C. UNE COOPÉRATION VICTIME DE LA SITUATION POLITIQUE ?

Avant 1974 et la partition de l'île, la France était très active dans le domaine des fouilles archéologiques. La plupart des sites étant situés dans la partie nord de l'île, devenue la " République turque de Chypre du nord ", ces fouilles ont du être abandonnées. Quelques fouilles continuent cependant d'être financées par le ministère des affaires étrangères et le ministère de la culture dans la partie sud de l'île, à Amathonte.

A ce sujet, il faut rappeler que le patrimoine culturel remarquable situé en " République turque de Chypre du nord " est parfois laissé à l'abandon, et a fait l'objet d'actes de vol et de vandalisme. Cette situation est à déplorer, compte tenu de la remarquable richesse des sites datnt de l'antiquité et de la période des croisades.

Il convient de souligner l'absence de français dans le personnel de l'Organisation des Nations Unies qui surveille la ligne de démarcation entre les deux parties de l'île. Cette absence peut s'avérer préjudiciable à notre participation à un règlement ultérieur de la situation entre les deux parties.

Par ailleurs, une assistance française serait bienvenue dans le secteur maritime , notamment en matière de contrôle et de certification des navires. Cette assistance est d'autant plus souhaitable que cette question est au coeur de l'actualité européenne après les récents naufrages au large des côtes françaises, même si ceux-ci n'ont pas impliqué de bâtiments sous pavillon chypriote.

Enfin, il faut déplorer l'absence totale de coopération décentralisée entre la France et Chypre, ainsi que la faiblesse du tourisme français, que les autorités chypriotes souhaitent développer. En effet, si le tourisme est important, notamment sur la côte sud de l'île, il s'agit surtout de touristes britanniques.

D. UN DÉCLIN INQUIÉTANT DE LA COOPÉRATION LINGUISITIQUE ET ÉDUCATIVE

Les relations culturelles avec Chypre ont été fixées dans un accord de coopération conclu en 1969. Si Chypre est un pays francophile, il est en revanche assez peu francophone, même si l'on y rencontre souvent des personnes qui ont étudié en France dans les années 1960-1970, et qui maîtrisent parfaitement notre langue. Alors qu'à cette période, la France constituait une destination importante pour les étudiants chypriotes, force est de constater le déclin considérable de notre pays pour l'accueil des étudiants en provenance de Chypre.

Le nombre d'étudiants chypriotes en France est en forte diminution depuis de nombreuses années . De nombreuses explications peuvent être trouvées à ce déclin. Vu de Chypre, le facteur le plus évident est l'absence d'efforts pour promouvoir les cursus universitaires français . La France ne dispose que d'un stand à la foire de l'éducation organisée à Chypre, alors que la présence des universités britanniques est très importante. Celles-ci organisent une manifestation spécifique, et effectuent un démarchage constant auprès des établissements d'éducation secondaire. La politique boursière de la France est également moins généreuse que celle de la Grande-Bretagne. Il n'y a, notamment, aucune bourse d'excellence Eiffel affectée à Chypre, et l'agence " Edufrance " se contente d'envoyer des prospectus d'information, comme le ferait une simple agence de publicité. Enfin, les conditions draconiennes fixées par les universités françaises en matière de connaissance de notre langue constituent un obstacle majeur à la venue d'étudiants chypriotes en France. Les effectifs d'étudiants chypriotes en France ont donc été divisés par 10 en 10 ans , et ne représentent plus que 82 étudiants en 1999.

A cet élément s'ajoute le déclin de l'apprentissage du français. Le risque existe que son apprentissage en tant que deuxième langue devienne désormais facultatif pour les deux dernières années de lycée, alors qu'il est obligatoire pour les 4 ans de collège et les 6 ans de lycée depuis 1996. Seul l'anglais demeurerait alors obligatoire du primaire jusqu'au lycée.

Votre rapporteur considère que l'école française de Nicosie pourrait constituer une base intéressante afin de développer les moyens d'enseignement du français à Chypre, en vue d'enrayer le déclin de notre langue dans l'île.

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