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CLEMENTEL Etienne

Ancien sénateur du Puy-de-Dôme

  • IIIème République

    Ancien sénateur de la
    IIIe République

Election

  • Elu le 11 janvier 1920
  • Réélu le 9 janvier 1927
  • Fin de mandat le 13 janvier 1936 ( Non réélu )

Extraits de la table nominative :

Biographie

1889-1940  (Extrait du «Jean Jolly»)

1889-1940

CLÉMENTEL (ETIENNE), né le 29 mars 1864 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), mort le 25 décembre 1936 à Prompsat (Puy-de-Dôme).

Député du Puy-de-Dôme de 1900 à 1919.

Sénateur du Puy-de-Dôme de 1920 à 1936.

Ministre des colonies du 24 janvier 1905 au 14 mars 1906.

Ministre de l'Agriculture du 22 mars au 9 décembre 1913.

Ministre des Finances du 9 au 13 juin 1914.

Ministre du Commerce et de l'Industrie du 29 octobre 1915 au 20 janvier 1920.

Ministre des Finances du 14 juin 1924 au 3 avril 1925.

Orphelin de père, Etienne Clémentel fut élevé par ses grands-parents, simples cultivateurs. Il fit ses études secondaires au collège des maristes de Riom, puis sa licence en droit en même temps que sa licence ès lettres. Il devint secrétaire d'Hippolyte Gomot, sénateur du Puy-de-Dôme.

Ayant un vif penchant pour la peinture, il entra dans l'atelier du peintre clermontois Carot, et prit des leçons de modelage chez le sculpteur Fulconnis en vue de son admission à l'Ecole des Baux-arts. Sous l'influence de sa famille il renonça à la carrière artistique, entra dans l'Enregistrement, fut receveur à Thiers et à Riom, tout en donnant des conférences sur Michelet et sur l'âme celtique. En 1889 il acheta une étude de notaire à Riom et devint président de sa chambre syndicale. Il remplit cette charge jusqu'en 1901.

Attiré par la politique, il se fit élire conseiller municipal, en 1892, puis adjoint au maire et maire de Riom. En 1910 il devenait conseiller général du Puy-de-Dôme pour le canton de Riom et il présida l'assemblée départementale de 1912 à 1930, date à laquelle il démissionna pour raisons de santé.

Il entra à la Chambre des Députés à la faveur d'une élection partielle qui eut lieu le 16 septembre 1900 dans la première circonscription de Riom, pour pourvoir au remplacement de M. Amédée Girard, décédé le 26 juillet précédent. Il emporta le siège au premier tour de scrutin, par 9.802 voix contre 4.593 à M. Bonnefoy. Inscrit au groupe de la gauche radicale, il appartint à diverses commissions spéciales, notamment à celle relative à la crise viticole. Il déposa un rapport au nom de cette dernière commission sur les questions se rapportant au régime des alcools (1902). Il rapporta également une proposition de loi tendant à établir un droit différentiel entre les alcools de fruits et les alcools industriels. Il se fit entendre dans la discussion des interpellations relatives aux sucres (1901), du projet et de la proposition de loi relatifs au régime de l'admission temporaire du froment (1901), du projet de loi tendant à compléter l'outillage national par l'exécution de voies navigables nouvelles (1902), du budget des finances et de la loi de finances de l'exercice 1902 (1902).

Réélu aux élections générales du 27 avril 1902, au premier tour de scrutin, par 10.010 voix contre 7.718 à M. de Chazelles sur 17.820 votants, il déclina la candidature aux fonctions de Secrétaire de la Chambre, qui venait de lui être offerte. Il siégea à la Commission des assurances et rentes viagères, à celle du budget pour les exercices 1903 et 1904, à celle des douanes et à celle de législation fiscale. Son activité fut intense. Il déposa deux propositions de loi sur : le recouvrement des droits de succession dus par les étrangers (1903) et la création de sociétés coopératives de production agricole (1903). Il rapporta le budget de la justice de l'exercice 1903 (1902), le budget de l'intérieur de l'exercice 1904 (1903), ainsi que plusieurs projets tendant à l'ouverture de crédits au Ministère de l'Intérieur (1904). Soutenant ces rapports à la tribune, il se fit tout de suite remarquer.

