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JAVELLY Maxime

Ancien sénateur des Alpes de Haute-Provence

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Devenu Sénateur le 23 août 1969 (en remplacement de M. Emile AUBERT)
  • Elu le 26 septembre 1971
  • Fin de mandat le 28 septembre 1980 (ne se représente pas)

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires économiques
  • Membre du Groupe Socialiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

JAVELLY (Maxime)

Né le 5 novembre 1907 à Riez (Basses-Alpes)

Décédé le 26 février 1983 à Paris

Sénateur des Basses-Alpes de 1969 à 1980

A l'origine, rien ne prédisposait le sénateur Javelly à la politique. Issu d'un milieu modeste - son père était artisan - le jeune provençal né à Riez, terre de la lavande et du miel blond, se passionne pour la musique classique. Etudiant, il suit les cours du conservatoire de Marseille, ce qui le conduit à exercer dans les années 1930 la profession de chef d'orchestre.

C'est la résistance qui pousse le futur sénateur à l'engagement politique. Gaulliste de la première heure comme il aime à le rappeler à la tribune du Palais du Luxembourg, il joue un rôle majeur dans l'organisation de la lutte contre l'occupant dans son département des Basses-Alpes. A la Libération, auréolé de sa conduite exemplaire sous l'Occupation, Maxime Javelly adhère à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), pôle politique important dans cette région méridionale et foyer d'une résistance efficace autour de figures comme Gaston Defferre ou Francis Leenhardt. En parallèle de son activité de commerçant et d'éleveur, il se présente aux premières élections municipales et cantonales de la Libération. Ce « fils du peuple » est en effet convaincu, comme beaucoup de combattants de l'ombre, que le combat pour la diffusion des idéaux de la Résistance doit être mené. Elu conseiller général et maire de Riez, il devient rapidement une figure importante du département. Loué tant dans sa cité qu'au conseil général pour son dévouement, son sens politique et son inlassable activité en faveur du désenclavement du département, le futur sénateur, qui n'aime rien tant que jouer du violon à l'occasion des corsi de la lavande, envisage progressivement une carrière nationale. S'appuyant sur un ancrage local solide - marqué par ses multiples réélections - et un réseau socialiste solidement implanté en Provence-Côte-d'Azur derrière l'inamovible Gaston Defferre, il se retrouve, dans les années 1960, suppléant d'un proche de François Mitterrand, l'industriel Emile Aubert, sous l'étiquette de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS). En 1969, le décès brutal de cette forte personnalité, ancien résistant comme lui, le conduit au Sénat.

Sa première intervention dans l'hémicycle, le 23 octobre, est plus soucieuse de la défense des intérêts de son département que de la fidélité à l'idéologie économique d'un Parti socialiste alors en voie de rénovation. Sous la forme d'une question orale, le sénateur interpelle le ministre de l'économie, Valéry Giscard d'Estaing, sur la politique fiscale « inique » développée par le Gouvernement à l'encontre des collectivités. Tout au long des débats budgétaires, il plaidera pour l'allègement de la fiscalité sur les principaux produits agricoles de sa région : la lavande, le lavandin et le miel. Ces questions de fiscalité locale occupent principalement les deux premières années de son mandat au cours desquelles il n'a de cesse d'appeler à l'allègement des taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Dans la continuité de son activité des années 1950 au sein de l'Association des maires de France, le sénateur fait en effet du développement économique de sa région et de la défense des communes rurales la raison d'être de sa présence dans l'hémicycle. Vice-président du groupe d'études sénatorial pour l'aménagement rural, il aime à résumer son action par un triptyque simple : l'eau, le téléphone et l'électricité pour l'ensemble du monde rural français.

