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Colloque "Caucase, Asie centrale : la dynamique Caspienne" (10 avril 2008)



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Asie centrale : hydrocarbures, la nouvelle route de la soie

Daniel PATAT,
Chef de la Mission économique à Almaty

Tous les pays de la région dont il est question ont la mer Caspienne en partage, ainsi que son enclavement. Ils possèdent tous l'avantage d'avoir des ressources naturelles, lesquelles peuvent leur permettre de sortir de leur isolement.

Les pays d'Asie centrale, après avoir acquis leur indépendance au début des années 90, ont tous cherché à profiter de leur nouvelle souveraineté pour investir. Toutefois, à ce jour, ils cherchent encore leur voie, leur histoire et leur ancien partenariat avec le voisin russe ne les aidant pas à s'affirmer et leur imposant un certain nombre de contraintes. La Russie n'entend pas perdre la main sur ces pays et si, en 2005, Gazprom négociait encore des contrats d'embarquement de gaz avec ces pays producteurs à hauteur de 45-65 $ le millier de m3, elle a augmenté progressivement ce prix qui atteint aujourd'hui un niveau comparable à celui du marché d'il y a deux ans. La volonté des Européens d'assurer la sécurité de leur approvisionnement joue très probablement un rôle dans cette évolution, comme le comportement de la Chine. Celle-ci, en effet, construit un gazoduc long d'à peu près 7 000 km, qui joindra Shanghai au Turkménistan en 2011 et charriera, dès sa mise en fonctionnement, une dizaine de milliards de m3 de gaz. La Russie a donc compris que, pour respecter ses engagements vis-à-vis de l'Europe Occidentale, elle doit augmenter ses capacités de livraisons et celles de l'Asie centrale.

Parler de la route de la soie témoigne du regard d'ensemble qu'UbiFrance et ses missions économiques portent sur la Région. Soutenir un développement économique robuste dans cette zone implique de ne pas se reposer uniquement sur le pétrole. Ce constat est vrai pour le Kazakhstan, dont la rente pétrolière est considérable en regard de sa population. L'or noir constitue une opportunité pour un tel pays. Cependant, si les ressources énergétiques représentent un véritable facteur de désenclavement pour les Etats concernés, cet enclavement et l'insuffisante intégration économique régionale ne favorisent pas leur diversification économique. L'investissement dans les secteurs primaires et secondaires ne va pas de soi, même s'il est porté par ces pays.

Le Kazakhstan connaît une très forte croissance de son PIB. Il est devenu un gros consommateur de produits haut de gamme, pour lesquels la France a beaucoup d'atouts et que nous essayons de faire valoir dans ce pays en répondant à des demandes émergentes ; un secteur du luxe servant à promouvoir les autres produits français et donc à aider les entreprises hexagonales à se saisir des nombreuses opportunités qui s'offrent à elles dans les pays de la région Caspienne.

Le secteur ferroviaire a un rôle à jouer dans le développement de la zone. Ainsi, les Chinois poussent en avant la réalisation du projet de ligne transcontinentale, qui passerait par le Sud ou par le Kazakhstan, avant de remonter en Russie. Cette ligne relierait Shanghai aux marchés occidentaux en 17 jours, contre 50 jours aujourd'hui par voie maritime.

Dans le domaine routier, beaucoup reste à faire en Asie centrale, en Ouzbékistan notamment. Toutefois, les pays de cette zone ne veulent pas investir directement. Ils cherchent des partenaires. Mais ils ont beaucoup de difficultés à en trouver et il est probable qu'ils soient obligés à terme de consentir à des investissements.

Les Etats de la zone Caspienne ont aussi en partage les eaux des montagnes du Pamir et du Tian-Chan. Ces ressources seront, pour eux, un véritable facteur de développement. Elles représentent le socle de l'économie du Kazakhstan, du Turkménistan et de l'Ouzbékistan et la clef du développement de l'agriculture et de l'agro-industrie dans l'ensemble de la zone.

L'Ouzbékistan, pays peu souvent cité, bénéficie pourtant d'énormes potentialités, même s'il n'a pas choisi d'ouvrir son économie de manière aussi résolue que le Kazakhstan.

Le gouvernement français porte un grand intérêt à cette région, comme en atteste la prochaine visite de Madame IDRAC et l'idée partagée avec le Kazakhstan de mettre en place une commission mixte, susceptible d'avoir un rôle moteur sur un certain nombre de projets. L'Ouzbékistan a aussi fait savoir sa volonté d'accueillir de nouveaux investissements émanant de la France.

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