QUELLES CONSÉQUENCES A COURT TERME ?

1 - L'entrée dans la Société de l'Information accélère la mondialisation de l'humanité sur le plan économique, social et culturel. Cette mondialisation a des conséquences variées qui dépendent pour chaque pays, chaque région, chaque portion du territoire, ville ou village, de la façon dont on réagit, dont on utilise cette mondialisation ou dont on la subit.

2 - Sur le plan du matériel et du logiciel informatique, la domination du continent nord-américain est indiscutable. Fait beaucoup plus préoccupant, l'industrie des contenus, programmes et services, suit de près cette domination pour l'essentiel américaine, malgré la présence active du Canada anglophone et francophone.

Préoccupant, dis-je, car la domination absolue sur les contenus véhiculés par les inforoutes, établie à partir d'une monoculture américaine, conduirait en peu de générations à appauvrir et menacer le patrimoine culturel de l'humanité. L'expérience de l'industrie cinématographique mondiale est là pour tirer la sonnette d'alarme.

Les écologistes se préoccupent, à juste titre, du maintien de la diversité génétique des plantes et des animaux. La diversité culturelle est nettement plus importante. Il faut protéger en priorité les cultures majeures. La culture française certes, mais aussi les cultures allemandes, hispaniques, italiennes, russes, arabes, chinoises, japonaises, etc. Sans oublier la diversité des cultures anglophones et la richesse de la langue de Shakespeare, chère à nos amis anglais.

3 - Le développement des réseaux facilite et transforme l 'accès au savoir de tous ceux qui le veulent. Cette suppression de la hiérarchie dans l'accès au savoir, aux données, aux connaissances est un atout pour le futur.

Il faut noter que cela comporte un puissant levain "anarchique" (au sens étymologique). Le nombre de niveaux hiérarchiques et la nature des relations de pouvoir changera inéluctablement dans la société, l'économie, l'administration.

De nouvelles formes d'organisation de tous les pouvoirs, plus transparentes, deviennent nécessaires. Ceci est vrai, qu'il s'agisse des relations entre citoyens et pouvoirs publics, des relations internes aux entreprises, des relations clients-fournisseurs ou entre donneurs d'ordre et sous-traitants.

Il faut se préparer à un accès généralisé au savoir pour tous.

4 - Les réseaux grands débits permettent de diminuer l'importance de l'éloignement des centres de décision ou des centres culturels. Ceci conduit à de profondes restructurations dans les relations villes-campagnes et centre ville-périphérie, notamment en matière de télétravail, de téléservices culturels, éducatifs ou liés à la santé. Les objectifs d'aménagement du territoire peuvent s'en trouver facilités à condition de prendre les mesures adéquates.

Mais le télétravail [5] peut aussi détruire des emplois traditionnels et en créer ailleurs, là où se trouveront des compétences ou des conditions économiques favorables. Il importe de développer en France des compétences.

5 - Les nouveaux outils, convenablement mis à disposition des animateurs de quartiers difficiles, peuvent contribuer à diminuer la fracture sociale. Les nouveaux outils de communication sont comme la langue d'Esope : il peut en sortir le bien ou le mal. Des décisions de politique locale et urbaine adaptées permettront de faire mieux participer les habitants des quartiers difficiles à la vie sociale en utilisant les nouvelles technologies.

6 - Des emplois seront créés, d'autres détruits, d'autres susceptibles d'être déplacés. Globalement, au niveau mondial, il y aura augmentation de richesses et d'emplois. Ce qui est non moins certain, c'est que ceux qui ne se préparent pas ou se préparent mal seront les plus mal lotis. L'emploi de demain se prépare aujourd'hui.