Le 24 janvier 1905, il fut nommé Ministre des Colonies dans le deuxième Cabinet Rouvier et conserva ce poste dans le troisième Cabinet Rouvier du 18 février 1906. En cette qualité il défendit le budget de son Ministère pour les exercices 1905 et 1906 et s'efforça d'orientée notre politique dans la voie de la collaboration avec les populations indigènes. Il démissionna le 9 mars 1906, en même temps que le Ministère et expédia les affaires courantes jusqu'au 14 mars.

Il retrouva son siège de député aux élections générales du 6 mai 1906, toujours au premier tour de scrutin, par 11.646 voix contre 303 à M. Sambat, sur 15.148 votants. Membre de la Commission des affaires extérieures, des protectorats et des colonies, de la Commission d'enquête sur la catastrophe de l'Iéna, de la Commission des usages industriels de l'alcool, et de celle du budget pour les exercices 1909 et 1910, il rapporta à ce dernier titre, le budget du commerce et de l'industrie de l'exercice 1909 et celui de la guerre de l'exercice 1910. A l'ouverture de la session ordinaire de 1909, il fut élu vice-président de la Chambre. Réélu en 1910, il le demeura jusqu'à la fin de la législature Il fut réélu député aux élections générales du 24 avril 1910, toujours au premier tour de scrutin et sans concurrent, par 12.350 voix, sur 14.576 votants. Il appartint à la Commission des crédits, à celle de l'agriculture et à celle du budget pour les exercices 1911, 1912 et 1913. Il rapporta le budget de la guerre et quelques cahiers de crédit et les soutint en séance publique. Le 22 mars 1913 il entra dans le Cabinet Barthou comme Ministre de l'Agriculture. En cette qualité il répondit à quelques questions orales et défendit le budget de son Ministère pour l'exercice 1913. Il démissionna avec tout le Cabinet le 2 décembre et expédia les affaires courantes jusqu'au 9 du même mois.

Ayant repris possession de son banc de député, il fut nommé Rapporteur général du budget et participa à ce titre à la discussion du budget général de l'exercice 1914.

Ses électeurs lui restèrent fidèles aux élections générales du 26 avril 1914 où il recueillit 12.160 voix contre 1.549 à M. Juncker, sur 14.840 votants, dès le premier tour de scrutin. Il entra à la Commission des crédits et à celle de l'agriculture. Le 9 juin de la même année, il fut nommé Ministre des Finances dans l'éphémère quatrième cabinet Alexandre Ribot qui démissionna le 13 juin. Redevenu simple député, Etienne Clémentel se vit à nouveau confier la vice-présidence de l'Assemblée et le rapport général du budget. En cette qualité, il soutint à la tribune le budget général de l'exercice 1914, modifié par le Sénat. A la fin de cette même année, il devint président de la Commission du budget pour ne le demeurer qu'un an, car le 29 octobre 1915, Aristide Briand lui confiait le portefeuille de Ministre du Commerce, de l'Industrie et des Postes et Télégraphes dans son cinquième cabinet. Il conserva ce portefeuille dans le sixième cabinet Briand du 12 décembre 1916 qui y joignit celui du travail et celui de l'agriculture, dans le cinquième cabinet Ribot du 20 mars 1917 (travail en moins), dans le premier cabinet Painlevé du 12 septembre 1917, et enfin dans le deuxième cabinet Clemenceau du 16 novembre 1917 qui y rattacha les transports maritimes et la marine marchande. En cette qualité, il réussit à procurer à l'agriculture le concours de travailleurs étrangères, puis, en 1916, conclut à Londres des accords dont l'application amena une baisse sensible des cours du blé. Il représenta la France avec Louis Loucheur dans le Conseil allié des transports maritimes et dans le Conseil interallié des matières premières. Titulaire du travail dans le sixième cabinet Briand, il mit au point une procédure obligatoire de conciliation et d'arbitrage dans les conflits du travail et l'étendit aux armateurs et marins pendant son passage au Ministère de la Marine marchande dans le deuxième cabinet Clemenceau. Il réforma en même temps l'enseignement professionnel maritime et créa l'Office technique et scientifique des pêches maritimes. La guerre terminée, son action aboutit au groupement des syndicats professionnels en une confédération devenue la Confédération générale de la production française, puis la Confédération générale du patronat français. Il constitua également des groupes régionaux de chambres de Commerce et une Chambre internationale du Commerce. Il s'employa enfin à la rénovation de l'artisanat.

