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Colloque sur le Maroc (15 décembre 2005)



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Relations économiques franco-marocaines, relations avec l'Union européenne et autres accords commerciaux :
perspectives et freins pour les entreprises françaises

Patrick HERVÉ
Chef de la Mission économique de Casablanca

Dix accords de libre échange lient le Maroc à d'autres pays ou à des groupes de pays. Plus de 80 % du commerce marocain est réalisé dans le cadre de ces accords et l'Union européenne constitue un partenaire majeur du Maroc. L'accord d'association avec l'Union européenne porte principalement sur les produits industriels. Les biens marocains entrent actuellement en franchise de droits de douane dans l'Union européenne, avec la possibilité de cumul paneuroméditerranéen. Les biens d'équipement, biens intermédiaires et matières premières entrent également en franchise de droits de douane. Concernant les produits sensibles fabriqués au Maroc, il existe un abattement de 30 % qui passera à 40 % le 1e mars 2006.

Dans le domaine agricole, la libéralisation s'avère plus limitée. Elle est fondée sur des listes positives de produits, pour lesquels sont mis en place des contingents tarifaires à taux réduits. Les services, comme l'agriculture, feront l'objet d'accords complémentaires dont les feuilles de route devront être tracées dans les prochains mois. Un autre accord majeur lie le Maroc aux Etats-Unis mais n'est toujours pas entré en vigueur. Ceci devrait être fait au 1er janvier 2006. Il s'agit d'un accord plus large que celui avec l'Union européenne : il portera sur les produits agricoles mais aussi sur les services. Tous les biens marocains n'entrent pas immédiatement en franchise de droits de douane aux Etats-Unis. Le seuil minimum de 35 % de valeur ajoutée marocaine a également été fixé. Les biens d'équipement et biens intermédiaires américains entreront sur le sol marocain pour la plupart en franchise de droits de douane dès l'entrée en vigueur de l'accord. Par ailleurs, en 2005, un accord de libre échange est entré en vigueur pour les produits industriels en provenance de dix-huit pays arabes partenaires du Maroc. La condition fixée à la réalisation de cette zone de libre-échange stipulait une valeur ajoutée minimum de 40 % pour chacun de ces pays. Enfin, l'accord d'Agadir devrait introduire le libre échange pour les produits agricoles et industriels entre le Maroc d'une part, la Tunisie, l'Egypte et la Jordanie d'autre part.

Si l'on peut attendre de l'accord Union européenne-Maroc une concurrence accrue des pays européens sur le marché marocain, il devrait également en résulter des investissements européens accrus, afin de profiter des avantages comparatifs du Maroc et de ses accords de libre échange. S'agissant des Etats-Unis, partenaire important du Maroc qui consent beaucoup d'efforts pour renforcer encore ce partenariat, les ventes américaines restent, pour l'heure, limitées à quelques types de produits : produits agroalimentaires, biens d'équipement et avions. Les produits agricoles et les textiles marocains restent handicapés par les règles sanitaires et la règle dite de la « triple transformation » (dans le cas du textile, une triple transformation des produits sur le sol marocain est exigée pour que les produits entrent dans le champ d'application de l'accord de libre échange). Le Maroc doit faire face à de nouveaux enjeux, avec en particulier l'apparition d'une concurrence chinoise forte, mais pas toujours loyale. On assiste également au développement de la concurrence turque sur le marché marocain.

La France, elle, renforce sa position de premier partenaire du Maroc. Dans le domaine commercial, elle est même le seul pays de l'Union européenne à voir sa part de marché progresser. La France est le premier client du Maroc : un tiers des exportations marocaines arrivent en France, l'Espagne arrivant au second rang avec 17 % de ces flux. Les achats de la France portent principalement sur les biens de consommation, les biens intermédiaires et les biens agroalimentaires. La France est le premier investisseur au Maroc, notamment grâce à la prise de participation de Vivendi Universal dans Maroc Télécom. Sur les onze dernières années, la France a représenté 37 % des investissements étrangers au Maroc. En termes d'enjeux, la France doit se montrer attentive et réactive face à l'évolution du marché marocain. La baisse des droits de douane doit nous offrir de nombreuses opportunités. Des places sont à prendre. Pour vous accompagner, un plan d'action commercial existe déjà. Il prévoit un certain nombre d'actions d'accompagnement des entreprises, et notamment la mise en place de Cap Export, qui permet de bénéficier d'une réduction d'impôt en s'associant les services d'un responsable export.

Les opportunités à l'exportation sont nombreuses. On peut citer par exemple :

· la protection de l'environnement ;

· le second-oeuvre du BTP ;

· la mécanique ;

· les produits et équipements agroalimentaires ;

· le matériel de transports urbains ;

· les équipements pour le secteur de l'énergie ;

· les équipements touristiques urbains et hôteliers ;

· les NTIC ;

· les biens de consommation meuble et produits de parfumerie-cosmétique.

Vous pouvez aussi retrouver de nombreuses informations sur le site www.missioneco.org/maroc.

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