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Colloque "Caucase, Asie centrale : la dynamique Caspienne" (10 avril 2008)



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Les chemins des steppes

Aymeri de MONTESQUIOU,
Sénateur, Président délégué pour le Kazakhstan
du groupe interparlementaire d'amitié France-Asie centrale

Je souhaite vous faire partager mon intérêt pour une région encore, malheureusement, inconnue des entreprises françaises. Il s'agit d'une zone stratégique essentielle, située aux confluents des grandes civilisations de Russie, de Chine, de Turquie et de Perse, et dont la France est en train de redécouvrir l'importance après l'avoir négligée pendant longtemps.

Cette région, jusqu'alors enclavée, devient aujourd'hui une zone de transit, ayant besoin de pipelines pour l'exploitation de ses richesses. Ses territoires recèlent des hydrocarbures en grande quantité, au Kazakhstan et au Turkménistan notamment. La mer Caspienne représente au total entre 8 et 10 % des réserves mondiales de gaz. Elle compte des poches de pétrole importantes. Ainsi, le Kazakhstan produit aujourd'hui 1 million de barils de pétrole par jour, quantité qu'il multipliera par trois dans quinze ans pour devenir un producteur comparable au Venezuela. Ce fait est d'autant plus remarquable que les hydrocarbures représentent maintenant une ressource rare. Peu de nouveaux gisements sont identifiés de nos jours. Le dernier à avoir été repéré se trouve à Kashagan. Il est exploité en consortium par des entreprises comme Total et Agip.

La croissance universelle de la consommation d'énergie fait ainsi de la zone Caspienne un territoire à forts enjeux et appelé à être de plus en plus exploité. De nouveaux gisements sont susceptibles d'y être découverts, accroissant encore son intérêt stratégique.

La France, malheureusement, ne s'est guère intéressée à cette région, alors que l'Union européenne, plus sagement, a déclaré cette zone prioritaire. J'espère que la Présidence française de l'UE permettra de changer la donne et de saisir enfin les opportunités qu'offre ce vaste territoire et dont a pu profiter Gazprom qui en signant un contrat avec les trois principaux pays producteurs de gaz : l'Ouzbékistan, le Turkménistan et le Kazakhstan. Ce dernier Etat avait pourtant, il y a 2 ans, lors d'une réunion de la CEI, fait part de son souhait de voir son gaz directement exporté vers l'Union européenne. Il n'a pas été entendu alors que 50% du gaz et 20% du pétrole consommés en Europe proviennent de Russie.

La plupart des pipelines transitent par la Russie. Ils s'étendent sur 6 000 kilomètres et vers la Chine. Je considère, pour ma part, que la meilleure route de transport des hydrocarbures passe par l'Iran. Le gouvernement américain est opposé à cette voie, pas les compagnies américaines. La France devrait s'intéresser à cette option. Les ports du Pacifique sont en effet saturés. La Chine en a pris acte et envisage de recourir au secteur ferroviaire. Elle songe à exporter ses marchandises vers l'Union européenne et la côte Est des Etats-Unis par chemin de fer. La route de la soie pourrait ainsi renaître.

De la salle

Quel trajet emprunterait ce chemin de fer ?

Aymeri de MONTESQUIOU

Cette ligne pourrait partir de Chine, passer par le Kirghizistan, l'Ouzbékistan et l'Afghanistan, puis par le Nord ou par le Sud. Dans ce dernier cas de figure, elle traverserait l'Iran et la Turquie.

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