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Colloque sur le Maroc (15 décembre 2005)



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Groupe d'impulsion économique : pour un nouveau
partenariat franco-marocain

Jean-René FOURTOU
Président du Conseil de surveillance de Vivendi Universal
Co-Président du Groupe d'impulsion France-Maroc

Je vous remercie de l'opportunité que vous m'offrez de faire le point sur le Groupe d'impulsion économique, trois mois après sa création. Sa mission a été fixée pour une durée d'un an, avec le devoir de faire un bilan d'étape vers le mois d'avril. Notre mission est d'impulser des relations déjà très actives et dynamiques, avec une très large liberté d'imagination et de proposition. Le Groupe d'impulsion économique  s'est réuni pour la première fois à la fin du mois de septembre, et nous avons décidé de commencer par une phase de diagnostic, d'écoute, afin de savoir quelles voies privilégier dans notre action.

Nous avons d'abord constaté le degré très élevé d'activité qui existe déjà. Ceci vaut au niveau des gouvernements, au niveau des politiques ou au niveau des échanges institutionnels (avec par exemple les Chambres de Commerce ou la section des Conseillers du Commerce extérieur), sans parler du cercle d'amitié France-Maroc. Il est hors de question, pour nous, d'intervenir dans cette activité existante. Une deuxième constatation s'est imposée : les objectifs et la stratégie d'action sont déjà clairs et définis. Le Plan Azur, le Plan Emergence et l'INDH ont déjà été évoqués. Ces initiatives ont été menées de façon extrêmement professionnelle et dans une logique fortement participative : ce n'est pas une poignée d'experts qui a arrêté ses conclusions. Dans le cas du Plan Azur, le processus d'appropriation a ainsi été très important, et l'objectif est clair : atteindre le chiffre de 10 millions de touristes à l'horizon 2010. S'agissant du Plan Emergence, l'importance à accorder à la sous-traitance industrielle constitue une orientation tout aussi claire. La sous-traitance administrative (offshoring) est déjà bien engagée avec les centres d'appel, et nous assistons au début de la sous-traitance informatique (avec notamment une offensive remarquée des groupes indiens). La sous-traitance touche aussi, de plus en plus, les activités purement administratives. L'agroalimentaire et la pêche ont été évoqués, de même que le textile et l'artisanat. Bref, la liste est longue des actions déjà engagées et je puis attester du sérieux du travail mené par les Marocains et leur gouvernement.

Dans ce contexte, nous nous sommes demandé quelle valeur ajoutée nous pourrions apporter. Notre deuxième réunion a eu lieu le 14 novembre et nous avons pris la décision d'agir sans délai. Les grands chefs d'entreprise français, tels que Gérard Pélisson dans le tourisme, Henri Proglio ou Gérard Mestrallet dans l'industrie ou encore Michel Pébereau dans le domaine de la banque, sont prêts à se mobiliser pour parrainer et soutenir l'investissement local des entreprises moyennes ainsi que la création d'entreprises nouvelles.

Pour ce faire, notre groupe s'est divisé en six groupes, qui vont devenir sept avec la création d'un groupe qui sera spécifiquement consacré aux infrastructures et à la création. Il existera aussi un groupe transversal qui rassemblera les suggestions formulées par chaque groupe. Les patrons de grandes entreprises françaises piloteront ces groupes et, secteur par secteur, ceux-ci commenceront par étudier le degré de compétitivité de l'offre marocaine et les voies d'optimisation qui existent pour cette compétitivité. Nous sommes actuellement dans cette phase, à l'issue de laquelle, dans trois mois environ, nous nous demanderons comment « vendre » les projets qui pourront être identifiés. J'ai proposé de jouer « l'investment banker » de luxe pour contribuer à catalyser ainsi l'appui d'entreprises de tous horizons.

Nous travaillons en nous reposant largement sur le dynamisme de Monsieur Bendourou, qui travaille à l'Ambassade du Maroc à Paris, d'une part, et de Daniel Maître, Chef de la Mission économique au Maroc, d'autre part. Toutes les suggestions et les contributions sont les bienvenues. Elles sont à adresser à ces deux correspondants, à Vivendi Universal ou à Mustapha Bacouri, le Président de la Caisse des dépôts marocaine.

Je conclurai par un témoignage d'investisseur : Vivendi Universal a investi de façon importante à travers sa prise de participation dans Maroc Télécom. Au 1er semestre, les communications téléphoniques ont crû de 37 % (ce qui constitue un record mondial) et la consommation de ciment a progressé, pour ne citer que cet autre exemple, de 7 %.

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