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Colloque sur le Maroc (15 décembre 2005)



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Questions

Christian JEAN, Président de l'association MERCADE

Notre ONG travaille à la création d'un campus technologique au Maroc. Une des problématiques rencontrées par les entreprises françaises tient au niveau de formation au Maroc. Par ailleurs, si l'on parle beaucoup aujourd'hui de ces projets, l'offshore se tourne souvent vers l'Inde, avec un taux de satisfaction très élevé. Dans ce contexte, il semble que le Maroc ne soit pas suffisamment épaulé par ses alliés traditionnels.

Jean-René FOURTOU

Cap Gemini compte déjà 2 000 personnes en Inde et j'ai discuté avec ses dirigeants. Il est vrai que la question de la formation est au centre du débat. L'Inde produit 140 000 ingénieurs par an et nous avons abordé ce sujet avec le ministre de l'Education marocain. Il est prêt à tous les efforts. Encore faut-il définir précisément quels sont les profils correspondant aux besoins les plus urgents. J'ai été moi-même consultant et je crois au rôle important des consultants dans ce type de processus d'adaptation. Le mariage avec des entreprises marocaines, comme nous l'avons fait avec Maroc Télécom, constitue également une phase importante, au-delà du simple investissement. Dressons le cahier des charges de la formation et vos contributions seront les bienvenues.

De la salle

Des négociations très importantes se déroulent actuellement à Hong Kong, dans le cadre de l'OMC. Quelle sera la position du Maroc du point de vue de la défense de ses secteurs ?

Saad BENDOUROU

Les négociations ont commencé il y a peu et nous avons participé à toutes les consultations bilatérales et multilatérales en préparation du sommet de Hong Kong. Je ne saurais préjuger mais nous demeurons optimistes quant à l'issue de ce Sommet. Il ne fait pas de doute, en tout cas, que les discussions se poursuivront après Hong Kong, sachant que les principaux sujets de préoccupation, du point de vue marocain, sont connus. Il s'agit en particulier de l'accès des produits et services marocains au marché de l'Union européenne. Des discussions ont été engagées dans le domaine agricole et nous demeurons attentifs aux échanges en cours, dans un esprit d'ouverture.

Mounir MILLES, Association du Master Diplomatie

Nous organisons cette année à Tanger une simulation de négociations stratégiques. Accepteriez-vous de nous aider pour le financement de ce projet ?

Jean-René FOURTOU

Bien entendu. J'insiste néanmoins sur le caractère concret des projets que nous devons soutenir : nous n'avons plus qu'un an pour agir.

André ANGLADE

En 2004, les circonstances ont conduit notre petite entreprise à nous intéresser au Maroc et nous y réalisons désormais 40 % de notre chiffre d'affaires. Si nous avons réussi cela, c'est notamment grâce au soutien et à l'assistance d'une grande entreprise, GEFCO, qui, par ses conseils, a su nous accompagner. Quels contours précis pourra prendre l'appui aux PME que vous avez évoqué ?

Jean-René FOURTOU

On peut citer par exemple l'expérience de l'entreprise Safran qui, sous l'égide de son Président, Jean-Paul Béchat, accompagne ses propres sous-traitants au Maroc. Il s'agit d'un des thèmes transversaux de notre travail.

Jacques DELAPLAGE, Directeur de production, SAS Delapage

Nous sommes les derniers fabricants de machines à traire et nous comptons aujourd'hui nous tourner vers le Maroc. Pouvez-vous nous préciser quel soutien vous pourriez nous apporter ?

Jean-René FOURTOU

Le monde regorge aujourd'hui d'argent qui ne sait pas où s'orienter. Ce n'est donc pas d'argent que l'on manque, mais de projets crédibles et précis. Je vous invite donc à nous présenter des business plans précis, assortis d'une date de démarrage bien définie. Si un groupe d'experts cautionne le projet en y apportant un soutien financier modeste, ces projets pourront alors rentrer dans le circuit « normal » du financement bancaire.

De la salle

Je représente une toute petite entreprise de tapisserie. Nous savons monter des projets et des business plans. Mais où trouve-t-on l'argent en abondance que vous évoquez ?

Un intervenant

Il est vrai que l'argent existe au Maroc. Pour le trouver, il faut disposer d'un bon projet. Cela dit, un bon projet ne suffit pas, car il ne faut pas confondre le métier de banquier commercial et celui de capital risqueur. Une mise de fond minimum est donc nécessaire, et il peut d'ailleurs être fait appel au capital risque, dans certains cas. Le Caisse des dépôts marocaine dispose par exemple d'un fonds destiné à soutenir les nouveaux projets.

Jean-René FOURTOU

La difficulté consiste bel et bien à amorcer le projet, en lui apportant une caution externe sur le plan de la crédibilité et en y injectant les « trois sous » qui lui permettront de rejoindre le circuit bancaire normal. Il faudra donc peut-être développer des outils permettant d'assurer cet amorçage, tant pour des PME existantes que pour des projets de création d'entreprise.

Bernard PREAU, Directeur administratif et financier, Le Piston Français (mécanique de précision)

Je suis gérant de la société SERMP, sous-traitant aéronautique, qui a fait le choix de s'implanter au Maroc, à Casablanca. Notre principal donneur d'ordres est le groupe Safran, à travers sa filiale Snecma moteurs. Or ce groupe exerce aujourd'hui sur nous une pression considérable pour que nous nous installions en Chine. Ne craignez-vous pas que la concurrence chinoise fasse peser une sérieuse menace sur les investissements susceptibles de se réaliser au Maroc ?

Jean-René FOURTOU

M. Bechat a accepté de prendre la présidence du groupe consacré à la sous-traitance industrielle, ce qui témoigne de son implication vis-à-vis du Maroc. La présence en Asie devient aujourd'hui incontournable pour un groupe comme Safran, mais l'un n'est pas exclusif de l'autre. Il faut engager des discussions avec Safran et je suis sûr que celui-ci tiendra compte de votre présence au Maroc. En tout cas, le fait de disposer d'une base telle que ce beau pays, à 3 heures de la France, sans jetlag, offre de sérieux avantages comparatifs.

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