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A. UN MARCHÉ EN RAPIDE ÉVOLUTION

Il convient de distinguer les pays, qui utilisent le gaz naturel comme énergie primaire pour générer de l'électricité, des pays qui importent du gaz essentiellement à des fins de chaleur. Parmi, les premiers, on compte l'Espagne et l'Italie qui se caractérisent par une forte dépendance énergétique. Au sein des seconds, on compte la Suède et l'Allemagne.

1. Les secteurs du gaz et de l'électricité sont de plus en plus imbriqués en Italie et en Espagne

· L'Italie expérimente un début de concurrence dans le secteur de l'approvisionnement en gaz

L'Italie est dépendante de 80 % à l'égard des approvisionnements énergétiques en provenance de l'étranger. Pour atténuer cette dépendance, le Plan énergétique national (PEN) de 1988 encourage la diversification des sources d'énergie.

Le processus de diversification a consisté jusqu'à présent essentiellement à substituer du gaz naturel au pétrole et à ses produits dérivés, notamment dans la génération électrique. Le dédoublement du gazoduc Transmed a notamment permis un meilleur approvisionnement de gaz en provenance d'Algérie.

Le gaz naturel représente ainsi 29,2 % des énergies consommées en Italie, contre 24 % en 1990 et 15,5 % en 1980. Les prévisions font état d'une part de 34 % du bilan énergétique à l'horizon 2010.

En outre, l'année 1997 a été marquée par une forte croissance des importations de gaz naturel (+ 15,9 %), la consommation ayant atteint 51 Mtep Les ménages font en effet de plus en plus appel au gaz pour se chauffer (+ 4,6 %) aux dépens du fioul. A l'inverse, la consommation de pétrole a sensiblement diminué (- 2,9 %) en raison de sa substitution par le gaz naturel dans le secteur de la thermoélectricité. La contribution du gaz à la production de thermoélectricité devrait ainsi augmenter de 40 % par rapport à 1996.

Les gisements italiens (gisements de la plaine du Pô et gisements off-shore d'Adriatique) fournissent 19 milliards de m3 de gaz, soit 33,3 % de la consommation totale de l'Italie (57 milliards de m3). Le reste est importé, par l'intermédiaire de la Snam, d'Algérie (33 %), de Russie (23 %), de Hollande et de Norvège.

L'Italie se caractérise également par une concurrence croissante dans le secteur de l'approvisionnement en gaz. En effet, pour alimenter leurs turbines à gaz, les électriciens sont tentés de contracter directement une partie de leurs achats de gaz, dans l'espoir d'obtenir de meilleures conditions, ce qui met en péril les contrats " take or pay " négociés par l'importateurs national. La position de la Snam est à cet égard ambiguë : d'un côté l'importateur ne souhaite pas assumer la totalité du risque d'achat des volumes destinés au secteur électrique, mais de l'autre, son désir de maintenir un contrôle sur les flux de gaz destinés aux électriciens est patent. Ainsi, la Snam n'était pas mécontente de voir l'Enel contracter des achats de gaz directement auprès de l'Algérie, la Russie ou le Nigeria, à condition que ce gaz transite par son réseau. Elle a fini par l'obtenir après que l'Enel ait menacé de réceptionner directement du gaz naturel liquide nigérian en aménageant son propre terminal à Montalto di Castro, au nord de Rome.

Par ailleurs, Volta - une joint-venture créée par la Gazprom russe avec la société italienne d'électricité Edison, compagnie privée qui assure 7 % de la production - a annoncé son objectif d'importer et de commercialiser du gaz russe en Italie, essentiellement auprès d'électriciens. Elle en escompte un volume de commercialisation de 10 milliards de m3 par an auprès des producteurs indépendants d'électricité.

Pour contrer la volonté de Volta, la Snam a tenté de verrouiller le marché italien en saturant les gazoducs qui y mènent. Elle a ainsi conclu un contrat, en septembre 1996, pour l'achat de 8 milliards de m3 supplémentaires de gaz russe, puis elle a négocié l'achat de gaz norvégien qui transitera par la France.

