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Les conséquences de l'évolution scientifique et technique dans le secteur des télécommunications

 

II. LE RENFORCEMENT DE LA SOLIDITÉ DES SYSTÈMES

A l'heure actuelle, les performances de la chaîne télécommu-nications-informatique ne sont pas suffisantes.

Par exemple, chaque utilisateur de l'Internet, même s'il est plus que raisonnablement équipé, enregistre invariablement des délais de consultation ou est victime d'interruptions de trafic contraires à un usage normal d'un outil qui devrait être caractérisé par l'instantanéité de sa mise à disposition.

C'est une des raisons pour lesquelles se sont installés, notamment aux États-Unis, de nouveaux types d'opérateurs spécialisés dans les « salles blanches », où des serveurs surpuissants visent à garantir à leurs clients (fournisseurs de services Internet ou de télécommunications) des débits à haute capacité avec une régularité totale.

A terme, ce type de difficultés de fonctionnement ne sera plus toléré par les usagers. Aussi peut-on raisonnablement estimer qu'avec la généralisation du déploiement des moyens et des hauts débits les performances générales du système s'amélioreront progressivement.

Mais plusieurs points d'interrogation demeurent sur sa fiabilité générale, portant sur ses possibilités de saturation à terme, sur sa sécurisation et sur l'état de sa normalisation.

A. LES INTERROGATIONS PORTANT SUR LA SATURATION DES RÉSEAUX INTERNET : de l'IPv4 vers l'IPv6

Le protocole réseau utilisé actuellement dans les réseaux IP et donc dans l'Internet est l'IPv4. L'IETF15(*) a spécifié en 1995 une évolution de ce protocole, l'IPv6. Cette spécification a été améliorée en 1998. Cette évolution vers une nouvelle version du protocole IP fut motivée par le risque d'une famine d'adresse. En effet, un des points les plus forts de l'Internet est le fait d'être global (cette globalité est due au protocole IP). Mais cela implique un nombre très important d'équipements terminaux qu'il faut distinguer à travers une adresse unique.

Les adresses en IPv4 ont une longueur de 4 octets et, historiquement, une structure qui ne permettait pas d'allouer les adresses avec une granularité fine aux organismes qui en demandaient. En 1990, on a estimé que le réseau ne pourrait pas dépasser l'année 1994. Les adresses en IPv6 sont sur 16 octets, ce qui résout le problème. Mais, finalement, deux concepts ont été introduits qui ont retardé l'échéance, et aujourd'hui on estime qu'il n'y aura pas de famine d'adresse en Europe avant 2005 et aux États-Unis avant 2010.

Le premier concept a permis une allocation des adresses avec une granularité plus fine16(*). Le deuxième a permis la réutilisation d'adresses.

Se pose donc la question du besoin et du moment du passage en IPv6.

Ce protocole présente de nombreux avantages par rapport à son prédécesseur : simplification de la configuration des équipements grâce à des mécanismes d'autofiguration, simplification de l'en-tête permettant un traitement plus rapide et facile à mettre en oeuvre en hardware, introduction d'un champ qui facilite la mise en oeuvre de services à qualité de service garantie, architecture de sécurité obligatoire, simplification des architectures de mobilité, simplification du routage grâce à une hiérarchisation des adresses, etc. Néanmoins, aucun de ces points n'est bloquant dans le contexte des services actuellement utilisés massivement et donc le coût de la migration n'a pas été justifié. Mais cette situation est en train de changer. L'évolution des réseaux plaide en faveur du passage à l'IPv6. En effet, des services comme la téléphonie ne coexistent pas bien avec les améliorations actuelles de l'IPv4, les nouvelles technologies de réseau mobile favorisent l'usage de la macro mobilité entre réseaux, ce qui devrait être mieux géré en IPv6, et la téléphonie sur IP et l'usage de la mobilité accroissent de manière significative la vitesse à laquelle augmente le besoin de nouvelles adresses.

Divers constructeurs ont donc introduit l'IPv6 dans leurs équipements. Mais la migration ne se fera que progressivement et, aujourd'hui, il n'est toujours pas évident de savoir comment cette migration va s'effectuer. En effet, il faut qu'un équipement terminal IPv6 puisse continuer à dialoguer avec un serveur Web qui est resté en IPv4 et réciproquement. Certains constructeurs proposent des équipements pour faciliter cette migration qui devra s'accélérer à partir de 2003-2004.

* 15 « Internet Engineering Task Force » (la principale organisation de normalisation de l'Internet)

* 16 En blocs de multiples de 256 adresses