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Mission "Aide publique au développement" - Compte spécial : "Prêts à des Etats étrangers"

M. Yvon COLLIN et Mme Fabienne KELLER, rapporteurs spéciaux

EXAMEN DE L'ARTICLE RATTACHÉ

Article 62
(Art. 64 de la loi n° 91-1323 du 30 décembre 1991
de finances rectificative pour 1991)

Majoration du plafond d'autorisation d'annulations de dettes
aux Etats bénéficiant de l'initiative en faveur des pays pauvres
très endettés (PPTE)

Commentaire : le présent article relève le plafond d'autorisation d'annulations de dettes aux PPTE afin de tenir compte des annulations prévues en 2013.

I. LE DROIT EXISTANT

Le législateur a prévu deux plafonds d'autorisations de remises de dettes à destination des pays débiteurs de la France, dans la limite desquels le ministre chargé de l'économie est autorisé à accorder des annulations de dettes.

Celles-ci peuvent résulter des engagements pris par la France dans un cadre multilatéral (Club de Paris notamment) ou de manière bilatérale.

Ainsi, le I de l'article 64 de la loi n° 91-1323 du 30 décembre 1991
de finances rectificative pour 1991 prévoit un plafond pour les annulations de dettes qui peuvent être accordées par la France dans le cadre du Club de Paris aux pays éligibles aux concours de l'Association internationale pour le développement. Ce premier plafond s'élève à 18,7 milliards d'euros.

Le II du même article prévoit un second plafond pour les remises de dettes additionnelles accordées par la France aux pays pauvres très endettés, qui s'élève à 2,650 milliards d'euros.

II. LE DISPOSITIF PROPOSÉ

Le montant des annulations de dettes additionnelles accordées par la France, depuis la mise en place du plafond précité, s'élevait à 1,746 milliard d'euros au 31 décembre 2011.

Il devrait atteindre 2,352 milliards d'euros fin 2012, du fait notamment de l'allègement de la dette de la Côte-d'Ivoire.

En 2013, les montants à annuler devraient s'élever à 450 millions d'euros (dont 350 millions pour la Côte-d'Ivoire), ce qui porterait le total à 2,802 milliards d'euros.

Afin de ne pas être limité par le plafond, le présent article vise donc à le relever à 2,850 milliards d'euros.

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L'Assemblée nationale a adopté cet article sans modification.

II. LA POSITION DE VOS RAPPORTEURS SPÉCIAUX

Le relèvement du plafond des autorisations d'annulation de dette en faveur des pays pauvres très endettés est une nécessité « mécanique », qui découle des engagements internationaux de la France en matière d'annulation de dettes. Vos rapporteurs spéciaux vous invitent donc à adopter cet article sans modification.

Ils soulignent que ce relèvement du plafond n'a pas d'incidence budgétaire en lui-même, dans la mesure où l'impact budgétaire des remises de dettes est retracé sur le programme 110 de la mission « Aide publique au développement » et par le programme 852 du compte spécial « Prêts à des Etats étrangers ».

Décision de la commission : vos rapporteurs spéciaux préconisent de proposer au Sénat d'adopter cet article sans modification.