Maxime Javelly constitue donc l'archétype de ces parlementaires socialistes méridionaux dont la culture politique relève bien davantage du réformisme de la SFIO que de la « rupture avec le capitalisme » bientôt proclamée par François Mitterrand au congrès d'Epinay. Aisément réélu en 1971, il retrouve la commission des affaires économiques et siège également dans deux organismes importants pour le désenclavement du monde agricole : le fond national des adductions d'une part ; le fond de l'amortissement des charges d'électrification rurale - dont il est l'administrateur - d'autre part. A l'occasion d'une discussion sur le VIe Plan en juin, il plaide, non sans éloquence, pour le développement des infrastructures routières dans les Basses-Alpes et termine sa péroraison par une adresse vigoureuse au ministre des Transports, Jean Chamant : « Comprenez-nous un peu, nous les ruraux, car il n'est jamais trop tard pour bien faire ! »

La tribune du Palais du Luxembourg est également l'occasion pour lui de défendre un certain nombre de préoccupations plus personnelles. En décembre 1975, il propose, en présence du ministre du Travail, Michel Durafour, que les chefs d'orchestre, les musiciens et les chanteurs solistes bénéficient du même régime de protection sociale que les artistes créateurs tels que les compositeurs. Mais les propositions de l'ancien étudiant du conservatoire de Marseille sont rejetées, la commission et le ministre arguant de la difficulté juridique à considérer ces professions comme partie prenante du processus de création.

Dans les années 1977-1978, le sénateur Javelly apparaît comme un parlementaire particulièrement assidu. Il participe à de nombreuses commissions mixtes paritaires - sur la protection des consommateurs, sur la réforme de la loi agricole du 8 août 1962 - et se montre très actif dans l'examen des projets de loi de finances. Son propos prend en outre une coloration beaucoup plus politique dans une période où l'hypothèse d'une arrivée de la gauche socialiste au pouvoir apparaît crédible. Maxime Javelly introduit dans ses interventions des mots d'ordre chers au Parti d'Epinay et à l'esprit du Programme commun de gouvernement de 1972, comme la défense de la gestion démocratique de l'entreprise. Mais c'est bien l'entrée des campagnes dans la modernité qui demeure à ses yeux la priorité des priorités. Lors des débats sur la loi de finances en décembre 1978, il insiste encore sur le phénomène inquiétant de désertification des zones rurales et la nécessité d'y remédier par un investissement massif dans les infrastructures sociales. Un discours qui lui permet de réconcilier sa sensibilité réformiste avec les mots d'ordre de sa formation, alors soucieuse de réorienter l'investissement national vers les équipements collectifs.

A partir de 1979, l'activité du sénateur est de moindre intensité tant à l'échelon national que local. Au Palais du Luxembourg, pour la première fois depuis longtemps, il n'intervient pas dans les débats relatifs au projet de loi de finances. Dans son département bas-alpin, il poursuit la démarche entreprise deux ans plus tôt d'abandon progressif de ses mandats locaux. Après son départ de la mairie de Riez en 1977, il ne se représente pas en 1979 au Conseil général, un siège qu'il occupait sans discontinuer depuis 33 ans. Son influence demeure cependant : en avril, Maxime Javelly fait les gros titres de la presse locale pour son intervention directe auprès de Valéry Giscard d'Estaing qui lui permet d'obtenir le déblocage d'une subvention conséquente - 6,7 milliards de francs - destinée à combler le retard de développement du département. Dans l'hémicycle, l'ultime intervention du sénateur porte sur un sujet inhabituel pour lui : le durcissement de la règlementation des jeux d'argent à laquelle il se montre favorable du fait de leur danger pour la santé financière de ses concitoyens.

A la fin de son mandat, Maxime Javelly décide de ne pas se représenter aux élections sénatoriales de septembre. Un an avant son décès, son vieux camarade de la SFIO, Marcel Champeix, forte personnalité du groupe socialiste au Sénat, lui remet les insignes d'officier de la Légion d'honneur. Dans son éloge, il brosse un beau portrait d'un sénateur assidu - rappelant dans un clin d'oeil sa présence régulière aux séances de nuit -, travailleur et pragmatique. Le sénateur Javelly décède peu après cette cérémonie, le 26 février 1983, des suites de maladie.  

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Photo de M. Maxime JAVELLY, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe Socialiste
Etat-civil
Né le 5 novembre 1907
Décédé le 26 février 1983
Profession
Commerçant
Département
Alpes de Haute-Provence