SEANCE DU 17 OCTOBRE 2000


M. le président. Je suis d'abord saisi de dix amendements. qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Les deux premiers sont identiques.
L'amendement n° 15 est présenté par MM. Franchis, Huchon, Deneux, Souplet, Bécot, Machet, Moinard, Nogrix, Le Breton et Marquès.
L'amendement n° 385 est déposé par MM. Cornu, Courtois, Cazalet, Francis Giraud et Murat.
Tous deux tendent à insérer, après l'article 31 quinquies, un article additionnel ainsi rédigé :
« Le premier alinéa de l'article L. 124-2 du code de commerce est remplacé par trois alinéas ainsi rédigés :
« Les sociétés coopératives de commerçants peuvent admettre des tiers non associés à bénéficier de leurs services ou à participer à la réalisation des opérations entrant dans leur objet. Toutefois, cette faculté, qui doit être mentionnée dans les statuts, est réservée exclusivement aux tiers qui, compte tenu de leur implantation géograhique, n'ont pas la possibilité, de par la présente loi, de devenir associés de la coopérative.
« Les opérations effectuées avec des tiers non associés font l'objet d'une comptabilité séparée. Elles ne peuvent excéder le quart du chiffre d'affaires de la société coopérative. Si les comptes font apparaître un dépassement de cette proportion, la société dispose d'un délai d'un an pour régulariser la situation. »
La parole est à M. Franchis, pour présenter l'amendement n° 15.
M. Serge Franchis. Il s'agit d'un amendement de substitution à l'amendement n° 18, visant à permettre à tout commerçant détaillant régulièrement établi, quel que soit l'Etat où il est implanté, de devenir associé d'une coopération de commerçants.
M. le président. L'amendement n° 385 est-il soutenu ?...
Quel est l'avis de la commission sur l'amendement n° 15 ?
M. Philippe Marini, rapporteur. Nous abordons un domaine assez complexe : celui du droit des coopératives.
Avec l'amendement n° 15, nos collègues entament une véritable réforme de la loi du 11 juillet 1972 relative aux sociétés coopératives de commerçants détaillants. Madame le secrétaire d'Etat, je constate qu'en ayant adopté l'article 31 quinquies, qui assouplit les conditions dans lesquelles les coopératives peuvent mener une politique commerciale ou prendre des participations dans des sociétés, nous avons ouvert une brèche dans cette loi de 1972, brèche dans laquelle se précipitent maintenant un certain nombre de nos collègues, puisqu'ils ont pratiquement - et il faut saluer leur effort - réécrit cette loi !
Certes, l'enjeu est important : il s'agit de renforcer les coopératives de commerçants détaillants face aux centrales d'achat, notamment celles des grandes surfaces. En outre, il est clair que, sur ce sujet, la loi de 1972 a vécu et mérite une actualisation. Mais je dois vous confesser, mes chers collègues, madame le secrétaire d'Etat, que la commission des finances n'a pas disposé d'un temps raisonnable pour étudier ces propositions qui complètent un article du texte que nous avions examiné, ni de toute la culture requise pour nous faire vraiment une opinion fondée de la manière dont doit évoluer le droit des coopératives de commerçants détaillants et émettre un avis sur ce point complexe et technique qui nécessiterait toute une série d'auditions.
Il ne faudrait pas que la future loi sur les nouvelles régulations économiques, qui est déjà un patchwork, aux teintes chatoyantes, certes, mais un patchwork quant même, devienne un fourre-tout, même si, après avoir déjà examiné des dispositions relatives aux carburants, aux marchés publics et au droit des sociétés, sans parler de la composition du chocolat, nous devons encore aborder les problèmes relatifs au cinéma !
Quoi qu'il en soit, le sujet évoqué par nos collègues mérite un vrai débat de fond. Le texte qu'ils ont préparé pourrait très opportunément faire l'objet d'une proposition de loi et être certainement discuté le moment venu.
Pour cette raison, en plaidant coupable, en quelque sorte, je demande à nos collègues de bien vouloir retirer l'amendement n° 15 et les suivants, n°s 16, 17, 18 et 19, qui sont du même esprit. En effet, si nous les adoptions aujourd'hui, nous aurions le sentiment d'avoir travaillé trop vite, de ne pas avoir fait fonctionner correctement nos commissions ni utilisé les moyens d'appréciation qui sont à notre disposition.
M. le président. Monsieur Franchis, vos amendements sont-ils maintenus ?
M. Serge Franchis. Je me rends aux raisons de M. le rapporteur et je retire mes amendements. Mais les commerçants et les coopérateurs sont dans l'attente de textes allant dans le sens des dispositions proposées, textes que nous devons, monsieur le rapporteur, nous attacher à faire prévaloir. M. le président. L'amendement n° 15 est retiré.
Les deux amendements suivants sont identiques.
