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La politique spatiale française: bilan et perspectives

 

6. LES ÉVOLUTIONS INDUSTRIELLES

En Europe, l'impulsion donnée par les agences spatiales et en particulier le CNES, au niveau français ou par délégation de l'ESA, se traduit par des actions concrètes dans l'industrie et les laboratoires. Ce sont ces équipes à tous les niveaux qui ont permis la réussite d'Ariane et d'Arianespace.

Les équipes et les organisations industrielles contribuant à développer et produire la propulsion spatiale subissent aujourd'hui directement les efforts imposés par le marché auquel viennent s'ajouter les contraintes des Etats.

Dorénavant, comme dans beaucoup de secteurs d'activités, la propulsion doit faire évoluer son organisation et son périmètre.

I. 6.1. LES ACTEURS INDUSTRIELS DE LA PROPULSION DANS LE MONDE

Dans le monde les acteurs de la propulsion sont principalement basés aux Etats Unis, en Russie, et en Europe, répartis selon leurs spécialités, propulsion solide ou liquide, de lanceurs ou de satellites.

Aux Etats Unis, pour ne compter que les plus importants, on notera Rocketdyne du groupe Boeing au premier rang de la propulsion liquide et dont la taille représente environ trois fois celle des acteurs européens équivalents, et l'ensemble ATK(Thiokol) en cours de construction, qui mène les développements et la production dans la propulsion solide (avec une taille vraisemblablement égale à 2,5 fois celle des européens).

En Russie, les deux industriels principaux de la propulsion spatiale, sont NPO Energomash (région de Moscou) qui dispose des technologies les plus performantes au niveau mondial en moteur à ergols stockables et CADB (à Voronej) qui maîtrise la propulsion cryotechnique.

Si coté américain on a admis l'emploi d'un moteur russe modifié sur un lanceur (Atlas) américain, des programmes de développement purement nationaux (Delta) ont été simultanément lancés pour consolider la base technologique américaine, et, en parallèle, d'autres programmes de lanceurs indépendants des technologies russes se sont poursuivis. A aucun moment les Etats Unis n'ont été et ne seront dépendants d'une autre puissance, ni dans la mise en oeuvre opérationnelle, ni dans la maîtrise des technologies clés de la propulsion.

Au Japon, la NASDA a financé le développement de moteurs de hautes technologies, et poursuivi un effort constant, jusqu'à rencontrer des problèmes en 1999 et 2000 qui l'ont obligé à repenser ses développements.

Néanmoins MHI le principal intervenant participe au développement d'un moteur avec Rocketdyne (RS68) et IHI rejoint un consortium mené par Pratt & Whitney (Moteur RL60).

Des concentrations récentes aux Etats Unis

Les contraintes commerciales, la volonté de renforcer les acteurs américains a conduit ces dernières années comme dans d'autres secteurs, à un fort mouvement de concentration : de 12 industriels de la propulsion au début des années 90, les Etats Unis sont passés à 7, et de futurs regroupements se produiront très vraisemblablement dans les prochaines années.