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Les perspectives du retour au plein emploi

 

2) La situation du marché du travail ne permet pas de déterminer si l'on est actuellement proche du taux de chômage non inflationniste

Compte tenu des imperfections des méthodes d'évaluation du taux de chômage structurel reposant sur celle du taux de chômage non inflationniste, on peut essayer de recourir à des méthodes plus directes. En particulier, l'observation de la situation du marché du travail permet-elle de dire si l'économie française est actuellement proche du taux de chômage structurel ?

· Les entreprises françaises connaissent actuellement des difficultés de recrutement.

Tel est ce que montrent les enquêtes de l'Insee sur les difficultés de recrutement et les goulots de production.

Les difficultés de recrutement seraient aujourd'hui supérieures à ce qu'elles ont été lors de situations où le taux de chômage était égal, voire inférieur, comme dans les années soixante-dix, le début des années 1980 ou même l'expansion rapide de la fin des années quatre-vingt.

Ainsi, la « courbe de Beveridge » (qui relie le taux de chômage, en abscisses, aux difficultés de recrutement, en ordonnées) se serait « déplacée vers la droite », comme l'indique le graphique ci-après.

Source : Insee.

· Cependant, il ne semble pas possible d'en déduire que la France soit proche du taux de chômage structurel.

En effet, les enquêtes de l'Insee doivent être interprétées avec prudence, dans la mesure où elles reposent sur des appréciations qualitatives des employeurs, alors que la période précédente (1993-1997) a été marquée par un recrutement particulièrement aisé, ce qui aggrave la perception de la situation actuelle.

· Ainsi, selon certains économistes les difficultés de recrutement seraient surestimées.

Leur augmentation découlerait d'une simple inadéquation temporaire entre l'offre et la demande de travail, consécutive à la rapidité de la diminution du chômage.

Les entreprises, qui sous-emploieraient actuellement de nombreux salariés par rapport à leurs qualifications, pourraient se montrer, à l'avenir, moins exigeantes en matière d'embauche.

Au total, il semble donc difficile de proposer une estimation fiable du taux de chômage structurel, ou d'affirmer avec certitude si la France est proche de ce taux.