L'amendement n° 16 est présenté par MM. Franchis, Huchon, Deneux, Souplet, Bécot, Machet, Moinard, Nogrix, Le Breton et Marquès.
L'amendement n° 383 est déposé par MM. Cornu, Courtois, Cazalet, F. Giraud et Murat.
Tous deux tendent à insérer, après l'article 31 quinquies, un article additionnel ainsi rédigé :
« L'article 4 de la loi n° 72-652 du 11 juillet 1972 relative aux sociétés coopératives de commerçants détaillants est complété in fine par un alinéa ainsi rédigé :
« Les commerçants détaillants dont la coopérative est affiliée à une autre coopérative de commerçants détaillants peuvent bénéficier directement des services de cette dernière. »
L'amendement n° 16 est retiré.
L'amendement n° 383 est-il soutenu ?...
Les deux amendements suivants sont identiques.
L'amendement n° 17 est présenté par MM. Franchis, Huchon, Deneux, Souplet, Bécot, Machet, Moinard, Nogrix, Le Breton et Marquès.
L'amendement n° 381 est déposé par MM. Cornu, Courtois, Cazalet, F. Giraud et Murat.
Tous deux tendent, après l'article 31 quinquies, à insérer un article additionnel ainsi rédigé :
« Après l'article 4 de la loi n° 72-652 du 11 juillet 1972 relative aux sociétés coopératives de commerçants détaillants, sont insérés deux articles additionnels ainsi rédigés :
« Art. ... - L'admission de nouveaux associés est décidée par le conseil d'administration ou, s'il y a lieu, par le directoire, sur autorisation du conseil de surveillance. Cette décision est ratifiée, si les statuts le prévoient, par l'assemblée générale ordinaire.
« L'adhésion à la société coopérative entraîne pour l'associé :
« a) L'engagement d'utiliser les services de la coopérative. Les statuts de chaque société coopérative organisent la forme, la nature, la durée et les modalités de cet engagement ainsi que les sanctions applicables en cas d'inexécution ;
« b) L'obligation de souscrire le nombre de parts sociales prévues aux statuts qui pourra être fonction de l'engagement visé au a) du présent article ;
« c) Sa participation à titre bénévole ou rémunéré, dans le cadre de l'effort commun demandé aux associés conformément à l'article 1er de la présente loi, l'administration de la société coopérative par la mise à disposition de moyens et de compétences.
« Art. ... - Sans préjudice des conventions spécifiques susceptibles d'être conclues entre la coopérative et ses associés, un règlement intérieur, approuvé selon les conditions et modalités prévues aux statuts, pourra compléter ces dernières en ce qui concerne, notamment, les rapports entre la société et ses associés. »
L'amendement n° 17 est retiré.
L'amendement n° 381 est-il soutenu ?...
Les deux amendements suivants sont identiques.
L'amendement n° 18 est présenté par MM. Franchis, Huchon, Deneux, Souplet, Bécot, Machet, Moinard, Nogrix, Le Breton et Marquès.
L'amendement n° 384 est présenté par MM. Cornu, Courtois, Cazalet, F. Giraud et Murat.
Tous deux tendent à insérer, après l'article 31 quinquies, un article additionnel ainsi rédigé :
« Dans la première phrase du premier alinéa de l'article 4 de la loi n° 72-652 du 11 juillet 1972 relative aux sociétés coopératives de commerçants détaillants, les mots : "tout commerçant, exerçant le commerce de détail, régulièrement établi sur le territoire d'un Etat membre de la Communauté européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'espace économique européen," sont remplacés par les mots : "tout commerçant, régulièrement établi, exerçant le commerce de détail". »
L'amendement n° 18 est retiré.
L'amendement n° 384 est-il soutenu ?...
Les deux amendements suivants sont identiques.
L'amendement n° 19 est présenté par MM. Franchis, Huchon, Deneux, Souplet, Bécot, Machet, Moinard, Nogrix, Le Breton et Marquès.
L'amendement n° 382 est présenté par MM. Cornu, Courtois, Cazalet, F. Giraud et Murat.
Tous deux tendent à insérer, après l'article 31 quinquies, un article additionnel ainsi rédigé :
« Dans le deuxième alinéa de l'article 7 de la loi n° 72-652 du 11 juillet 1972 relative aux sociétés coopératives de commerçants détaillants, après les mots : "conseil de surveillance", sont insérés les mots : "à l'exception, éventuellement, de celles de leur président". »
L'amendement n° 19 est retiré.
L'amendement n° 382 est-il soutenu ?...
Par amendement n° 459, Mme Terrade, M. Loridant, Mme Beaudeau, M. Foucaud et les membres du groupe communiste républicain et citoyen proposent d'insérer, après l'article 31 quinquies, un article additionnel ainsi rédigé :
« Dans la première phrase du premier alinéa de l'article 8 de la loi n° 92-645 du 13 juillet 1992 fixant les conditions d'exercice des activités relatives à l'organisation et à la vente de voyages de séjours, après les mots : "but lucratif" sont insérés les mots : "non soumis aux impôts commerciaux". »
La parole est à Mme Beaudeau.