Mais Volta a engagé la construction d'un gazoduc à partir de la Russie, concurrent de celui de la Snam et projette la réalisation d'un terminal, en coopération avec Mobil, pour l'acheminement du gaz naturel liquéfié. Aussi, la Snam pourrait-elle se retrouver avec des invendus, si l'Enel renonçait, comme on lui en prête l'intention, à une partie du gaz qu'elle lui achète.

· L'Espagne a décidé d'anticiper la transposition de la directive européenne sur le marché intérieur du gaz
Le marché espagnol n'échappe pas à l'engouement pour le gaz, bien que la part du gaz dans son bilan énergétique soit encore assez marginale (8 %). La consommation de gaz a en effet cru de 14 % en 1996 par rapport à 1995, et de 19,5 % dans le secteur domestique. Les autorités prévoient ainsi un doublement de la part du gaz naturel dans le bilan énergétique du pays d'ici 2000.

L'Espagne se caractérise par une très forte dépendance énergétique : en 1995, 72,3 % des besoins étaient couverts par les importations. Afin de réduire cette dépendance, le Plan énergétique national, établi en 1979, prévoyait un recours accru à l'énergie nucléaire, au charbon et au gaz. Or, après le moratoire nucléaire décidé en 1982 par le précédent Gouvernement, le nouveau Gouvernement libéral a souhaité marginaliser le charbon et privilégier la filière gazière.

L'arrivée du gaz algérien par le gazoduc Maghreb-Europe inauguré fin 1996 devrait accélérer l'utilisation de ce combustible par l'industrie et les particuliers aux dépens du fioul ou du charbon. Ce gazoduc permettra en outre d'étendre le réseau au Portugal, en collaboration avec la société nationale portugaise Transgas. La seconde phase du projet prévoit la réalisation d'une liaison avec la France au niveau de Perpignan. Il donnera à l'Espagne une capacité suffisante pour une dizaine d'années mais la rendra tributaire à 57 % de la zone Maghreb-Machrek.

Par ailleurs, la libéralisation du secteur de l'énergie devrait provoquer une évolution sensible dans la structure de la production électrique, aujourd'hui fortement liée au charbon (33 %) et au nucléaire (51 %). Alors que les secteurs du gaz et de l'électricité présentaient auparavant un fonctionnement totalement différencié, il semble qu'ils soient désormais de plus en plus imbriqués, avec un nouvel enjeu : la production d'électricité à partir du gaz.

Dans ce contexte, le Gouvernement espagnol a décidé d'anticiper la libéralisation du marché gazier, en mettant en place dès le 1er janvier 1998 un système d'accès des grands opérateurs (centrales électriques et consommateurs de plus de 25 millions de m3/an) au réseau haute pression de Gas Natural. L'accès au réseau sera régulé et le Gouvernement fixera le niveau des péages, l'accès pouvant toutefois être refusé s'il affecte les contrats " take or pay " ou si l'entreprise solliciteuse provient d'un pays où des droits analogues ne sont pas reconnus.

Dans ce contexte, entreprises gazières et électriques espagnoles cherchent à trouver les synergies nécessaires pour la réalisation de nouvelles unités de production électrique à gaz.

Ainsi, conscient de la complémentarité plus que de la concurrence avec d'autres sources d'énergie, Gas Natural a conclu un pacte stratégique avec son actionnaire de référence, Repsol (premier groupe pétrolier espagnol), et avec Iberdrola (deuxième groupe électrique) pour développer la production d'électricité par cogénération et l'utilisation de gaz naturel dans les centrales thermiques d'Iberdrola. Cet accord doit permettre à Gas Natural d'entrer dans le secteur de la production électrique, non seulement comme fournisseur de gaz, mais également comme producteur. La société gazière prévoit d'investir 2 milliards de francs d'ici à l'an 2000, et sa filiale de production, Enagas, 4 milliards de francs.

Gas Natural a également annoncé, en juillet 1997, qu'elle souhaitait réaliser, d'ici à 2004, 7 ou 8 centrales électriques à gaz, soit au total 3000 MW, pour un investissement total de 7 milliards de francs.

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