LES COLLECTIVITES LOCALES ET LA CULTURE EN FRANCE ET AU JAPON



Palais du Luxembourg - 31 janvier 2008

CONCLUSION

M. Antoine JOLY, délégué pour l'action extérieure des collectivités locales au ministère des Affaires étrangères et européennes

Je remercie le président Valade. Je suis désolé de ne pas avoir été présent lorsqu'il a introduit ce colloque. Je venais de Munich, ville jumelée avec Bordeaux. S'il y avait une association des amis de la coopération décentralisée, je crois que M. Valade pourrait légitimement en briguer la présidence. Je le remercie pour son action et son aide à la promotion de la coopération des collectivités territoriales.

Il y a 20 ans, j'étais directeur général de la ville de Cannes. Mme Anne-Marie Dupuy, alors maire, m'avait confié une des missions les plus agréables de ma carrière en m'invitant à aller au Japon chercher une ville qu'il serait possible de jumeler avec Cannes.

M. Bruno LEPRAT

Pourquoi une telle initiative ?

M. Antoine JOLY

Mme Anne-Marie Dupuy ainsi que d'autres acteurs de la ville tels que les hôteliers se rendaient compte que se développait parmi les Japonais un tourisme plus individuel. Nous avions connu les cars de Japonais et leurs arrêts photo. Progressivement, les Japonais se sont manifestés comme de futurs adeptes du mouvement Slow Life. Il fallait à cet égard sans doute mieux faire connaître Cannes auprès d'eux.

Lorsque je me suis rendu au Japon, je me souviens avoir loué une voiture et avoir été gêné par les indications. Je ne connaissais alors qu'une phrase en japonais : « ceci n'est pas un journal » de ma méthode Assimil...

Plus sérieusement, je suis ravi d'être présent ce soir parmi vous pour deux grandes raisons. D'abord, pour établir une bonne coopération, tant en matière de coopération décentralisée que bilatérale, il faut prendre le temps de se connaître. Une rencontre comme celle d'aujourd'hui nous en donne l'occasion. Il y a en effet des différences. En France, mettrions-nous les arts traditionnels, l'hospitalité ou la Slow Life dans la culture ? Je l'ignore. Nous avons également observé des différences culturelles dans les présentations. Un Français affirmera que sa ville est la plus belle du pays ; un Japonais le montrera avec des photos. Nous avons beaucoup à apprendre sur ce plan-là.

Je voudrais à cet égard remercier le Sénat et CLAIR d'avoir pris l'initiative de cette rencontre, qui permet de mieux nous connaître.

La culture constitue par ailleurs certainement le moteur principal de la coopération menée par les collectivités territoriales. La culture, la volonté de s'ouvrir vers l'extérieur et de défendre une diversité culturelle sont les premières raisons pour lesquelles des élus locaux se lancent dans ce type de démarche. On l'oublie parfois, mais la culture est le ferment de l'action menée par les collectivités locales à l'international.

Le ministère des Affaires étrangères est tout à fait conscient que nous sommes en présence d'une coopération décentralisée ancienne et concernant essentiellement les villes. Les régions entreprennent peu à peu de telles démarches, puisque le dispositif administratif permet d'établir de telles relations. Ces quinze dernières années, nous avons connu des phénomènes de mode, notamment en faveur de la Chine. Je le dis d'autant plus volontiers que M. Valade est président du groupe d'amitié France-Japon, mais également du Comité Chine de la coopération décentralisée et de la Commission nationale de la coopération décentralisée.

Le 150 e anniversaire des relations diplomatiques franco-japonaises doit être l'occasion de relancer nos relations. L'Ambassadeur de France au Japon, le ministre des Affaires étrangères sont tous deux convaincus que les relations entre collectivités territoriales françaises et japonaises peuvent se révéler d'un apport considérable pour notre relation bilatérale.

C'est la raison pour laquelle nous avons proposé, de concert avec les collectivités françaises et les acteurs institutionnels comme CLAIR et l'Ambassade du Japon en France, de profiter de ce 150 e anniversaire pour organiser les premières rencontres de la coopération décentralisée franco-japonaise, qui se tiendront à la fin du mois d'octobre à Nancy.

M. Rossinot, dont la ville entretient depuis longtemps une coopération avec Kanazawa, a accepté d'accueillir ces rencontres qui rassembleront toutes les collectivités françaises et leurs partenaires. Nous évoquerons à cette occasion des problématiques culturelles, mais également d'autres sujets tels que la décentralisation, la grande vitesse, les problèmes de desserte des métropoles, l'attractivité des territoires, nos politiques de pôles de compétitivité, la coopération universitaire, la recherche, le développement économique local, le tourisme culturel urbain, le patrimoine, le pilotage des grands projets urbains et l'avenir des villes, les problématiques du centre-ville et les enjeux de la vie quotidienne, notamment le commerce de proximité, la piétonisation et la sécurité. Nous allons réfléchir sur ces thèmes pendant deux jours, entre Japonais et Français.

Nous avons des enjeux communs et de fortes responsabilités, en tant que collectivités territoriales, dans le cadre de la mondialisation. Nous sommes convaincus que les relations entre collectivités territoriales françaises et japonaises peuvent apporter beaucoup à la relation bilatérale entre nos deux pays.

On dit souvent en France que « la culture, c'est ce qui reste quand on a tout oublié ». Oublions le stress de la vie quotidienne, nos obligations professionnelles, le Sénat, les institutions et revenons à l'essentiel et à la Slow Life. Ceci me rappelle les vers d'un poète français, Paul Valéry, « Ô récompense après une pensée, Qu'un long regard sur le calme des dieux !  ». Le calme des dieux est japonais et français.

Je vous remercie pour cette journée.

M. Bruno LEPRAT

Merci.

Je vous rappelle que ce colloque était le quatrième organisé par le Service des Collectivités territoriales en partenariat avec le CLAIR.

Pour conclure, M. Tokisawa, comment traduit-on Slow Life en japonais ?

M. Tadashi TOKISAWA

En japonais, nous utilisons le même terme qu'en anglais : Slow Life.

M. Bruno LEPRAT

Je vous suggère d'applaudir plus spécifiquement nos deux élus du Japon, qui ont beaucoup travaillé leur présentation et ont fait un long voyage pour être présents parmi nous avant de repartir dans leur collectivité où ils sont certainement de précieux artisans du développement.

Je remercie encore une fois tous nos intervenants. Je vous remercie, Mesdames et Messieurs, de votre attention.

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