Aux élections générales du 16 novembre 1919, qui eurent lieu au scrutin de liste, il subit un échec quoique Ministre, sur la liste d'Union républicaine et de réorganisation nationale, sur laquelle il occupait la quatrième place, et qui n'eut que deux élus. Il recueillit personnellement 36.264 voix, sur 111.873 votants. Il se retira de ce fait du Ministère Clemenceau le 27 novembre 1919 et fut remplacé par M. Louis Dubois.

Mais il prit sa revanche aux élections sénatoriales du 11 janvier 1920 où il emporta le siège de sénateur du Puy-de-Dôme au premier tour de scrutin, par 645 voix sur 1.089 votants. Il fut réélu au renouvellement du 9 janvier 1927, toujours au premier tour de scrutin, par 555 voix sur 1.090 votants. Auteur d'une proposition de résolution tendant à la nomination d'une commission chargée d'étudier les questions concernant l'organisation économique du pays, il appartint à, la Commission des finances, à celle de l'agriculture, à celle de l'apprentissage. Il s'intéressa à la protection de la propriété commerciale (1920), et entra à la Commission du commerce et de l'industrie, du travail et des postes dont il fut nommé président (1921) ; il fut en outre élu membre de la Commission plénière de l'Office national du crédit agricole (1921). Il participa à la discussion du budget général de l'exercice 1921, de l'exercice 1922 et rapporta le budget du commerce et de l'industrie de ce dernier exercice (1921). En 1922, il s'intéressa aux chambres de commerce des régions libérées, en 1923 à la taxe sur le chiffre d'affaires, à la vente et au nantissement des fonds de commerce et à l'arbitrage commercial dans les rapports internationaux.

En 1924, après le succès du cartel des gauches aux élections générales législatives, il fut nommé Ministre des Finances dans le premier cabinet Edouard Herriot du 14 juin. Mais en avril de l'année suivante, à la suite d'un désaccord public avec son président du Conseil dont les vues ne s accordaient pas avec les siennes sur les remèdes à apporter à une situation budgétaire difficile et à une trésorerie en péril, il donna sa démission le 3 avril 1925 et fut remplacé par Anatole de Monzie. Sept jours plus tard, d'ailleurs, le Ministère Herriot devait démissionner pour faire place au deuxième cabinet Paul Painlevé. Retourné à son banc de sénateur, il fut nommé vice-président de la Commission des finances (1925 et 1926). Il en devint président en 1927 et à ce titre participa à tous les débats budgétaires et financiers. Il appartint en outre à la Commission des colonies, protectorats et possessions ressortissant au Ministère des Colonies.

En octobre 1929, après la chute du onzième cabinet Aristide Briand, il fut pressenti par M. Gaston Doumergue, président de la République pour former le nouveau Gouvernement, mais échoua dans ses pourparlers. L'année suivante, la maladie le terrassa et l'obligea à prendre un long congé, et il n'obtint que 245 voix sur 1.121 votants aux élections sénatoriales du 20 octobre 1935.

Il vécut dès lors dans la retraite, s'adonnant à la peinture de portrait et de paysage qu'il n'avait jamais abandonnée pendant les heures de répit que lui laissait son mal. Il était l'ami de Rodin, de Monet et de Bourdelle.

Il mourut le 25 décembre 1936 à Prompsat (Puy-de-Dôme), âgé de 72 ans. Il avait écrit un drame lyrique sur Vercingétorix en collaboration avec J.-H. Lauwyck.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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Photo de M. Etienne CLEMENTEL, ancien sénateur
Etat-civil
Né le 29 mars 1864
Décédé le 25 décembre 1936
Profession
Notaire
Département
Puy-de-Dôme
  • Mis à jour le 21 novembre 2014