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Proposition de résolution relative à la création d'une commission d'enquête sur les conditions d'utilisation des farines animales : Les conditions d'utilisation des farines animales dans l'alimentation des animaux d'élevage et les conséquences qui en résultent pour la santé des consommateurs. Tome 1, rapport

 

4. Le risque de contamination est derrière nous

La gravité des encéphalopathies spongiformes transmissibles est sans doute mal appréciée du fait notamment de leur durée d'incubation : si les cas de nouveau variant restent à venir, le risque lui-même est désormais derrière nous.

a) Le muscle est sain, le lait indemne

Consciente de ses responsabilités à l'égard de consommateurs désorientés, la commission d'enquête estime pouvoir rappeler, qu'en l'état actuel des connaissances scientifiques, le muscle est sain et le lait indemne.

(1) La défense du muscle

Consommer de la viande de boeuf, élevée, abattue et désossée en France, compte tenu de l'ensemble des règles de sécurité observées, représente un risque proche de zéro. La commission d'enquête écrit sciemment « proche de zéro »... tout simplement parce qu'elle sait que le risque zéro n'existe pas.

M. Dominique Dormont, chef du service de neurovirologie du CEA, a confirmé que l'infectiosité du muscle n'avait jamais été démontrée : « Dans des circonstances de laboratoire, c'est-à-dire dans un endroit où l'on prend soin de disséquer correctement le muscle et si l'agent est inoculé par voie intracérébrale dans le muscle de plusieurs animaux appartenant à la même espèce, ce qui constitue le test le plus sensible à l'heure actuelle pour détecter l'infection, alors j'affirme que l'infection n'a pour le moment jamais été transmise, et ce dans toutes les espèces pour lequel ce test a été réalisé ».

Cependant, M. Dominique Dormont a précisé que les expériences les plus efficaces consisteraient à inoculer des bovins avec du muscle de bovin : « Ces expériences sont en cours, mais elles sont extrêmement longues à réaliser (...) En effet, en ce qui concerne les maladies à prion, plus la quantité d'agent infectieux est faible, plus le temps d'incubation est long ». Répondant à une question de M. Roland du Luart, il a ajouté qu'il serait raisonnable d'attendre dix ans avant d'être sûr que le muscle n'est pas infectieux.

M. Dominique Dormont a eu soin d'indiquer que « le risque est actuellement minime », puisque dans toutes les autres maladies à prion, qu'elles soient humaines ou animales et pour lesquelles nous disposons d'un certain recul, « l'infection n'a jamais été transmise à partir du muscle squelettique ». Il est toutefois impossible de l'exclure totalement, « puisque l'expérience n'est pas terminée ».