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1914-1918 : LA GRANDE GUERRE VUE DES COMMISSIONS DU SENAT

Lors de la séance du 22 octobre, René LE HERISSE déclare qu' « aujourd'hui, on veut recruter 150 000 hommes : c'est une véritable folie ; il faudra employer le système de la contrainte, de la presse ; on risque de mettre la colonie à feu et à sang ! » Gaston DOUMERGUE, ministre des colonies, est entendu le 26 octobre à ce sujet, sur fond d'émeutes dans le Haut-Sénégal et au Niger. Pour augmenter les effectifs, il « prescrit d'abaisser la taille minima des recrues, de payer les primes sur place, d'évacuer rapidement les engagés vers les centres d'instruction, de les grouper par races de façon à pouvoir les instruire plus facilement et plus rapidement ».


"La Guerre" T.I I - Doc. section photographique de l'armée - S177277

La sous-commission du recrutement est créée en octobre 1915 au sein de la commission de l'armée, pour contrôler la mise en place de l'armée indigène. Au cours de la séance du 22 octobre 1915, Henry Bérenger parle de la « grande légèreté et complète négligence de l'opinion du Sénat et de sa commission de l'armée. La Chambre des députés, en effet, sur la proposition de quelques « coloniaux en chambre » a engagé tout un système de recrutement des troupes indigènes, système absolument contraire aux principes de liberté et même à l'esprit militaire. » Le même : « La commission du budget de la Chambre s'est saisie de cette affaire comme si elle était un organe du pouvoir exécutif. Le Sénat et ses commissions ne sauraient abdiquer le droit de contrôle qui leur appartient. »

Dans son rapport du 26 novembre 1915, Henry BERENGER énumère les annonces gouvernementales en ajoutant qu' « il ne suffit pas de décréter une armée pour qu'elle existe. La contribution militaire des colonies n'est pas une conception de l'esprit. On ne la multipliera pas par la simple vertu magique d'arrêtés ministériels ou de lois parlementaires. »

La commission demande des « mesures immédiates pour créer les cadres, le matériel d'armement, d'habillement et de campement ainsi que les services de transport de ces nouveaux effectifs indigènes. »