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Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République socialiste du Vietnam, pour la création et le développement de l'université des sciences et des technologies de Hanoï

12 décembre 2012 : Université de Hanoï ( rapport - première lecture )

B. QUI REQUIÈRENT DES CADRES NOMBREUX ET BIEN FORMÉS

Le modèle soviétique, qui a prévalu depuis les années 1950 dans l'organisation de l'enseignement supérieur, a produit des résultats tangibles. Mais le Vietnam souhaite aujourd'hui diversifier ses approches dans ce domaine.

A partir des années 1960, des générations de chercheurs et de cadres dirigeants ont été formées grâce à l'assistance des « pays frères » du bloc soviétique. Ce soutien continu jusqu'en 1989 a eu une influence déterminante sur les structures et les principes de l'enseignement vietnamien, et est encore sensible aujourd'hui. A partir de 1975, le pays s'est progressivement ouvert à de nouvelles coopérations avec des pays situés à l'extérieur du bloc de l'Est. La politique de renouveau économique a permis d'entreprendre l'adaptation du système aux enjeux considérables de l'éducation et de la formation des ressources humaines. Le nombre total d'étudiants est ainsi passé de 35 500 en 1991 à près d'un million en 2001, et à plus de 2 millions en 2011.

Le modèle soviétique séparait enseignement et recherche ; un réseau d'institutions de recherche a été établi dans tout le pays, sans lien avec celui des établissements d'enseignement. Consciente du handicap que représente ce cloisonnement pour la formation supérieure, l'administration vietnamienne a annoncé plusieurs projets de réforme destinés à faciliter la « formation par et pour la recherche ».

Un projet de loi sur l'enseignement supérieur est en cours d'élaboration. Le ministère de l'éducation et de la formation (MEF) est directement responsable de la gestion des universités et des écoles les plus importantes, auxquelles il alloue leur budget de fonctionnement et leurs ressources humaines. Les autorités des provinces sont, elles, responsables des collèges de leur circonscription, qui demeurent sous le contrôle du MEF pour tout ce qui relève du domaine académique. Les établissements d'enseignement supérieur ont une autonomie de gestion limitée, s'agissant de l'inscription des étudiants, de la gestion budgétaire et du personnel. Le réseau des universités a été étendu et renforcé. A côté des universités publiques (113 en 2010), existe un certain nombre d'établissements privés (50 universités et 30 écoles techniques en 2010), où les frais de scolarité sont beaucoup plus élevés : de 2 000 à 5 000 dollars par an, contre 120 dollars en moyenne pour le public. Ces établissements privés accueillaient 15 % des étudiants en 2010.

Le principal atout du système vietnamien d'enseignement supérieur réside dans sa capacité à produire une élite, en particulier dans le domaine des sciences de l'ingénieur. Des étudiants vietnamiens intègrent ainsi des formations françaises de haut niveau, comme l'Ecole Polytechnique ou l'Ecole des Ponts et Chaussées. Ils sont aujourd'hui des cadres dirigeants d'entreprises au Vietnam, en France et à l'étranger. La recherche, dans l'histoire scientifique du Vietnam et de ses partenariats avec la France puis avec les pays d'Europe de l'Est, a longtemps été disjointe de l'activité de formation, et rattachée à des institutions spécifiques telles que l'Académie des sciences et des technologies (VAST), l'Académie des sciences sociales (VASS) et l'Académie des sciences agronomiques (VAAS).