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La politique spatiale française: bilan et perspectives

 

III. SCIENCES DE L'UNIVERS

Le programme d'étude et d'exploration de l'Univers a pour vocation d'apporter des éléments de réponse à des questions fondamentales sur l'origine de notre Univers et sur l'origine de la vie, ainsi que sur notre propre place au sein de cet Univers. Il a aussi pour objectif de projeter la présence humaine, robotique ou réelle, au-delà des limites de notre planète. Cette quête perpétuelle, poussée toujours plus loin, nécessite pour les chercheurs des laboratoires de disposer d'outils à l'extrême limite des possibilités technologiques du moment. Elle contribue ainsi à accroître le savoir-faire des ingénieurs et techniciens de l'industrie spatiale et non spatiale en les confrontant sans cesse à de nouveaux défis. A travers cette démarche exigeante, ce programme a également pour souci d'accroître l'intérêt du public envers les sujets scientifiques, et notamment d'attirer les jeunes vers les études scientifiques et techniques et ultérieurement vers les métiers de la recherche et de l'innovation, moteurs de la croissance économique.

Le programme scientifique d'étude et d'exploration de l'Univers comporte 2 volets majeurs :

- le programme scientifique obligatoire de l'Agence Spatiale Européenne,

- le programme d'exploration de Mars.

Ces deux axes majeurs sont complétés par des petites missions d'initiative nationale, mini et micro satellites, qui permettent de défricher des sujets nouveaux avec des objectifs ciblés pour un coût relativement modeste ; c'est le cas des missions COROT (sismologie stellaire et recherche de planètes extra solaires) et MICROSCOPE (test du principe d'équivalence) ; des coopérations bilatérales avec des partenaires européens permettent d'en réduire encore le coût.

La participation au programme scientifique obligatoire de l'Agence Spatiale Européenne est le coeur des activités concernant la connaissance de l'Univers. Le succès de ce programme, dont les objectifs sont définis par les scientifiques eux-mêmes, doit être souligné. Afin de conserver la qualité de la recherche spatiale européenne et la place éminente de la communauté scientifique française en Europe, il est indispensable de maintenir à la fois le niveau de ressources de ce programme et le volume de la participation française aux fournitures des charges utiles scientifiques (qui rappelons-le sont généralement fournies par les instituts de recherche et les agences spatiales des états-membres), la France fournit près du tiers des charges utiles des missions de ce programme, soit près de deux fois le ratio du P.I.B. national.

Pour réaliser les opérations des diverses missions d'initiative européenne dans l'Espace lointain sans devoir recourir au réseau DSN (Deep Space Network) de la NASA, par ailleurs très occupé, il sera nécessaire de créer une infrastructure de télécommunications en mettant en commun les moyens européens et de mettre en place, au niveau européen, un centre de données planétaires par une mise en réseau de laboratoires sélectionnés.

Enfin, il faudra s'attacher à développer les techniques et les technologies qui seront nécessaires pour les futurs observatoires interférométriques à plusieurs satellites qui seront utilisés pour la détection des planètes extra solaires, ainsi que pour l'astronomie des ondes gravitationnelles : accéléromètres à haute sensibilité, satellites à traînée compensée, propulseurs électriques à très faible poussée, vols en formation, lasers stabilisés.

A. ASTRONOMIE ET ASTROPHYSIQUE

Les engins spatiaux ont ouvert une nouvelle ère de l'astronomie et de l'astrophysique en donnant accès à l'ensemble du spectre électromagnétique et en permettant aux instruments d'observation de s'affranchir des distorsions créées par l'atmosphère et, s'agissant des rayonnements particulaires, par le champ magnétique terrestre.

L'astronomie spatiale, particulièrement bien représentée dans le programme scientifique obligatoire de l'Agence Spatiale Européenne, demeure une branche extrêmement active de la recherche fondée sur des moyens spatiaux.

La priorité est la participation au développement et à l'utilisation des grands observatoires astronomiques spatiaux de l'ESA, complémentaires des grands observatoires au sol, afin d'observer le ciel dans toutes les gammes de fréquence du spectre électromagnétique : d'abord XMM et INTEGRAL, puis FIRST-HERSHEL et PLANCK-SURVEYOR.

On trouvera en annexe(19(*)) une description des programmes français et européens d'astronomie spatiale, qui portent sur quatre domaines :

1. Astronomie des hautes énergies : INTEGRAL et CLAIRE

2. Astronomie X : XMM - Newton

3. Astronomie visible et UV : Hipparcos, FUSE, GALEX

4. Astronomie infrarouge et submillimétrique : Pronaos, ISO, Odin, FIRST et Planck-Surveyor

* (19) Cf. Annexe 6-1 : Recherche - Sciences de lUunivers..