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Intervention de l'Ambassadeur du Vietnam en France

Son Excellence LE KINH TAI

Monsieur le Président, Monsieur l'Ambassadeur, Mesdames et Messieurs les présidents directeurs généraux, Mesdames et Messieurs les femmes et hommes d'affaires, Mesdames et Messieurs les délégués, chers amis, permettez-moi de vous dire tout mon plaisir d'être avec vous pour ce colloque consacré au partenariat franco-vietnamien. Je remercie notamment le Président Poncelet pour cette introduction pleine de sympathie et d'encouragements.

Le Vietnam a profondément changé en 20 ans. Il est donc nécessaire d'adapter notre coopération aux nouveaux enjeux d'un Vietnam en pleine évolution. Je pense d'abord aux nombreuses questions d'ordre économique, environnemental, social, posées par l'industrialisation et la modernisation de mon pays. Je pense aussi à la formation et à l'éducation d'un pays qui accueille 1,5 million de jeunes chaque année sur le marché du travail.

Comment la France pourrait-elle se repositionner dans ce nouveau contexte pour tirer profit de l'élan dynamique de l'économie vietnamienne et renforcer ainsi la visibilité de cette partie du monde où les entrepreneurs français ont tout intérêt à préserver voire à intensifier leurs liens économiques et commerciaux ? Les grandes questions internationales, telles que le changement climatique, les grandes épidémies, la crise financière et monétaire, le développement durable, appellent et exigent aussi une plus grande synergie d'action et une coopération plus étroite entre nos deux pays.

Ne laissez pas passer votre chance d'investir au Vietnam. Notre pays affiche une croissance soutenue de plus de 6 % depuis 20 ans. En 2009, dans un contexte de crise généralisée, nous avons été l'un des rares pays à atteindre une croissance positive de l'ordre de 5,3 %. Au cours du premier semestre 2010, le PIB a crû de près de 6 %. Connu pour sa stabilité sociale et politique et pour sa main d'oeuvre compétitive et qualifiée, le Vietnam figure comme une destination sûre pour les investissements étrangers. En effet, entre 2001 et 2009, nous avons attiré plus de 21 milliards de dollars au titre de l'investissement direct étranger en dépit des effets néfastes de la crise économique et financière mondiale. Avec une population assez jeune et une classe moyenne à pouvoir d'achat croissant, le pays a déjà attiré les plus grands groupes français dans divers domaines. Citons l'exemple de Casino qui possède des dizaines de supermarchés dans le pays. Auchan, Carrefour et Super U ne manqueront pas de rejoindre le groupe Casino dans un proche avenir.

J'appelle de mes voeux que l'implantation de PME françaises au Vietnam soit l'un des axes majeurs de la coopération décentralisée franco-vietnamienne. A ce propos, je vous invite à engager des réflexions sur le rôle des PME dans la coopération économique et les échanges commerciaux dans la perspective des prochaines assises de la coopération décentralisée qui se tiendront les 5 et 6 novembre dans la ville de Hai Phong.

La position stratégique du Vietnam en Asie du Sud-Est constitue un autre atout. Investir au Vietnam revient à multiplier vos chances d'atteindre un marché de 500 millions de consommateurs dans une zone qui figure parmi les plus dynamiques du monde, la zone de libre-échange de l'Asean, dans laquelle les droits de douane sont compris entre 0 et 5 % pour les échanges infrarégionaux. D'ailleurs, la coopération économique au sein de l'Asean figure comme l'un des trois piliers de la communauté Asean dont le Vietnam assure la présidence tournante en 2010.

En tant que Président de l'Asean, le Vietnam se fixe des priorités. Il s'agit de renforcer la coopération interrégionale pour parvenir à la création de la communauté de l'Asean en 2015 et oeuvrer pour l'application de la charte de l'Asean dans la vie communautaire en passant par le perfectionnement des organismes et institutions nouvellement mis en place. L'entrée en vigueur de cette charte en 2008 a marqué une nouvelle étape importante dans le processus d'intégration régionale en Asie du Sud-Est. Elle permet d'approfondir les relations économiques et commerciales au sein de la zone de libre-échange et de concourir à la paix et à la prospérité de la région. Ce cadre permet aussi à l'Asean de s'affirmer politiquement dans l'arène internationale. L'Asean a conclu un accord avec la Chine et la Corée du Sud, mais aussi des accords avec l'Inde, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. L'Asean intensifie aussi ses relations avec des pays du Golfe et le Mercosur.

En ce qui nous concerne de plus près, je vous engage à réfléchir au développement de vos affaires à partir du Vietnam avec le Laos, le Cambodge et la Thaïlande. Les conditions d'infrastructure s'y prêtent. Plusieurs projets de grande ampleur et plusieurs initiatives économiques ont été réalisées ou sont en cours de réalisation. Je pense notamment au corridor Est-Ouest qui s'étend sur une distance de 1 450 km et dont le terminal est au Vietnam constitue une fenêtre ouverte sur le Pacifique.

Les excellentes relations politiques facilitent et propulsent les échanges commerciaux et économiques et constituent une autre force du Vietnam. Le Vietnam et la France sont liés par des relations anciennes. Au-delà de la mémoire partagée, des événements ont marqué l'amitié de nos pays. Dans les années 80, la France nous a aidés à renouer avec la communauté financière internationale par son intervention au Club de Paris. Elle reste aujourd'hui le deuxième donateur bilatéral de l'aide publique au développement après le Japon. Je pense surtout aux réformes que la France a soutenues et que les entreprises ont toujours accompagnées par leur présence. La visite du Premier Ministre en novembre a aussi marqué un tournant dans nos relations bilatérales. Le résultat de cette visite ne se limite pas au montant très élevé des marchés conclus entre les deux pays. Il se traduit aussi par l'instauration de mécanismes de travail en commun et de concertation visant à renforcer l'aide et le soutien des autorités politiques des deux pays vis-à-vis des acteurs économiques. Je pense notamment à l'ouverture du bureau d'Ubifrance et à la reprise des travaux du Haut conseil pour le développement de la coopération économique bilatérale.

En guise de conclusion, permettez-moi de vous citer deux chiffres : la part de marché de la France dans le monde est de 3,6 % tandis que la part de marché de la France au Vietnam n'est que de 0,2 %. La marge de progression reste encore très importante. Néanmoins je présume que je peux compter sur votre engagement pour faire du Vietnam une porte d'entrée des entrepreneurs et des investisseurs français en Asie du Sud-Est.