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Les conséquences de l'évolution scientifique et technique dans le secteur des télécommunications

 

E. LES SATELLITES

On doit tout d'abord rappeler que si les satellites sont en concurrence avec d'autres supports pour l'accès à l'Internet à haut débit en milieu urbain, ils sont irremplaçables pour couvrir les zones peu ou pas desservies par les réseaux.

Par surcroît, ils constituent des réseaux de télécommunications indispensables pour toute une partie des activités de télécommunications : le positionnement et la navigation.

Ce secteur qui a actuellement de très nombreuses applications de services civils et militaires, est un des domaines d'avenir des télécommunications. En effet, il sera un des supports privilégiés des réseaux « ad hoc », c'est-à-dire des réseaux se gérant en circuits fermés, indépendamment des réseaux principaux.

S'agissant de l'accès à Internet haut débit, le satellite ne peut actuellement concurrencer, dans les zones urbaines de forte densité d'activités, ni la fibre optique, pour des questions de capacité, ni les bandes locales filaires ou radio, pour des raisons de coût.

Son rôle technique n'en est pas pour autant négligeable :

- régions géographiques d'ensemble non desservies,

- desserte des derniers kilomètres non raccordés dans certains cas,

- desserte à destination de groupes linguistiques, ethniques ou culturels que le réseau Internet n'arrive pas à unifier,

- déploiement à haut débit pour des grandes entreprises à implantation mondiale.

Deux groupes de solutions sont mises en oeuvre : les orbites basses ou moyennes et les satellites géostationnaires :

Les constellations de satellites en orbite basse ou moyenne présentent l'avantage d'une puissance accrue mais leur déploiement, surtout en orbite basse, se heurte à des contraintes d'optimisation financière très sévères.

Ces satellites sont chers à lancer (car il s'agit de constellations), la constellation est longue à mettre en oeuvre et sa durée de vie est relativement faible.

Ils exigent donc une immobilisation financière très lourde qui ne peut pas être rentabilisée avant la mise en place de l'ensemble de la constellation alors même qu'elle implique un retour d'investissement rapide.

Les échecs d'Iridium et d'Orbcom ont conduit à s'interroger sur Globalstar (bien que cette constellation prévoie de collaborer avec les opérateurs locaux) et sur les projets Teledesic et Skybridge spécialisés dans la diffusion Internet et les réseaux de visioconférence mondiale. Il est évident que la montée en puissance des besoins de l'Aménagement du Territoire, de l'appui à la mondialisation, de l'intérêt pour la paix mondiale d'éviter la fracture numérique, sont des facteurs d'ordre politique qui conduisent à estimer, qu'en dépit de leurs difficultés actuelles, les constellations à basse altitude auront un avenir. Il n'est d'ailleurs pas exclu qu'elles puissent avoir dans plusieurs années un rôle décisif pour la mobilité s'il y a saturation des fréquences.

De plus, les réseaux en orbite moyenne, en particulier celui de GPS et celui du projet GALILEO, fonctionnent ou fonctionneront de façon satisfaisante.

Les satellites géostationnaires semblent mieux adaptés à la demande, notamment à celle qui exige un arrosage assez large des zones géographiques non desservies.

Dans les cinq prochaines années, on estime que le marché correspondra à 150 unités, étant précisé que les technologies correspondantes connaissent également une évolution rapide (accroissement de la charge utile, développement de l'efficacité des antennes et de la puissance des transpondeurs).