Mme Marie-Claude Beaudeau. Notre amendement n° 459 porte sur une question d'interprétation de l'instruction fiscale relative aux associations que ces associations souhaitent, d'ailleurs, voir préciser sur un point essentiel.
En effet, la loi 92-645 du 13 juillet 1992 fixant les conditions d'exercice des activités relatives à l'organisation et à la vente de voyages de séjours stipule, dans son article 8, que « les associations et organismes sans but lucratif ne peuvent effectuer les opérations mentionnées à l'article 1er qu'en faveur de leurs membres. Ils ne peuvent diffuser, à l'adresse d'autres personnes que leurs adhérents ou ressortissants, qu'une information générale sur leurs activités et leurs buts. Cette information peut être assortie d'exemples de voyages et de séjours, dans des conditions fixées par décret ».
Dans les faits, ces dispositions, au demeurant parfaitement compréhensibles - elles ne permettent pas aux organismes concernés de pratiquer la même publicité que les voyagistes strictement commerciaux - se télescopent aujourd'hui avec les dispositions de l'instruction fiscale « associations » de septembre 1999.
En effet, les associations, aux termes de l'instruction, se retrouvent imposées aux impôts commerciaux et ne jouissent pas pour autant du recours à la publicité que les voyagistes « commerciaux » peuvent bien naturellement utiliser.
Cet amendement vise donc à apporter une précision utile au texte de la loi de 1992 en recentrant l'interdiction de la pratique publicitaire sur les seuls organismes non soumis aux impôts commerciaux.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Philippe Marini, rapporteur. Cette suggestion est certes intéressante, mais quelque peu éloignée des principaux centres d'intérêts de ce projet de loi.
Mme Marie-Claude Beaudeau. Vous êtes sûrement capable de trouver d'autres arguments que ceux que vous avancez, monsieur le rapporteur !
M. Ivan Renar. Voilà pourquoi votre fille est muette ! (Sourires.)
M. Philippe Marini, rapporteur. La commission estime qu'il serait préférable de reprendre cette disposition à l'occasion de l'examen du projet de loi de finances. Nous aurons alors toute liberté pour examiner de telles questions.
D'ici là, la commission apprécierait, madame Beaudeau, que vous retiriez cet amendement.
M. le président. L'amendement est-il maintenu, madame Beaudeau ?
Mme Marie-Claude Beaudeau. Oui, monsieur le président.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
Mme Marylise Lebranchu, secrétaire d'Etat. Madame Beaudeau, j'ai l'impression que vous demandez davantage de précisions et qu'une réponse à une question écrite pourrait vous apporter les explications que vous souhaitiez sur les dispositions qui ont pu poser des problèmes.
Dans vos propos, vous évoquez le cas d'un organisme sans but lucratif désirant offrir des voyages à d'autres personnes que ses membres. Les associations qui interviennent dans le secteur du tourisme peuvent déjà, si elles désirent, vendre sans difficulté des voyages ou des séjours à d'autres personnes que leurs membres, et créer des filiales commerciales leur permettant d'assurer vis-à-vis des tiers non adhérents toutes les activités réalisées par un agent de voyages du secteur concurrentiel.
Il est vrai que certaines associations, de personnes âgées en particulier, organisent des voyages sans parvenir à remplir leurs cars, et c'est la raison pour laquelle elles proposent des voyages à des non-adhérents. Dans ce cas, elles leur font payer une cotisation d'adhérent parce qu'il n'existe pas d'autre solution en droit aujourd'hui.
En revanche, s'il s'agit d'activités pérennes, installées avec un village de vacances, il existe une obligation pour l'association à but non lucratif de créer une filiale qui réponde à tous les principes d'une entreprise commerciale.
Vous avez donc déjà satisfaction, madame Beaudeau, et c'est pourquoi je vous demande de retirer votre amendement n° 459.
Mme Marie-Claude Beaudeau. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à Mme Beaudeau.
Mme Marie-Claude Beaudeau. Madame la secrétaire d'Etat, j'ai bien entendu votre réponse, mais le problème est bien réel et persiste malgré la fameuse circulaire fiscale de septembre 1998, puisque toutes les associations de tourisme social à but non lucratif, quelles qu'elles soient, posent cette question.
Je vais toutefois retirer cet amendement, bien que vous n'ayez pris aucun engagement.
Une note de ma part vous permettra de mieux comprendre, à partir des dossiers qui m'ont été remis par ces associations, ce problème que je connais bien puisque je suis rapporteur spécial du budget du tourisme.
En outre, je ne crois pas m'avancer en disant que mon groupe déposera un amendement afin que cette question soit étudiée à nouveau lors de l'examen de la première partie du projet de loi de finances.
M. le président. L'amendement n° 459 est retiré.

Article 31 sexies