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Les perspectives du retour au plein emploi

 

II. UN NON-EMPLOI FRANÇAIS  ESSENTIELLEMENT VOLONTAIRE ?

On a vu en introduction que le plein emploi supposait non seulement un faible taux de chômage, mais aussi un taux d'emploi élevé (c'est-à-dire une proportion élevée de personnes disposant d'un emploi parmi celles en âge de travailler), et donc un taux d'activité élevé (c'est-à-dire une proportion élevée de personnes recherchant un emploi ou disposant d'un emploi parmi celles en âge de travailler).

Afin de déterminer les politiques à mettre en oeuvre, il convient de s'interroger sur la nature de ce non-emploi. Celui-ci peut être décomposé de manière analogue au chômage, entre non-emploi frictionnel (correspondant à des personnes trouvant rapidement un emploi), classique (constitué de personnes potentiellement trop peu productives pour pouvoir être employées au salaire minimum en vigueur), volontaire (constitué de personnes qui pourraient être employées si elles le souhaitaient) et keynésien (ou conjoncturel, correspondant à des personnes qui disposeraient d'un emploi si l'activité économique était plus forte).

On peut distinguer deux cas de figures, selon que les personnes concernées ont ou non entre 25 et 49 ans.

Dans chaque cas, le non-emploi semble être essentiellement volontaire.

1. Les personnes entre 25 et 49 ans

· Une décomposition du non-emploi des personnes entre 25 et 49 ans a été effectuée par MM. LAROQUE et SALANIE, dans l'étude que nous avons citée précédemment. Elle est indiquée dans le tableau ci-après.

Le choix de cette tranche d'âge s'explique par la volonté d'éviter de devoir traiter les décisions d'entrée et de sortie du marché du travail en relation avec l'âge.

Le principal enseignement qui découle de la lecture de ce tableau est le rôle prépondérant du non-emploi volontaire dans le non-emploi total : son taux serait de 53 %.

Les estimations concernant l'année 1997, on peut considérer que ce taux serait aujourd'hui plus élevé, du fait de la diminution (encore modeste) du non-emploi keynésien observé depuis cette date.

Parmi les personnes ayant entre 25 et 49 ans.

(1) personnes ne voulant pas travailler à cause d'un gain potentiel de revenu jugé trop faible.

(2) personnes n'étant pas potentiellement assez productives pour prétendre à un emploi rémunéré au SMIC.

(3) personnes brièvement en recherche d'emploi.

(4) personnes n'ayant pas d'emploi du fait d'une activité économique insuffisante.

Source : LAROQUE Guy, SALANIE Bernard, « Une décomposition du non-emploi en France », Economie et statistique, n°331, 2000-1.

· Il convient cependant de rappeler les limites de la méthodologie utilisée, qui tend à majorer la part du chômage volontaire (cf. p. 30).

Il semble néanmoins essentiel de retenir que la part du non-emploi volontaire dans le non-emploi total des personnes dont l'âge est compris entre 25 et 49 ans est vraisemblablement supérieure à 50 %.

· Quelles conclusions en tirer ?

On pourrait a priori en déduire qu'il serait utile d'accroître les incitations au travail des personnes d'âge compris entre 25 et 54 ans.

Cependant, il faut souligner que le taux d'activité de ces personnes est déjà élevé en France, comme l'indique le graphique ci-après.

Source : OCDE.

Aussi est-il peut-être plus réaliste de chercher à accroître le taux d'activité (et d'emploi) du reste de la population en âge de travailler, c'est-à-dire des personnes de moins de 25 ans et de plus de 55 ans.