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Actes du colloque SÉNAT - UBIFRANCE

Le nouveau dispositif d'appui public aux entreprises en Russie

Philippe PEGORIER,
Conseiller commercial,
Directeur de la Mission économique Ubifrance près l'Ambassade de France en Russie

Depuis le 1er septembre 2010, dans le cadre de la dévolution des activités commerciales de la Direction générale du Trésor à Ubifrance, une mission économique au service exclusif des entreprises a vu le jour en Russie. Organisée en trois bureaux, respectivement installés à Moscou, Saint-Pétersbourg et Ekaterinbourg, cette mission est chargée de l'accompagnement des entreprises françaises en Russie.

Ceci constitue une nouveauté, dans la mesure où le service économique régional s'occupait par le passé tout à la fois des affaires régaliennes et des affaires commerciales, étant entendu que les premières prenaient parfois le pas sur les secondes, dans le secteur des biens d'équipement, notamment. Une nouvelle organisation a ainsi été mise en place, laquelle repose sur cinq pôles distincts - « Communication, Intelligence marché VIE », « AGROTECH », « ITI », « NTIS » et « MHS ».

La mise en place de cette mission économique unique, répartie sur trois villes de Russie et employant au total une trentaine de personnes, permettra un fonctionnement coordonné de l'aide aux entreprises, sur l'ensemble du territoire russe. Cette structure fonctionnera comme une entreprise, sur la base d'objectifs chiffrés. Nous devrions ainsi venir en aide à 900 entreprises souhaitant s'implanter en Russie, au titre de l'année 2010, ce qui constituera un record encore jamais égalé.

La fin de l'année croisée sera par ailleurs riche en événements. Après l'exposition qui s'est tenue à Moscou au Manège sur « L'Art de vivre à la française », du 6 au 9 octobre, nous organiserons à la fin du mois l'exposition sur les vins et spiritueux, qui devrait réunir plus d'une centaine d'entreprises. Enfin, le forum d'affaires multisectoriel du mois de décembre devrait favoriser les coopérations entre nos deux pays.

Ce programme pour le mois ambitieux devrait continuer à l'être en 2011 - année au cours de laquelle nous devrions organiser une cinquantaine de manifestations, avec l'aide des chambres de commerce françaises, y compris régionales, et des membres de Cap Russie, notamment. Nous avons pour objectif de favoriser la coopération décentralisée entre PME françaises et russes (ce que nous avons déjà fait, d'ailleurs, avec les entreprises de la région d'Ekaterinbourg). Il convient en effet de ne pas limiter notre intervention aux seules villes de Moscou et de Saint-Pétersbourg mais de nous efforcer de couvrir, autant que possible, l'ensemble du territoire de la Fédération de Russie. Pour ce faire, nous devons travailler main dans la main avec tous les acteurs susceptibles de nous aider dans cette entreprise, qu'il s'agisse de la Chambre de commerce franco-russe, des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF) ou de nos partenaires de l'OSCI (Opérateurs Spécialisés du Commerce International), tout en préservant les contacts institutionnels, qui continueront à jouer un rôle important dans la coopération avec ce grand pays.

Alexandre ORLOV,
Ambassadeur de Russie en France

Je vous remercie d'avoir organisé ce séminaire annuel au Sénat pour la dixième année consécutive, et je me réjouis que trois ministres nous aient fait l'honneur de leur présence, attestant par là même de leur volonté de donner un coup d'accélérateur aux relations entre nos deux pays.

Comme l'a souligné le Président Gélard, la question des visas reste un problème majeur entre nos deux États et semble difficile à résoudre, à l'échelle européenne. Angela Merkel se heurte en effet à de fortes résistances dans son pays et dispose en cela d'une marge de manoeuvre plus que réduite. Pour tenter d'avancer malgré tout dans ce domaine, le Président Medvedev a proposé d'élaborer une feuille de route, assortie d'un calendrier bien précis, afin de pouvoir arriver à la suppression du système des visas d'ici cinq ans. Cette question sera également abordée lors du prochain sommet entre l'Union européenne et la Russie, qui se tiendra le 7 décembre.

S'agissant de la signature d'une convention bilatérale sur le droit familial entre nos deux pays, je suis en revanche moins optimiste, compte tenu des faibles progrès accomplis dans ce domaine au cours des derniers mois.

L'année 2010 a par ailleurs été marquée par un certain nombre d'initiatives, visant à enrayer le déclin de l'enseignement de la langue russe en France. C'est ainsi que des sections de langue russe se sont ouvertes dans quelques villes de France et que d'autres sections de ce type devraient voir le jour dans les prochaines années. Il conviendrait en effet de permettre aux parents d'enfants français de choisir le russe comme deuxième ou troisième langue pour leurs enfants. Dans le même temps, il serait évidemment bienvenu d'accroître le volume d'échanges entre étudiants russes et français.

Dans la lignée de l'année croisée qui a suscité un engouement extraordinaire, nous proposons en outre d'organiser, en 2011, une année de la langue russe en France et de la langue française en Russie. Ces deux langues sont en effet porteuses de deux immenses cultures, dont nous devons assurer la promotion.

Enfin, nous devons mettre l'accent sur la coopération décentralisée entre nos deux pays, laquelle sera notamment célébrée et encouragée, dans le cadre des 3èmes rencontres de la coopération décentralisée franco-russe qui se tiendront à Strasbourg, les 26 et 27 novembre prochains.