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Evgueni ELISSEEV,
Président du Groupe d'amitié Russie-France, Conseil de la Fédération de Russie

Les relations entre la France et la Russie, et notamment les relations économiques et commerciales, ont toujours revêtu un caractère complexe. Il n'en reste pas moins que nous partageons aujourd'hui un objectif commun, celui de lutter contre la crise économique et financière qui touche nos économies, et ce d'autant plus que nous vivons sur un même continent. Ainsi, comme l'a déclaré le Président de la Fédération de Russie, Dimitri Medvedev, dans son entretien de septembre 2009 avec François Fillon, le Premier Ministre de la France, « il est très important, dans un tel contexte économique, de se rencontrer régulièrement pour débattre des solutions de sortie de cette crise. Nous l'avons toujours fait et nous poursuivrons en ce sens. »

Notre séminaire d'aujourd'hui est un excellent exemple des intentions de nos deux pays d'agir dans cette direction. Comme nous avons déjà eu l'occasion de le souligner, la France est un partenaire économique prioritaire pour notre pays. Et le fait que le volume de nos échanges commerciaux ait été quasiment multiplié par trois au cours des cinq dernières années, pour atteindre le niveau de 22,2 milliards de dollars en 2008, vient d'ailleurs confirmer ce point.

Certes, ces derniers temps, le volume d'échanges entre nos deux pays s'est sensiblement réduit et un certain nombre d'acquis ont été perdus, dans le contexte de crise qui est aujourd'hui le nombre. La France n'en reste pas moins l'un des principaux investisseurs en Russie. Elle a ainsi investi 10 milliards de dollars dans l'économie russe, en 2009, dont 2 milliards d'investissements directs, dépassant ainsi les Etats-Unis qui n'ont investi que 7,9 milliards de dollars, au cours de cette même période.

Nous ne pouvons par ailleurs que nous réjouir que la commission intergouvernementale qui a récemment réuni nos deux pays ait débouché sur la signature d'un nombre record d'accords bilatéraux. Nos relations bilatérales sont ainsi de plus en plus diversifiées, et nous élargissons notre coopération dans le domaine du gaz, notamment, contribuant par là même au renforcement de la sécurité énergétique sur notre continent. Nous avons en outre d'autres perspectives de coopération dans le secteur de l'énergie nucléaire et avons récemment signé un accord dans le cadre du protocole de Kyoto.

De fait, nous ne devons pas ralentir le rythme de notre coopération dans le contexte de crise actuel, mais au contraire l'accélérer. C'est ainsi que nous devons mener à bien des projets de coopération concrets entre nos deux pays, dans le domaine de l'aviation, notamment.

Nous devons par ailleurs faire en sorte de moderniser notre économie, en orientant notre activité vers la coopération avec des sociétés étrangères. A cet égard, des mesures ont été mises en oeuvre, par le Président russe actuel et par Vladimir Poutine, pour permettre aux sociétés russes qui ne l'étaient pas encore de bénéficier d'une représentation à l'international. Il conviendrait en outre de définir précisément les secteurs d'activité sur lesquels nous entendons promouvoir une collaboration étroite, entre entreprises russes et françaises.

J'évoque ici la possibilité d'initier des projets conjoints, qui permettraient de promouvoir les services des sociétés russes, au plan international ; je pense que nous pouvons avancer en ce sens, et que c'est important pour nos deux économies, dans la mesure où l'union fait incontestablement la force.

A l'aube de l'année croisée entre nos deux pays, nous devons également veiller à renforcer notre coopération, à l'échelle régionale, laquelle concourra à renforcer, en retour, la coopération à l'échelle nationale. C'est à ce titre que nous nous posons la question de la suppression des visas entre nos deux pays. Nous ne pourrons en effet développer les échanges culturels entre la France et la Russie si nous maintenons un système aussi contraignant.

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