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Colloque "Caucase, Asie centrale : la dynamique Caspienne" (10 avril 2008)



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Azerbaïdjan : déclinaison de la manne pétrolière ;
Géorgie : réformes encore

Alexandre TROUBETZKOY,
Chef de la Mission économique à Bakou

La manne pétrolière dont profite aujourd'hui l'Azerbaïdjan est apparue soudainement. Elle ne cesse de croître et devrait avoisiner entre 150 et 200 Mds $ dans les dix prochaines années, un afflux de devises et de richesses difficile à gérer pour le pays, à l'écoute d'ailleurs des conseils du FMI.

Si sa croissance économique est la plus forte du monde, son taux d'inflation a atteint 20 % en 2007, une grande partie de ces richesses alimentant son fonds pétrolier : Azerbaïdjan Investments Company. Si ce pays avait pris beaucoup de retard au sein de l'URSS, il a ensuite tardé à réformer. Le gouvernement souhaite donc investir pour combler ce retard et atteindre le niveau de l'Europe, concernant ses moyens de communication et ses infrastructures. Il s'agit d'un objectif très ambitieux, nécessitant de refaire entièrement les systèmes routier, ferroviaire et portuaire, ainsi que les réseaux de transports urbains, du pays.

L'Azerbaïdjan a beaucoup changé. Il offre des opportunités d'investissement phénoménales dans de multiples domaines. A Bakou, la vigueur du secteur de la construction frappe les esprits. Elle est alimentée par des entreprises, certes locales, mais aussi turques et russes. Des débouchés existent pour les entreprises qui voudraient équiper les bâtiments. Or peu d'acteurs français sont sur place. Nous le déplorons cette situation, d'autant plus que l'Ambassade et la Mission économique sont là pour aider les investisseurs potentiels.

Actuellement, les projets économiques et commerciaux se multiplient. Ils concernent le pétrole avec Total, la construction d'un incinérateur d'ordures pour une somme proche de 350 M€, la vente d'équipements et de services et le développement du champ de Kashagan au Kazakhstan, ces derniers projets étant menés en lien avec des entreprises azerbaïdjanaises et Technip. Nous dialoguons avec la compagnie aérienne Azal, à laquelle nous vendons régulièrement des Airbus et des hélicoptères. Les banques françaises sont aussi très présentes dans ce pays. Elles passent des accords dans les domaines des routes, du pétrole et de l'énergie électrique. Malgré tout, nos flux économiques avec l'Azerbaïdjan demeurent modestes, même s'ils ont tendance à croître de manière significative. Nos échanges avec ce pays ont représenté, en exportations, 100 M€ et, en importations, 7 Mds € en 2007, cette dernière somme se nourrissant de l'achat de produits pétroliers.

Pour la Géorgie, le niveau de l'inflation a ne pas dépasser est maintenant fixé par la Banque nationale et l'Assemblée nationale. Ce pays est animé d'un esprit réformateur extrêmement volontariste et partagé par toute la population. Après avoir connu un passage difficile après l'obtention de son indépendance, il a su se ressaisir et attirer de nombreuses entreprises étrangères, dont les investissements sont passés de 500 M$ en 2005 à 1,2 Mds $ en 2006 et à 1,7 Mds $ en 2007. Le pays inspire confiance. Du coup, les organismes multilatéraux lui accordent des programmes d'aide au développement réguliers, pour lesquels la Banque mondiale et la BERD se montrent satisfaites de l'évolution. Je fais abstraction ici des problèmes politiques qui doivent résolus pour permettre au pays de continuer à se développer et à attirer des investisseurs français, insuffisamment présents à ce jour. Seuls la Société Générale et Pernod Ricard ont investi ce marché de manière importante. Toutefois, ils ont souffert de l'embargo russe, comme Castel, reparti dans la bonne direction après avoir connu quelques difficultés.

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