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La politique spatiale française: bilan et perspectives

 

· CRISE : DES POSSIBILITÉS DE SUIVI EXHAUSTIF ET OBJECTIF DE L'ÉVÉNEMENT MAIS LIMITÉES PAR LA CAPACITÉ DE REVISITE DES SYSTÈMES ACTUELS

De part leur vision exhaustive d'un vaste territoire et leur capacité d'accès tout temps (pour les satellites radar), les satellites d'observation de la Terre peuvent acquérir des images pendant la durée de l'événement. Analysées rapidement ces données fournissent une information sur la limite des zones inondées ainsi que sur la dynamique de la lame d'eau dans la mesure où l'événement dure assez longtemps (cas des crues de plaine) et où les possibilités d'acquisition d'images sont suffisantes. Cependant, en l'état actuel des moyens spatiaux disponibles, l'utilisation des données d'observation de la Terre pendant la phase de crise reste à l'heure actuelle assez limitée (probabilité d'acquisition et fréquence temporelle encore trop faible, temps d'acheminement et de traitement de l'information encore incompatible avec une utilisation temps réel).

Post-crise : l'analyse des dégâts et la compréhension des phénomènes

Les images acquises lors de la crue complétées par d'autres acquisitions faites pendant le retour à la normale ainsi que par différentes images d'archives pouvant servir de référence représentent une source d'information tout à fait pertinente. En effet, leur analyse, leur combinaison, leur croisement avec d'autres sources d'informations (terrain, photographies aériennes...) permettent non seulement d'analyser les dégâts mais également, dans le cas de crise importante, de contribuer à toutes les opérations de restauration.

Toutes ces problématiques sont traitées dans le projet PACTES (Prévention et Anticipation des Crues au moyen des Techniques Spatiales) lancé dans le cadre du Réseau Terre et Espace (RTE) du MNRT sous la maîtrise d'ouvrage du CNES. Ce projet qui a débuté en décembre 2000 a pour ambition de mettre en pratique opérationnelle, des techniques innovantes, utilisant au mieux les technologies spatiales.

Contribution des données d'observation de la terre aux problèmes de la qualité de l'eau :

Compte tenu des capacités offertes par les satellites d'observation de la Terre pour les aspects concernant la végétation, le problème des pollutions diffuses d'origine agricole fait l'objet de R&D. L'approche est sensiblement similaire à celle mise en oeuvre pour les questions relatives à la quantité : les informations dérivées du spatial sont utilisées soit avec des modèles plus ou moins complexes décrivant les comportements physico-chimiques des polluants dans le sol, soit intégrées dans des démarches « simplifiées » faisant appel aux capacités d'analyse spatiale offertes par les SIG.

Dans tous les cas, l'identification et le suivi de l'occupation du sol renseignent sur les risques de pollution d'origine agricole. La connaissance des cultures, croisée avec des informations de terrain (pentes, proximité à la rivière...) et les pratiques culturales (fertilisation, traitements phytosanitaires...) permet en effet, à l'échelle des parcelles et sur l'ensemble du bassin versant, de localiser les pratiques à risque et d'évaluer leur importance. Ces travaux relèvent actuellement du niveau de la recherche et ne concernent souvent que de très petits bassins versants. Les données d'observation de la terre associées à d'autres outils et techniques doivent contribuer au changement d'échelle nécessaire. C'est pourquoi il est souhaitable que des initiatives dans ce domaine se développent compte tenu de l'importance environnementale et sociétale de ce problème.