivant celle de la clôture de
l'exercice au titre duquel la créance a été constatée. Cette créance peut être
utilisée pour le paiement de l'impôt sur les bénéfices de l'entreprise dû au
titre des exercices clos au cours de ces trois années. Dans ce cas, la créance
n'est remboursée qu'à hauteur de la fraction qui n'a pas été utilisée dans ces
conditions.
« La créance est inaliénable et incessible, sauf dans les conditions prévues
par la loi n° 81-1 du 2 janvier 1981 facilitant le crédit aux entreprises, ou
dans les conditions fixées par décret. »
La parole est à M. Lambert, rapporteur.
M. Alain Lambert,
rapporteur. Il s'agit de rétablir l'article 64, qui vise à transformer
l'excédent de crédit d'impôt-recherche non imposable au titre de l'impôt sur
les bénéfices de l'entreprise en créances mobilisables auprès des
établissements de crédit.
C'est un article que nous devons à une initiative de notre collègue M. René
Tregouët.
J'imagine que le Gouvernement me demandera de retirer cet amendement puisque
l'initiative parlementaire ne semble plus guère avoir sa place dans
l'élaboration de la loi, le Gouvernement, comme d'ailleurs de précédents
gouvernements, préférant avoir lui-même l'initiative des dispositions
législatives.
M. le président.
Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Christian Sautter,
secrétaire d'Etat. Monsieur Lambert, le Gouvernement sait reconnaître ce
qu'il doit au débat parlementaire. Vous avez fait une proposition en matière de
crédit d'impôt-recherche qui n'est nullement dénuée d'intérêt mais qui est
simplement, du point de vue du Gouvernement, prématurée.
En effet, le dispositif du crédit d'impôt-recherche expire le 31 décembre
1998. Nous aurons donc l'occasion d'en parler lors de la discussion du projet
de loi de finances pour 1999. Un rapport d'évaluation sera transmis aux
commissions des deux assemblées avant le 30 juin 1998. Sachez que la réflexion
du Sénat sur ce sujet sera intégrée, autant qu'elle le mérite, au travail
d'élaboration du projet de loi de finances pour 1999.
Sous le bénéfice de ces observations, monsieur le rapporteur général, je vous
demande de bien vouloir retirer votre amendement, car une disposition en la
matière serait prématurée.
M. Emmanuel Hamel.
Le bien n'est jamais prématuré !
(Sourires.)
M. le président.
Monsieur le rapporteur, l'amendement est-il maintenu ?
M. Alain Lambert,
rapporteur. Ainsi que M. Hamel l'a fort justement dit, le bien n'est
jamais prématuré !
(Nouveaux sourires.)
M. le président.
Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 57, repoussé par le Gouvernement.
(L'amendement est adopté.)
M. le président.
En conséquence, l'article 64 est rétabli dans cette rédaction.
Article 66