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B) Corium hors cuve

Le concept de récupération du corium, suite à une rupture de la cuve dans EPR, est basé sur l'étalement de ce corium sur une surface déportée hors du puits de cuve, et son refroidissement par renoyage avec des systèmes passifs. Pour favoriser l'étalement et protéger les matériaux du radier, celui-ci est recouvert d'une couche de matériau sacrificiel qui se mélangera au corium lors de son transfert vers le récupérateur et lors de son étalement.

Le CEA développe le code THEMA pour décrire le processus d'étalement et de solidification du corium.

Pour identifier les phénomènes physiques et mettre au point les modélisations à utiliser, un premier programme expérimental, le programme CORINE, a été réalisé avec des matériaux simulants à bas point de fusion.

Pour qualifier plus précisément les modèles et étudier également les interactions du corium avec les matériaux constituant la structure du récupérateur, on a développé l'expérience VULCANO10(*), qui doit permettre la coulée à des températures pouvant atteindre 2800°C de 100 à 150 kg de corium prototypique11(*) de diverses compositions (oxyde d'uranium, de zircaloy, de fer, acier, produits de la décomposition du béton : silicates, oxydes de calcium etc.) et son étalement sur divers supports. Le four de fusion, qui utilise une technique originale d'arc plasma, a nécessité une période de deux ans de mise au point technologique avec des matériaux simulants. Au cours du mois de décembre 1997, on a réalisé une première coulée d'une centaine de kilos d'un corium représentatif du corium du projet EPR et son étalement. Le dispositif est maintenant opérationnel, tant au niveau de la maîtrise de la coulée (composition du corium et débit) que de l'instrumentation. Un effort important est fait pour l'analyse post mortem des matériaux étalés. Ce programme se poursuivra au cours des prochaines années, en particulier, avec la mise au point d'une technique de maintien en chauffage de ce corium lors de la phase d'étalement pour simuler la puissance résiduelle et être ainsi mieux à même de traiter les problèmes d'interaction avec les substrats.

Par ailleurs, diverses études de base sont effectuées sur le corium pour une meilleure connaissance des propriétés physiques et physico-chimiques (diagrammes de phases de mélanges complexes) utilisées dans les codes de calcul. Ces expériences mettent alors en jeu quelques centaines de grammes de produits.

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