2. « Accroître l'effort en faveur de la prévention des risques » (agrégat 4)

La prévention des pollutions et des risques connaît une augmentation de 4,5 % de ses crédits (et de 8,5 % en autorisations de programme). Ce domaine bénéficie de 77 % des mesures nouvelles inscrites à ce budget. Si l'on considère le seul fonctionnement, l'augmentation des dépenses est de 22 %.

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS) constituent les deux établissements pivots de la politique de prévention des risques. Ils avaient connu en projet de loi de finances pour 1999 des moyens nouveaux. Ceux-ci sont confirmés et amplifiés en 2000.

Les moyens de l'ADEME sont renforcés (+ 133 millions de francs en autorisations de programme, soit une hausse de 7,9 %) pour intervenir notamment dans les domaines des déchets ménagers (+ 98 millions de francs, + 12,1 %), des huiles usagées (+ 23 millions de francs, + 19,4 %) et de la dépollution des sols (+ 12 millions de francs, + 11,2 %). S'agissant des crédits de paiement, l'augmentation est limitée à 2,1 % (+ 35 millions de francs) dont 12 millions de francs (+ 11,2 %) pour les sols pollués et 23 millions de francs (+ 19,4 %) pour les huiles usagées. En outre, l'ADEME reçoit 10 millions de francs supplémentaires de crédits de fonctionnement, soit une augmentation de 6,6 %.

Les moyens de l'INERIS sont également renforcés tant en intervention (+ 15,3 millions de francs) qu'en fonctionnement (+ 12 millions de francs) afin de développer les actions dans le domaine des risques chroniques et accidentels. Ses capacités d'investissement (autorisations de programme) sont accrues de 24,1 % afin de pouvoir développer ses actions notamment dans le domaine de l'écotoxicologie.

3. « Renforcer les actions de péréquation et de solidarité dans le secteur de l'eau » (agrégat 3)

L'ensemble des crédits consacrés à la politique de l'eau et des milieux aquatiques augmente de 48,2 % en 2000.

Pourtant, les moyens propres de la direction de l'eau 24( * ) diminuent globalement de 0,4 %. On observe en effet une diminution des crédits de paiement de 4,4 % (pour les autorisations de programme, de 3,9 %) qui n'est pas entièrement compensée par l'augmentation des dépenses ordinaires, de 7,8 % (en particulier, l'augmentation des dépenses de fonctionnement est de 8,5 %). Cette année, le budget du ministère financera exclusivement les dépenses correspondant à des missions régaliennes : police de l'eau, annonce des crues, Plans Loire et Risques. C'est le Fonds national de solidarité pour l'eau ( cf. infra ) qui financera les dépenses relatives à la connaissance.

Il existe actuellement deux fonds de concours des agences de l'eau qui participent par ce biais au financement d'une partie des actions en faveur de l'eau de niveau national :

• le premier fonds de concours, « Plan - Risques », a été créé en 1997 ; il est abondé par les agences de l'eau (110 millions de francs) et affecté à la restauration des rivières et des zones naturelles d'expansion des crues ;

• le second fonds de concours, « Police de l'eau et de la pêche - Réseaux de mesures », a été créé en 1999 ; il est abondé par les agences de l'eau (140 millions de francs) et finance les moyens techniques de la police de l'eau exercée par l'Etat, de la collecte et de l'exploitation des données sur l'eau gérée par l'Etat et de la police de l'eau et des milieux aquatiques effectuée par les gardes-pêches du Conseil supérieur de la pêche.

Cette année, il est prévu de supprimer ces deux fonds de concours et de les remplacer par un nouveau « Fonds national de solidarité pour l'eau » proposé à l'article 31 du projet de loi de finances, doté de 500 millions de francs en 2000 par prélèvement fiscal sur les recettes des agences et géré par le ministère de l'Environnement. Chaque année, le montant du prélèvement sera fixé en loi de finances. Si l'on tient compte de la suppression des deux fonds de concours existant, le prélèvement supplémentaire sur les agences de l'eau est de 250 millions de francs pour 2000.

Il convient de garder à l'esprit que cette solution constitue pour les agences de l'eau « un moindre mal » par rapport aux projets initiaux de la ministre visant à intégrer les redevances des agences de l'eau dans la TGAP sur le modèle de ce qui a été fait pour l'ADEME. Le ministère de l'environnement y aurait certes trouvé son compte avec une augmentation de son budget de l'ordre de 10 milliards de francs mais cela aurait signifié la fin du système des agences de l'eau. Votre rapporteur spécial se félicite de l'abandon de ce projet initial.

Répartition du prélèvement par bassin pour 2000 25( * )

(en millions de francs)

Adour Garonne

46

Artois Picardie

38,3

Loire Bretagne

79,7

Rhin Meuse

42,3

Rhône Méditerranée Corse

115,2

Seine Normandie

178,5

Total

500

Source : Ministère de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement

Les programmes publics d'intérêt national qui dépassent le cadre du bassin versant (préservation des zones humides, économies d'eau dans les quartiers d'habitat social dégradés, connaissance de la ressource en eau, assainissement outre-mer, etc.) seront pris en charge par ce fonds. En outre, il permettra de mener des actions de péréquation entre bassins.

Conformément aux communications en conseil des ministres des 20 mai 1998 et 27 octobre 1999, une réforme en profondeur des redevances des agences de l'eau sera proposée dans un projet de loi présenté au Parlement en 2001 pour une application à partir de 2002, année de démarrage du VIII e programme. Votre rapporteur spécial s'interroge donc sur la pertinence de créer le Fonds national de solidarité pour l'eau dès cette année alors que toutes les autres réformes touchant aux agences de l'eau ont été reportées à 2001.

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