C. LA VULNÉRABILITÉ DES SOCIÉTÉS MODERNES LIÉE À L'ENCHEVÊTREMENT DES RÉSEAUX

Les tempêtes de la fin d'année 1999 ont en effet souligné l'extrême dépendance d'une société moderne comme la société française à l'omniprésence des réseaux dans la vie du pays : réseaux d'alimentation en énergie, réseaux de transports, réseaux de télécommunications. La vulnérabilité de chacun de ces réseaux a été accrue encore leur interdépendance.

1. L'interruption de l'alimentation électrique et ses effets

Les effets de l'interruption de l'alimentation électrique en ont fourni une parfaite illustration. Les coupures de courant provoquées par les pannes de ce réseau se sont en effet répercutées sur les transports ferroviaires, sur les réseaux de télécommunications (téléphone, fax, internet), sur les moyens de communications usuels (radio, télévision), et sur le fonctionnement global des infrastructures.

Les efforts effectués par EDF pour rétablir aussi rapidement que possible l'alimentation en électricité, et la disponibilité de ses équipes ont, dans l'ensemble, été bien appréciés.

Toutefois, la vulnérabilité de son réseau invite à une réflexion approfondie, et pose, sous un nouveau jour, la question de l'enfouissement des lignes électriques .

Cette réflexion devra prendre en compte, outre l'intérêt paysager immédiat, le rapport existant entre l'amélioration de la fiabilité et l'alourdissement des coûts.

Les services d'EDF rappellent en effet que les coûts et les difficultés techniques de l'enfouissement sont fonction directe de la hauteur des tensions électriques :

- pour la basse et la moyenne tension, les techniques sont bien maîtrisées mais entraînent néanmoins des surcoûts ;

- pour les tensions moyennes, le coût de la mise en souterrain est 3 à 4 fois plus élevé que celui de la réalisation d'une ligne aérienne ;

- pour les tensions supérieures, les surcoûts peuvent aller de 4 à 5 fois plus cher pour le 225 kilovolts, à 20 fois plus cher pour le 400 kilovolts ; en outre les techniques actuelles présentent des limitations en terme de distance.

Dans ces conditions, cette réflexion sur l'enfouissement des réseaux pourrait se doubler, dans certaines circonstances, d'une réflexion sur le développement des sources locales d'approvisionnement électrique .

Les représentants des collectivités locales devront être associés à cette réflexion.

2. La vulnérabilité des réseaux téléphoniques

France Télécom évalue à approximativement un million le nombre d'abonnés qui ont été momentanément privés de son service téléphonique :

- pour 600 000 d'entre eux, l'interruption résultait de l'arrêt des petits centraux ruraux faute d'alimentation électrique, après épuisement de leurs batteries ;

- pour 400 000 d'entre eux, l'interruption était consécutive à la coupure des lignes provoquée par les chutes d'arbres ou de poteaux ; 150 000 poteaux et 5 000 km de câbles ont en effet été endommagés.

En revanche, le réseau longue distance, en fibre optique et entièrement enterré, n'a pas souffert.

Le coût global des tempêtes est évalué à plus d'1 milliard de francs pour France Telecom.

La mobilisation des personnels a permis de réparer en trois semaines l'équivalent de deux années de pannes. Toutefois, l'achèvement des travaux de reconstruction en aérien n'interviendra qu'en fin d'année 2000.

La réflexion sur les réseaux téléphoniques devra également s'intéresser aux réseaux de téléphones mobiles , qui ont manifesté une vulnérabilité particulière.

Il conviendra d'examiner quelles contraintes de fiabilité et de permanence en cas de crise majeure l'Etat peut exiger des opérateurs de réseaux, dans le respect de la logique commerciale et concurrentielle qui est la leur.

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