II. PRINCIPALES OBSERVATIONS DU RAPPORTEUR

1. Le projet de budget pour 2000 marque une volonté louable d'améliorer la lisibilité et la cohérence de la présentation de l'effort financier de l'Etat outre-mer. Ainsi, dorénavant, les dépenses correspondant au financement de l'ensemble des contrats aidés outre-mer figureront dans le budget du secrétariat d'Etat.

La principale caractéristique du budget du secrétariat d'Etat, celle d'être essentiellement constituée de dépenses de fonctionnement et d'aides à l'emploi, s'en trouve renforcée.

De même, la mise en place d'une dotation globale de compensation et d'une dotation globale de fonctionnement pour la Nouvelle Calédonie fait apparaître les liens entre les réformes institutionnelles et leur traduction financière.

2. Le transfert vers le budget de l'outre-mer de dépenses antérieurement supportées par d'autres budgets aboutit à une augmentation forte (13,6 %), mais purement optique des crédits du secrétariat d'Etat .

La progression réelle s'établit à 1,8 % et les moyens supplémentaires ne s'élèvent pas 760 millions de francs mais à seulement 100 millions de francs.

3. L'évolution de la structure des crédits du secrétariat d'Etat n'est pas satisfaisante. En effet, l'accroissement des moyens de 100 millions de francs n'est pas consacré à l'investissement et à la préparation de l'avenir mais au financement d'emplois para-publics, les emplois-jeunes, qui bénéficient de la principale mesure nouvelle avec 170 millions de francs supplémentaires.

Est-il raisonnable de renforcer le poids des emplois publics dans des départements et territoires déjà " surfonctionnarisés " ?

4. Le renforcement du secteur public tranche avec l'absence de mesure en faveur de l'investissement outre-mer . De plus, pour la première fois depuis deux ans, le régime de la loi Pons ne semble pas devoir être modifié par la loi de finances pour 2000.

Compte tenu du peu d'enthousiasme du gouvernement actuel pour ce texte, on peut craindre qu'il s'agisse d'une sorte de " calme avant la tempête " et que le dispositif soit revu en profondeur dans le cadre de la discussion du projet de loi d'orientation pour l'outre-mer.

5. Dans la perspective de la discussion de la loi d'orientation , la commission des finances devra être particulièrement attentive à deux points :

- le sort réservé aux dispositifs issu de la loi " Perben " de 1994 ;

- la prise en compte des propositions formulées par nos collègues Claude Lise et Michel Tamaya, qui préconisent notamment, dans leur rapport au Premier ministre, un retour progressif au droit commun de la fiscalité directe locale et une révision des dispositifs fiscaux propres à l'outre-mer.


II - SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE LA DÉFENSE NATIONALE

RAPPORTEUR SPÉCIAL : M. MICHEL moreigne

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