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Chapitre II
Les conséquences de la non-réalisation du projet EPR

Le bien-fondé de la non-réalisation du projet EPR ne se discute pas si nous proposons l'abandon de l'énergie nucléaire. Ce débat n'est pas l'objet de ce rapport, qui se place dans l'option souhaitée par le Gouvernement du maintien de la liberté de choix des décideurs, lorsque sera abordée la question du remplacement des centrales nucléaires en service aujourd'hui. L'engagement ou l'abandon du projet EPR aurait des conséquences importantes sur la recherche et l'industrie, que ce chapitre essaie de mesurer.

La mission des organismes de recherche, et plus particulièrement du CEA, est de maintenir l'option nucléaire ouverte à l'horizon 2010, époque à laquelle les pouvoirs publics devront engager les travaux pour le remplacement des centrales, ce qui implique qu'ils aient auparavant décidé de la physionomie du parc de production d'électricité du pays pour le 21ème siècle. En effet, à partir de cet horizon, les centrales nucléaires les plus anciennes, arrivées en fin de vie, devront être retirées du service.

Pour maintenir l'option nucléaire ouverte, il est essentiel de disposer, à l'horizon 2010, d'un modèle de réacteur encore plus sûr, encore plus compétitif. C'est l'objet du réacteur EPR qui, même s'il présente des avancées notables sur le plan de la sûreté, ne modifiera pas sensiblement la perception de l'énergie nucléaire par l'opinion.

I Hypothèses de réalisation de l'EPR

Deux calendriers d'introduction du REP 2000 (projet EDF de réacteur de prochaine génération reposant sur l'îlot nucléaire EPR) peuvent être envisagés :

A) L'hypothèse " au plus tôt "

Cette hypothèse, qui a la faveur des milieux de l'industrie nucléaire, implique le lancement d'une première réalisation dans le prolongement de la phase d'optimisation du projet. Ceci correspondrait à une décision vers 2000, conduisant à un début de construction vers 2002 pour un démarrage à l'horizon 2008. Cette première réalisation, qui jouerait le rôle d'un démonstrateur, permettrait de valider la conception du réacteur, d'établir la compétitivité future du palier et d'assurer le retour d'expérience, et, par là, de traiter notamment les inévitables " premières pannes de jeunesse ". Une telle démonstration serait assurément utile aux pouvoirs publics pour leur permettre de prendre leur décision en toute connaissance de cause.

Elle présente toutefois un inconvénient sérieux : la réalisation d'une tête de série est inutile en France car elle aggraverait notre surcapacité ; elle semble improbable pour des motifs politiques en Allemagne, pays qui ne pourra pourtant pas respecter les engagements de Kyoto sans un recours accru à l'énergie nucléaire.

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